Lecture / Ecriture
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La Glace et la Nuit (2) de Léa Silhol

Léa Silhol
  Le Dit de Frontier, Tome 1 : Musiques de la frontière
  La Sève et le Givre (1)
  La Glace et la Nuit (2)

La Glace et la Nuit (2) - Léa Silhol

De feu et de glace
Note :

   Ce n’est pas pour rien que Léa Silhol est nommée la Tisseuse. Car c’est bien une toile qu’elle tisse par petits bouts, qu’elle créée à partir de matériaux existants, les transformant à sa guise au gré de son talent. C’est ce que me souffle la suite de La Sève et le Givre.
   La Glace et la Nuit, opus 1 – Nigredo confirme tout le bien que je pense et dis de cet auteur.
   
   « Le vent a soufflé sur le Royaume... En Hiver, la Reine des Neiges déchiffre la Trame du Temps et voit venir les jours derniers, la fin de tous les Chants. Elle confie à l'un des membres les plus inattendus de la Cour Froide une mission capitale, porteuse de tous ses espoirs : retrouver Angharad, Dame de la Sève et du Givre, qui a quitté les Dix-Neuf Royaumes depuis deux cents années mortelles. La retrouver, la ramener, telle est la mission de Kelis, le barde incertain qui connaît si peu le monde. Un acte désespéré, dont tout dépend. Et Kelis, fou blanc, s'avance sur l'échiquier de sa souveraine, sans se douter qu'il va entraîner, à chacun de ses pas, le plus grand changement qu'ait connu la Féerie. . » (présentation de l’éditeur)
   
   On passe d’un roman à un autre par une transition tout bonnement époustouflante. Dès les premières pages, je me suis sentie tomber, passer la frontière entre le monde réel et celui des fées. Le talent est toujours là. De nouveaux personnages sont introduits, les caractères de ceux que nous connaissions déjà sont approfondis. Des liens se tissent avec Musiques de la Frontières, et d’autres nouvelles encore. Très franchement, j’ai le cerveau en ébullition. C’est fascinant de voir ce monde, cet univers en train de se construire. Et de constater que la construction de ce monde offre, outre la magie, des réflexions, des échos avec le monde.
   
   La Glace et la Nuit est sans doute plus abordable que La Sève et le Givre. Par son écriture. Plus d’action, des personnages plus abordables aussi. Même Angahrad et Finstern, par leur amour vécu dans le quotidien comme le combat nous deviennent plus proches. Pas plus humains, car cela n’est guère possible de ce côté du miroir, mais plu proches. J’ai eu du mal à les quitter, eux, et aussi Kelis le Fili et Elzeriad, et Echaion, et les autres. Quant aux rebondissements de l’histoire, j’en ai eu le souffle coupé !
   
   Je ne repartirai pas dans une antienne consistant à comparer la dame à Tolkien. Mieux, moins bien, meilleur, etc. Ce serait lui faire injure, et faire injure à deux œuvres très différentes. Mais dans mon cœur, elles sont très, très, très proches, par le bonheur et le plaisir qu’elles m’ont apportés, par la magie qu’elles ont infusée dans mon quotidien.
   
   Certains disent que ces deux œuvres (La Sève et le Givre et La Glace et la Nuit) peuvent se lire indépendamment. Sans doute. Mais pour apprécier réellement La Glace et la Nuit, il faut avoir savouré La Sève et le Givre.
   
   Pour terminer avec ces mots qui ne peuvent que médiocrement traduire mon enchantement, ces quelques lignes à savourer :
   « Entre les Cours, entre les certitudes, de ce que le Peuple nomme Le Royaume, il y a des zones franches, des zones mortes, tissées de promesses, d’annonciations, et d’hypothèses. Des Interstices. Se tenir là, c’est être suspendu éternellement dans l’espace bref du passage. C’est contempler à l’infini ses propres choix. Se tenir là, comme à présent je m’y tiens. Le conte de la Dame de la Sève et du Givre et du Seigneur de la Haute Nuit est aussi long que le monde. Avec le monde il naquit, et si la création devait s’engloutir, je le crois, même, capable d’y survivre. De perpétuer le Chant après que toutes les voix se soient éteintes. Au-delà de la chair périssable, les piliers de notre univers demeurent : la main des Saisons est lourde sur l’écorce des sphères ; la Nuit a été, avant même l’avènement de la lumière. Pour ce chant, il y a eu avant moi des bardes. Il y aura après moi des bardes. Il y a eu, il y a, il y aura toujours, un Fili pour le poursuivre. »

critique par Chiffonnette




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