Lecture / Ecriture
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Quand sort la recluse de Fred Vargas

Fred Vargas
  Petit traité de toutes vérités
  Sous les vents de Neptune
  L'homme aux cercles bleus
  Debout les morts
  Un peu plus loin sur la droite
  Coule la Seine
  Pars vite et reviens tard
  Sans feu ni lieu
  Dans les bois éternels
  Un lieu incertain
  V comme: comme: Les quatre fleuves
  L'homme à l'envers
  Salut et liberté
  L'armée furieuse
  La vérité sur Cesare Battisti
  Ceux qui vont mourir te saluent
  Temps glaciaires
  Quand sort la recluse

Fred Vargas est le nom de plume de Frédérique Audoin-Rouzeau, romancière française de romans policiers et archéozoologue, née à Paris en 1957.

Quand sort la recluse - Fred Vargas

Quand sort le dernier Vargas
Note :

   Quand sort le dernier Vargas, tout le monde se précipite. Du moins tous ceux qui aiment ses romans, le commissaire Adamsberg et son équipe. Et ils sont nombreux, si l'on en croit les chiffres des ventes. J'en fais partie. Je pense que je les ai tous lus et, même si mon adhésion n'atteint pas au fanatisme, il n'était pas question que j'attende jusqu'à ce que celui-là arrive en poche.
   
   Le meilleur, chez Vargas, tout le monde le sait, c'est l'ambiance : son commissaire humaniste et poète, son équipe improbable de grands originaux, même ses adversaires ne sont pas sortis du moule commun. Ça fait du bien de passer un moment avec tous ces gens sans mesquinerie ni intérêts triviaux. Ça repose, ça détend. Evidemment, on n'en est pas à chercher le réalisme, ni même, parfois, la vraisemblance.
   
   Pour le titre, les recluses sont bien évidemment des femmes qui se murent dans des cachots pour des raisons sociales ou psychiatriques. (On songe forcément à "Du domaine des Murmures" de Carole Martinez) ; mais elles sont également de petites araignées particulièrement farouches, que l'on ne trouve qu'au fond de trous retirés et dont le venin est toxique – mais pas effroyablement. Fred Vargas a recueilli une grande documentation sur ces araignées et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle nous en fait profiter et qu'elle ne craint pas les redites sur ce sujet.+ Ce n'est pas forcément pénible mais cela ralentit tout de même l'action. Mais le rythme forcené, ce n'est pas la tasse de thé du commissaire, ni celle de la plupart de ses aficionados, alors...
   
   Pour l'intrigue, elle est très compliquée, bien trop en fait pour être vraisemblable, même en considérant que tout le monde a un comportement névrotique dans cette histoire. Ce qui est le cas. Les "hasards" qui replacent l'enfance d'Adamsberg en pleine action, dépassent joyeusement les limites de l'acceptable, mais la série Adamsberg a-t-elle jamais été réaliste ? Il ne me le semble pas. Peut-être encore un peu moins cette fois-ci, donc, mais c'est tout.
   
   Pour la caution psychologique, (analyses de Veyrenc etc.) elles sont loin de m'avoir convaincue et je pense qu'il en sera de même pour un grand nombre de lecteurs car un bon coup de poignard, c'est bien freudien aussi. (et simple, qui plus est),
   
   Pour la tension psychologique interne, le précédent roman avait déjà témoigné d'une certaine tension entre Adamsberg et son bras droit Danglard, c'est reparti cette fois-ci, et plus grave, mais pour de tout autres raisons. Donc, si les raisons changent mais que le conflit reste, c'est que c'est le conflit qui est central . Vargas semble vouloir la peau de notre vieil érudit. Je ne sais pas pourquoi, c'est une affaire entre elle et elle. Nous verrons bien.
   
   Ce qui m'a un peu plus gênée, c'est qu'il m'a semblé que le commissaire et son équipe, frôlaient d
   un peu plus près que d’habitude, et pour être claire, un poil trop près, les limites du ridicule dans leurs envolées poétiques et métaphoriques. Quand tout le monde se met à parler le Magellan... ah bon ? Vous êtes sûr que ce n'est pas un peu cucul à la longue? Et sauver les merles, bien sûr qu'il le fallait, mais était-il nécessaire de mettre toute la brigade sur les dents pour ce faire ?
   
   Mais qu'à cela ne tienne, quand on aime, on aime avec les défauts, et quand sortira le prochain Vargas, j'irai encore voir.
   
   
   * Avec parfois des étrangetés, comme par exemple de nous dire qu'il faut le venin de 4 à 5 vipères pour tuer un homme (page 95) et nous annoncer quelques pages plus loin le nombre de personnes mourant chaque année de morsures de vipères... On se demande...
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critique par Sibylline




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Réaction allergique
Note :

   Le commissaire Adamsberg, réside en Islande depuis le roman précédent. Une petite île loin de la civilisation. Il accepte d’être rappelé à Paris pour résoudre une affaire criminelle qui lui prend peu de temps.
   
   Puis meurent trois messieurs octogénaires, piqués chaque fois par une "recluse" un petite araignée qui ne s’attaque pourtant pas à l’humain, et si elle le fait, son venin est faiblement nuisible. Le commissaire trouve qu’il y a anicroche, et va consulter un entomologiste au Museum d'histoire naturelle. Il en revient avec la certitude que les victimes de recluse, ont été assassinées. L’enquête commence, sans le concours de Danglard violemment opposé à cette procédure, tandis que le restant de l’équipe suit Adamsberg, en y croyant plus ou moins.
   
   Je dois dire que c’est Danglard qui a raison, cette enquête n’aurait pas dû avoir lieu, je me suis ennuyée à la suivre. Le charme "Vargas" n’a pas opéré, cette fois-ci sur moi. Je me demande pourquoi j’ai lu tout ce roman, alors même que de mystère il n’y en a pratiquement pas. On sait tout de suite, qui a tué, et comment, les explications du professeur le laissent facilement deviner ! Le pourquoi vient aussi assez vite…
   
   Mais ce n’est pas pour cela qu’on lit Vargas, m’objecterez-vous, c’est parce que Adamsberg et son équipe sont tellement originaux et sympathiques… et leur monde si particulier… eh bien, cette fois, Adamsberg m’a carrément horripilée. L’auteur en rajoute avec son intuition extraordinaire, ses "proto-pensées", nous versons dans une ambiance ésotérique appuyée.
   
   Et l’écriture ? mais l’écriture ne m’a pas plu, justement. Il y a beaucoup trop de dialogues, et de répétitions des mêmes informations et états d’âme du commissaire, dans ces propos auxquels Le lieutenant Veyrenc prête une oreille bien trop complaisante.
   
   Et à l’opposé des précédents romans (ceux que j’ai lus tout au moins) manque l’évocation d’une légende, d’un monde autre… les araignées ne sont que de vulgaires bestioles (non, je n’en ai pas peur, elles ne m’inspirent pas non plus…) le parcours du coupable est un peu trop héroïque, et ceux des victimes vraiment très méchants; qu'ajouter? C’est puéril.
   
   A lire mes anciens compte-rendu, j’avais pourtant déjà remarqué des défauts qui pouvaient paraître énervants chez les personnages de Vargas. Le moment est arrivé où je ne les supporte plus…
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critique par Jehanne




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Adamsberg tisse sa toile
Note :

   Le commissaire Adamsberg, héros récurrent de Fred Vargas, est confronté à une série surprenante de décès d'hommes âgés liés à une piqûre d'araignée recluse, animal pourtant connu pour sa discrétion et son pacte de non-agression. Soupçonnant que le hasard n'est pas pour grand-chose dans l'affaire, il sera accompagné dans son enquête par ses plus fidèles et assurés compagnons, pendant que la rébellion au commissariat face à cette nouvelle fantaisie adamsbergaine menace d'exploser la bonne cohésion d'équipe et d'expulser en plein vol et hors sol notre héros.
   
    Véritable succès littéraire, "Quand sort la recluse" est un génial retour à ce que fait de mieux Fred Vargas : une histoire rondement ficelée (malgré la même erreur commise que celle faite par Pierre Lemaître dans Travail soigné : un truc inconcevable dans la vraie vie des policiers - celui de croire le premier venu et de douter de ses coéquipiers - et qui les fait encore passer pour des gens bien naïfs, ce qu'ils ne sont pas et c'est tant mieux pour nous ! Bref c'est ce genre de détail qui retire d'office une étoile à une note de lecture. Mais je reviens à mes moutons), un récit haletant et très bien séquencé, des personnages bien ancrés et peu forcés (je loue la capacité de Fred Vargas à ne pas tomber dans les clichés). A l'entrée du roman, l'auteure capte rapidement l'attention des lecteurs à l'aide de petites enquêtes rapidement résolues, qui montrent la vie d'un commissariat et les forces en place. C'est astucieux et intelligent. Adamsberg fait preuve d'humanité, et est un personnage plus fouillé que d'habitude. Comme dans "Pars vite et reviens tard", Fred Vargas instruit son lectorat en discourant en dehors de l'enquête sur toutes les formes de réclusion. Il y a bien sûr les coïncidences heureuses (ou malheureuses, c'est selon). Bref, "Quand sort la recluse" est un très bon roman policier et mérite amplement son succès auprès du public.

critique par Philisine Cave




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