Lecture / Ecriture
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Le crime de John Faith de Bill Pronzini

Bill Pronzini
  Le crime de John Faith

Le crime de John Faith - Bill Pronzini

Mise en scène de l’intolérance
Note :

   Les personnages de ce roman évoluent dans le petit comté de Pomo, en Californie. Et les habitants de ce comté n’apprécient guère les Indiens qui y vivent pourtant depuis des décennies, et donc a fortiori, ils se méfient des étrangers.
   
   John Faith, lorsqu’il demande un bungalow pour la nuit, est vite catalogué par le propriétaire du motel. D’autant que son physique ne plaide guère en sa faveur. Il n’est pas à vraiment parler un bel homme et possède physiquement tout de la brute.
   
   Ce qui ne laisse pas indifférent quelques femmes, qu'elles soient seules, délaissées, battues par un conjoint jaloux ou veuves nymphomanes. Et l'attirance qu'il suscite auprès de ces gentes dames ne joue pas en sa faveur. De suite il devient l'homme sur qui se focalisent toutes les détestations des mâles. Et lorsque le chef de la police l’aperçoit sortant précipitamment de chez Storm Carey, l’insatiable, qui gît le crane défoncé, John Faith devient le coupable idéal.
   
   Autour du chef de la police gravitent des personnages dont le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils ne sont guère reluisants : Douglas Kent l’éditorialiste alcoolique du journal local, Zenna Wilson qui interprète à sa façon les péripéties qu’elle lorgne avec voyeurisme, Harry Richmond l’hôtelier, Tracy la jeunette enceinte d’un petit voyou, Audrey Sixkiller, l’institutrice indienne souvent en butte au rejet de la population, George Petrie, le banquier, Lori, la barmaid, et quelques autres.
   
   Bill Pronzini met l’accent sur les travers de tout ce petit monde, ou sur leurs qualités, sur le sectarisme et l’intolérance qui règnent insidieusement ou ouvertement. L’histoire est narrée tour à tour par les différents protagonistes qui se dévoilent ainsi au lecteur sans pudeur.
   
    Un admirable tour de force de ce maître du roman noir américain.
   
   A lire également de Bill Pronzini : Mercredi des Cendres.

critique par Oncle Paul




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