Lecture / Ecriture
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Les quatre saisons de l’été de Grégoire Delacourt

Grégoire Delacourt
  L'écrivain de la famille
  La liste de mes envies
  On ne voyait que le bonheur
  Les quatre saisons de l’été

Grégoire Delacourt est écrivain français né en 1960.

Les quatre saisons de l’été - Grégoire Delacourt

La conjugaison amoureuse
Note :

   La première fois que j’ai ouvert un roman de Delacourt, Scarlett Johansson se tenait en chair et en os sur le pas de porte d’un quidam qui n’avait rien demandé à personne.
   
   La seconde fois, c’était une femme mal aimée (elles sont si nombreuses!) qui hésitait à encaisser un ticket de loto gagnant, "le" ticket de loto gagnant.
   
   A chaque fois, c’est avec une joie d’enfant qui découvre les joies d’une fête foraine que je me laissais glisser dans la prose de Grégoire. Une écriture toute simple, faite de courtes phrases qui frappent et sonnent juste. Comme ces recettes élémentaires qui sont si difficiles à reproduire. Car la simplicité exige du talent.
   
   Ces quatre saisons de l’amour se rapportent aux quatre âges de la vie amoureuse.
   L’adolescence avec ses doutes et ses hésitations, ses élans maladroits et ses meurtrissures aussi.
   La petite trentaine où les hésitations ont laissé place à une forme de renoncement bien qu’on y croie encore. On veut se forcer à y croire.
   Le tournant de la vie qui fait rejaillir des démons enfouis. On a envie de passion, de corps emmêlés, de gestes brutaux, histoire de faire un pied-de-nez à la mort qui rôde déjà parfois; qu’une seconde vie peut (encore) commencer, que ce serait trop bête de tout abandonner, là, maintenant, alors qu’il reste tant de choses à faire, à jouir.
   Enfin, le crépuscule d’une existence qui fut riche en expériences, en sensations, une vie remplie désormais davantage de souvenirs que de projets et des corps qui s’affaissent, se rouillent, se grippent.
   
   La couverture et le titre laissent supposer un roman de plage. Oui et non.
   Bien sûr, on est le dernier quatorze juillet du siècle au Touquet. Il y a la mer, la plage, l’hôtel Westminster. Du soleil, des vagues, la marée et des relents marins. Des petits garçons qui construisent des châteaux de sable, des couples qui se cachent dans les dunes. Des corps exposés, bronzés, caressés.
   
   Mais il y a aussi la nostalgie, les regrets et les remords, les anciennes passions qui resurgissent, les futures qui hésitent. Le tout tendrement emmêlé et quelques prouesses de narration. Ainsi ce chapitre qui semble être écrit par les deux composants du couple à la fois.
   
   Tous les personnages sont d’emblée nos amis, comme dans les vieux films de Claude Sautet. L’émotion et les larmes qui l’accompagnent se sont jamais très loin. Méfiez-vous.
   Et puis il y a le langage des fleurs. Omniprésent.
   Et la chanson de Cabrel, Hors Saison, comme un fil rouge, un jalon.

critique par Walter Hartright




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