Lecture / Ecriture
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Bad girl: classes de littérature de Nancy Huston

Nancy Huston
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  Bad girl: classes de littérature

Nancy Huston vit en France depuis les années 1970, mais elle est d'origine franco-canadienne, née en 1953.

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Bad girl: classes de littérature - Nancy Huston

Autobio
Note :

   Certains livres peuvent vous percuter et Bad Girl en fait partie.
   
   Comment devient-on Nancy Huston l'écrivain en étant née dans une famille un peu dépareillée ? Comment s'accepte t-on alors qu'on aurait pu ne pas ouvrir les yeux, n'étant pas désirée ? On s'accroche le plus fort que l'on peut.
   
   Nancy Huston nous raconte son enfance et ses ancêtres non par le "je" mais par le "tu" qu'elle adresse au fœtus Doriss qui a décidé de grandir dans le ventre de sa mère Allisson.
   
   Kenneth et Allisson, ses parents, se sont mariés car un autre bébé était déjà en gestation. Nancy sera la deuxième malgré les sauts de sa mère pour la décoller de la vie. Grossesse avouée après quelque temps au père qui reçoit l'annonce sans plaisir car les jeunes parents sont pauvres. Inconcevable pour leurs familles qui ont monté les échelons de la société.
   
   Elle va grandir entre un père dépressif qui ne cesse de faire déménager sa famille et une mère par moments hystérique qui ne rêve que de liberté. D'ailleurs, les enfants sont souvent confiés à d'autres personnes car les parents décident de continuer leurs études. De plus, la religion tient un rôle important car l'un des grands-pères est pasteur, une tante missionnaire à l'étranger.
   
   Ce sont la lecture et la musique qui permettront l'évasion car dans la musique volent également les mots. Se sentir détachée et décider de partir à Paris, voyager, tenter de trouver son équilibre. Comprendre très vite qu'étant fille on peut plaire et faire de rencontres non pas toujours d'amour mais des rencontres pour écouter.
   
   Trouver sa place sur le fil déséquilibré du couple que forment ses parents et qui se soldera par un échec qui est le divorce. Une belle-mère allemande et une maman qu'elle ne verra plus qu'épisodiquement.
   
   Et pourtant, ses parents lui ont offert, le peu qu'ils savaient donner dans leur conflit personnel. Nous sommes toujours la somme de tous ceux qui nous précédés.
   
   A travers cette autobiographie, Nancy Huston nous parle des femmes, de ces ventres qui doivent enfanter car c'est ce qu'on voit encore et toujours en nous malgré les siècles qui défilent.
   
   A travers la personnalité de sa mère, elle dévoile ces femmes qui désirent et qui ont une soif d'apprendre encore et encore mais ce qui est accepté pour l'homme ne l'est pas bien souvent pour la femme.
   
   Un livre qui nous pousse à nous interroger sur nous-même et surtout sur la condition de la femme avant et après le XXième siècle.
   
   Epoustouflant, revigorant, énergisant... Un livre à lire et relire...
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critique par Winnie




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Des débuts pas faciles
Note :

   "Tu auras honte de tes souvenirs. Tu voudrais être quelqu'un d'autre... et feras de ton mieux pour l'être."
   

   Enfant non désirée, entrave à la volonté naissante de liberté et d'ambitions intellectuelles de sa mère, on peut dire que Nancy Huston partait avec un lourd passif.
   
   S'adressant au fœtus à naître qu'elle fut, l'autrice revient non seulement sur son parcours de "drôle de petit chamois vaillant devenu dame vieillissante en femme de lettres." Mais surtout sur ce qu'elle appelle ses classes de littérature , que ce soit la musique et le langage, "échafaudages invisibles, sans poids, auxquels tu pourras toujours te cramponner.", "le fait d'être "la nouvelle", encore et encore" ou les leçons de piano.
   
   Elle explore pas à pas le trauma, sans rien omettre de ses découvertes , même accidentelles, et c'est cette façon de faire, précise, et le style imagé de Nancy Huston qui ont su me séduire.
   
   257 pages et une forêt de marque-pages !

critique par Cathulu




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