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Perry Mason, l'avocat justicier de Erle Stanley Gardner

Erle Stanley Gardner
  Perry Mason, l'avocat justicier

Perry Mason, l'avocat justicier - Erle Stanley Gardner

Objection votre Honneur !
Note :

   Avec 82 aventures papier mettant en scène le célèbre avocat de Los Angeles Perry Mason, de 1933 1970, année du décès d'Erle Stanley Gardner, les six films et les 316 épisodes télévisés, comportant trois séries distinctes, dont seulement la dernière, tournée de 1985 à 1995, fut diffusée en France, la littérature policière d'énigme et de suspense alliée à ce qui fut appelé roman de prétoire, connut un engouement sans précédent.
   
   La prestation de Raymond Burr dans la quasi totalité des épisodes télévisés est pour une grande partie déterminante dans ce succès, mais pas que. Les intrigues d'Erle Stanley Gardner étaient parfaitement huilées, même si le ressort en pratiquement toujours le même.
   
   Une jeune femme, souvent une starlette en puissance, ou son représentant, se présente dans le cabinet de l'avocat et demande à ce que celui-ci la sorte des ennuis dans laquelle elle s'est fourrée, consciemment ou non. Perry Mason va donc enquêter, parfois en marge de la légalité, assisté efficacement de Della Street, sa secrétaire, et du détective Paul Drake dont les bureaux sont dans le même immeuble.
   
   Perry Mason se montre retors, prêchant le faux pour connaître le vrai, employant des moyens que les policiers ne possèdent pas ou dont la déontologie professionnelle leur interdit de se servir. Et s'il bafoue le code déontologique, c'est toujours dans l'intérêt de sa cliente. Il sort sans barguigner et sans vergogne, lors du procès devant le juge et à la grande stupéfaction du procureur, des preuves ou des arguments qui jusqu'alors étaient tenus secrets, recueillis par des procédés pas toujours honnêtes, comme un prestidigitateur sort un lapin ou plutôt une colombe de sa manche. Et surtout c'est un comédien né qui sait jouer de tous les sentiments.
   
   De plus il connait le code et la loi, il sait s'en jouer, et il ne faut pas oublier que son créateur, Erle Stanley Gardner était lui-même avocat et donc qu'il connaissait toutes les ficelles du métier et la rhétorique face à des témoins, des jurés et les représentants de la justice et de la police en général pour parvenir à ses fins. Mais Perry Mason n'est pas seul et il est secondé efficacement par sa fidèle secrétaire, Della Street, qui n'hésite pas pour plaire et servir les intérêts de son patron au mieux à se lancer elle-même dans les enquêtes lorsque ceci s'avère nécessaire. Et puis il emploie les services de Paul Drake, un détective privé, et son agence pour dénicher les éléments qui lui manquent, pour exercer une filature ou s'introduire dans des lieux car il ne possède pas le don d'ubiquité. Il a parfois recours également à un Bureau d'Enquêtes Coopératif, pour suppléer Paul Drake.
   
   Il ne compte pas ses heures, travaillant, enquêtant, se déplaçant, rencontrant des témoins ou des personnes susceptibles de lui apporter des éléments nécessaires à la résolution de l'affaire, à toute heure du jour et de la nuit. Et cela se termine en général dans l'enceinte du tribunal, alternant les atermoiements, les grandes envolées, les effets de manche, la présentation inopinée de témoins en faveur de son client ou cliente, sachant déceler et contrer les mensonges et hésitations de ceux que présente le procureur.
   
   Perry Mason n'est pas misogyne, même si on ne lui connait aucune relation sentimentale, pas même avec sa secrétaire, toutefois la plupart du temps il se décarcasse pour innocenter une jeune femme, celle-ci étant naïve ou retorse. En témoignant les titres de certains ouvrages : La Blonde boudeuse; La Veuve vigilante, La Brunette bouclée; La Nymphe négligente; L'Hôtesse hésitante; La Séduisante spéculative...
   
   Si en général tout se résout dans prétoire, dans certains romans, au début de sa saga, les scènes de tribunal sont inexistantes.
   
   Ainsi dans "Jeu de jambes", Bradbury, un des principaux actionnaires d'une banque de Cloverdale, en Californie, requiert l'assistance de Mason pour aider une jeune fille, Marjorie Clune, qui a été bernée par un certain Frank Patton, lequel se présentait comme organisateur et représentant une société productrice de films. Marjoris Clune, que le client de Mason pensait épouser, est venue à Los Angeles mais il a perdu sa trace. Quant à Frank Patton, il recherchait soi-disant des jeunes filles pour leur faire signer des contrats de films dans lesquels elles devaient jouer un rôle. Elles étaient susceptibles de devenir de futures grandes vedettes de cinéma. Il prenait en photo les jambes et celle qui était retenue devenant Les plus belles jambes du monde. Il ramassait de l'argent auprès de commerçants locaux et de la Chambre de Commerce. Une mystification rentable et juteuse. Mason accepte l'affaire, et se rend auprès du District Attorney de Los Angeles qui refuse de s'occuper de cette affaire arguant du fait que Cloverdale n'est pas dans sa juridiction. C'est le seul moment où Mason a une entrevue avec un représentant de la justice. Mason va se démener pour retrouver Marjorie Clune et dénouer le meurtre perpétré sur la personne de Patton.
   
   En France, un émule d'Erle Staley Gardner se fit un nom dans la collection Spécial Police du Fleuve Noir sous l'alias de Jean-Pierre Garen, qui à une lettre près était l'anagramme du célèbre romancier américain.
   
   Curiosité : Il est regrettable, alors que tant de romans ont été traduits en France et plus particulièrement dans la collection Un Mystère des Presses de la Cité, que la couverture de cet Omnibus soit la reprise d'un fascicule des éditions Rex consacré aux rééditions des aventures de Fantômas, Le mort qui tue, dans les années 1950, et que l'illustrateur, Michel Gourdon ne soit pas crédité.
   
   
   Sommaire :
   Cœurs à vendre (The Case of the Lonely Heiress - 1948)
   La prudente pin-up (The Case of the Cautious Coquette - 1949)
   Jeu de jambes (The case of the Lucky Legs - 1934). Première édition sous le titre Jambes d'or
   L'hôtesse hésitante (The Case of the Hesitant Hostess - 1953)
   Gare au gorille (The Case of the Grinning Gorilla - 1952)
   La nymphe négligente (The Case of the Negligent Nymph - 1950)
   La vamp aux yeux verts (The Case of the Green-Eyed Sister - 1953)
   
   Postface de Jacques Baudou.

critique par Oncle Paul




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