Lecture / Ecriture
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L’arracheuse de dents de Franz-Olivier Giesbert

Franz-Olivier Giesbert
  Un très grand amour
  La cuisinière d'Himmler
  L’arracheuse de dents
  Belle d'amour
  Le Schmock

Franz-Olivier Giesbert est un homme de lettres franco-américain né en 1949.

L’arracheuse de dents - Franz-Olivier Giesbert

Roman d'aventure(s)
Note :

   On connaît la passion de FOG pour l’Histoire, lui qui navigue entre biographies (cf son livre sur Jacques Chirac) et le roman bâti sur un fond de vérité historique (voir la Cuisinière d’Himmler par exemple). Il faut dire que FOG est un jouisseur doublé d’un farceur doté d’une intelligence supérieure, d’une culture solide et ayant eu le privilège de côtoyer de près les Grands de ce monde et, donc, d’observer leurs défauts et leurs travers.
   
   Du coup, la parution d’un nouveau roman de l’écrivain-journaliste est toujours guettée de près autant qu’accompagnée de son lot de polémiques de la part de détracteurs un brin jaloux et fort marris d’un succès qui ne se dément guère.
   
   Disons-le tout de go: son dernier roman "L’arracheuse de dents" est une réussite totale en forme de gigantesque claque. Une composition d’une originalité absolue, croustillante, impertinente, caustique et drôle qui se dévore goulûment.
   
   Bien sûr, tout ici est inventé avec un soin extrême consistant à mêler la trame romanesque issue de l’esprit fertile de l’écrivain avec des faits et des personnages historiques que l’homme de lettres prend un malin plaisir à faire tomber de leur piédestal. A la manœuvre se trouve une quasi-centenaire, Lucie Bradsock, qui, parvenue à l’âge canonique de quatre-vingt-dix-neuf ans, décide de confier son incroyable vie dans un manuscrit qu’un lointain descendant retrouvera près de deux siècles plus tard au fond d’un grenier.
   
   Née métayère dans une famille pauvre du bocage normand, Lucile deviendra par un concours de circonstances et un abattage hors du commun un personnage aussi essentiel que trouble. Parvenue, presque par hasard, l’assistante d’un chirurgien-dentiste, elle va s’affairer auprès des bouches souvent peu délicates et fort mal-en-point des principaux acteurs de la Révolution Française. Aimant l’amour et les hommes, jolie comme un charme, elle sait aussi bien faire tomber dans ses rets les grands ou les anonymes de ce monde que se débarrasser des importuns en tous genres ayant la lame aussi facile que rapide.
   
   Des qualités qui vont l’amener, fuyant une enquête policière qui lui colle aux basques, entre la France et l’Amérique c’est-à-dire entre un vieux pays basculant d’un système archaïque aux fondements d’une société moderne et une jeune nation en construction hantée par le racisme et la Guerre de Sécession.
   
   Sa capacité à rebondir tout en se tirant des pires situations lui vaudra d’assister à la mort de Custer lors de la bataille de Little Big Horn, d’être la maîtresse de Napoléon sur l’île d’Elbe, de croiser Grant et Roosevelt, de soigner Robespierre, de frayer dangereusement avec Fouché, de fréquenter Lafayette pour ne citer que quelques-uns des innombrables personnages dont elle croise le chemin, soigne les bouches ou d’autres maux plus intimes, parfois…
   
   Avec une maestria impressionnante, FOG parvient à nous plonger au cœur de l’époque qu’il nous conte, nous faisant toucher et sentir la saleté et la puanteur d’un Paris révolutionnaire où le sang coule à flots quand ce n’est pas l’impression physique éprouvée lors des batailles entre ces odeurs de poudre, ces bruits assourdissants, ces corps déchiquetés et les râles des mourants. A travers l’histoire d’une Lucile Bradsock qui ne tarde pas à devenir une Calamity Jane en son genre, c’est l’Histoire que nous redécouvrons. Du coup, l’auteur ne manque pas de fustiger, entre les lignes, l’hypocrisie politique, les dérives du capitalisme, la sauvagerie de l’esclavage, la posture ridicule d’une gauche où les actes différent des paroles comme il se plaît à ringardiser ceux qui peuplent nos livres d’Histoire.
   
   Voilà un roman ébouriffant, truculent, jouissif et politiquement incorrect, truffé de fausses notes de l’éditeur, histoire de mieux nous entortiller dans une cavalcade d’un siècle bien rempli en horreurs. Bref, l’histoire d’une humanité dont le principe est de faire de l’homme un loup pour l’homme. On ne se change pas…
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critique par Cetalir




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Une vie trop tout
Note :

    Un professeur trouve par hasard sous le parquet de sa maison de famille à Nantucket, les écrits de son aïeule Lucile Bradsock. En 1876, à plus de 100 ans, elle prend la parole pour nous raconter sa vie.
   
    De la France aux Etats-Unis, elle vivra avec une grande gourmandise sans cesse renouvelée une existence pleine de rebondissements.
    Arrivée de sa Normandie natale elle travaille à Paris auprès d'un dentiste qui lui apprend son métier.
    La révolution française lance ses prémisses et Lucile va être emportée dans toutes les tourmentes et violences de ces années sombres.
    Dentiste, féministe et combattante, éprise de liberté et de justice, elle fait de sa vie un combat. Elle a surtout le don de se mettre dans les pires situations et, s'il le faut, de recommencer sa vie avec autant d'envie à chaque fois.
    Amoureuse de l'amour et des hommes, elle rencontrera les grands personnages et les petits héros qui ont fait l'histoire : roi, empereur, révolutionnaires et esclaves lui feront vivre des moments intenses.
   
    Franz-Olivier Giesbert nous montre ici son intérêt pour l'Histoire en faisant de son héroïne le témoin de l'histoire de France pendant la Révolution Française et celle des Etats-Unis avec notamment la guerre de Sécession.
   
    L'auteur en profite aussi pour interpréter d'une manière libre et audacieuse la destinée de ces personnages historiques et leur ôter de leur superbe et revisiter l'Histoire.
   
    L'écriture est enlevée et bien rythmée ce qui procure au texte un bouillonnement du début à la fin avec une femme pleine de vie.
   
    Si ce n'est que parfois, c'est trop, ça ne s'arrête jamais et même si l'on sait que c'est une fiction, bien menée et très bien écrite, on se lasse un peu de tout ce "trop".

critique par Marie de La page déchirée




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