Lecture / Ecriture
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Mémé dans les orties de Aurélie Valognes

Aurélie Valognes
  Mémé dans les orties

Mémé dans les orties - Aurélie Valognes

Faut pas pousser le bouchon…
Note :

   Mais qu’est-ce qu’ils ont tous à prendre de vieux papys pour des héros de roman en ce XXIème siècle? Vieillissement de la population? Manque de vrais personnages dans la force de l’âge? Insignifiance des nouveaux "jeunes premiers"? Du reste, plus personne en dessous de 70 ans ne parle de "jeune premier".
   
   Ferdinand est un octogénaire acariâtre et misanthrope qui partage un immeuble avec d’autres personnes plus toutes jeunes. Mais le spectre de la maison de retraite le guette. Il faut qu’il réagisse. Faire un brin de ménage dans son appartement, remplir son réfrigérateur et se nourrir convenablement car la concierge, l’implacable madame Suarez, veille et fera son rapport à la fille de Ferdinand, exilée à l’autre bout de la planète, qui prendra la terrible décision si rien ne change.
   
   On pense forcément au "Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire" de Jonas Jonasson narrant les rocambolesques aventures d’un nonagénaire suédois ou à "la Douce empoisonneuse" de Paasilinna (encore un auteur venu du froid) où une gentille petite vieille devient l’ennemie publique numéro un. Il faut bien reconnaitre que nos ainés ont de l’énergie à revendre. Et de l’imagination aussi. Très vite, le roman glisse vers une certaine Elégance du hérisson lorsque Juliette, une gamine précoce et délurée qui n’a pas sa langue dans sa poche fait irruption dans le quotidien du vieux bonhomme sur les coups de midi et quart. La bouffe immonde de la cantine la forçant à venir partager les pâtes de Ferdinand. Du haut de ses dix ans, elle va dépoussiérer les états d’humeur de Ferdinand, lequel va se rapprocher de sa plus proche voisine, Béatrice, 90 printemps, hyper active, à l’agenda d’un ministre. Récent veuf de sa chienne, Ferdinand va-t-il (re)trouver l’amour? En attendant, il ne rate sous aucun prétexte le rendez-vous culturel de Questions pour un Champion où il excelle dans la catégorie "chiens d’attaque".
   
   Avec un titre pareil (et tous les chapitres sont autant de clins d’œil aux expressions populaires) on était en droit de s’attendre à être plié de rire à chaque coin de phrase, secoué de spasmes douloureux, gondolé de la tête aux pieds, bidonné comme un pantin désarticulé, le souffle coupé par l’hilarité ambiante et à en pleurer des larmes de bonheur. Finalement, non. C’est même une vague de sentimentalisme qui vous prend à la gorge. Doux amer.

critique par Walter Hartright




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