Lecture / Ecriture
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Pourvu que ça brûle de Caryl Férey

Caryl Férey
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Caryl Ferey est un écrivain français né à Caen en 1967.

Pourvu que ça brûle - Caryl Férey

Une autobio précoce
Note :

   Caryl, you know I love you but, j’avoue que je me suis fait peur tout seul.
   
   Au commencement, voilà que tu me parles Montfort-sur-Meu et tennis. (je tutoie mais c’est juste parce que j’ai croisé Monsieur deux fois et que nous avons discuté ensemble, sinon je peux repasser au vouvoiement parce que nous ne sommes pas intimes non plus).
   
    Là, le feu passe au orange même pas clignotant. Parce que cela, je l’ai lu dans au moins trois de tes ouvrages. On dit qu’un écrivain écrit toujours le même livre soit, mais peut être que là tu aurais pu faire un effort pour ceux qui suivent depuis presque le début. Mais à première vue, tu le sais puisque page 37, tu écris : A la quatrième nouvelle écrite – un amour impossible entre un pauvre type dans mon genre et une superbe femme aux cheveux auburn ‘…) -, Elephant-Souriant, mon lecteur aux antipodes, me fit remarquer qu’il" avait l’impression d’en avoir déjà lu une similaire".
   
   Bon je continue, avec moins d’entrain, mais comme le style ne me déplait pas…surtout si tu cites le grand Jacques. "Passé l’enfance, devant le comportement de certains adultes, on se demande si c’est eux qui sont cons, ou si l’on se trompe, soi."
   

   Et petit à petit, tu nous promènes dans ta vie et tes amitiés, racontant la genèse de chaque livre. Pas de chichi prout prout, pas de virilité inutile. Un roadmovie comme ils disent. Mais cela correspond bien à l’image du bonhomme. Tout commence à la montée des marches de Cannes pour la sortie de Zulu. Et puis hop flashback on se retrouve quelques années avant et on commence à dérouler l’histoire. Les amis sont là avec chacun leur nom comme les indiens des plaines. Bien d’accord avec toi en ce qui concerne le chef Joseph et les Nez Percés ainsi que Wounded Knee. C’est aussi un évènement qui m’avait marqué après avoir vu un téléfilm sur le sujet. Depuis j’ai toujours eu du mal avec les américains démocrates ou républicains. Patrie de la liberté sauf pour ceux qui étaient là les premiers. C’est un bien un génocide le nom qui convient, non ?
   
   Jamais Caryl Férey ne se pose en écrivain-voyageur et en cela il explique pourquoi il n’est pas Nicolas Bouvier. D’ailleurs, ce n’est pas ce que l’on attend de sa part. Et son équilibre entre histoire d’un pays, polar et romance est assez juste. Pour celles et ceux qui veulent savoir, il nous montre sa vie d’écrivain, ses hauts, ses bas, mais sans voyeurisme. Sa méthode de travail, l’importance des amitiés. Je retrouve le bonhomme croisé sur des salons du livre. Simple, généreux, humain, avec ses failles, ses doutes et ses réussites.
   
   De la Nouvelle Zélande à l’Afrique du Sud, de l’Argentine au Chili, le monde est son terrain de jeu sérieux. En revanche, je ne comprends pas son besoin de dire du mal des aventures de Mc Cash. Même si ce ne sont pas des livres entièrement aboutis, je ne trouve pas qu’ils déméritent même si l’auteur peut en être plus déçu que nous, lecteurs. Face à l’ouvrage que j’ai lu précédemment, La jambe gauche de Joe Strummer ou Plutôt crever semble digne d’un Nobel du polar.
   
   Une autobiographie à 48 ans, c’est un peu jeune, mais un carnet qui n’est ni un journal, ni une hagiographie, cela mérite de monter en selle avec le Clash dans les oreilles et de partir "on the road again".

critique par Le Mérydien




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