Lecture / Ecriture
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En suivant la mer de Marie Magdeleine Lessana

Marie Magdeleine Lessana
  En suivant la mer

En suivant la mer - Marie Magdeleine Lessana

Jusqu'à l'horizon bleu
Note :

   Tel Pier Paolo Pasolini qui avait écrit La longue route de sable en 1959, arpentant les villages de bord de mer, Marie Magdeleine Lessana décide l'été 2015 de le passer non plus en famille mais seule à la rencontre de la mer, et désirant découvrir la manière dont les hommes et femmes se comportent durant leurs vacances. Elle débute son voyage en compagnie d'une amie photographe par le nord. Calais, Dunkerke, Malo les Bains... La Baie de la Somme pour se rendre jusqu'à Dieppe.
   "De ma fenêtre, je distingue une série de lignes horizontales, sable gris marron, virant rosé près de l'eau à son écume, ligne verte de plus en plus intense, puis bleue. Horizon net,. Et le ciel est immense. Je regarde la mer du Nord, le soleil va se coucher à ma gauche. Je ne m'y fais pas"
   
   "Sur la route, on ne se lasse pas d'observer les champs à perte de vue, de blé, d'avoine, de lin, les pâturages des vaches, agriculture de plateau en apesanteur jusqu'à l'horizon bleu sans transition. Aujourd'hui il y a beaucoup de vent. Je voudrais m'envoler en m'élançant dans les champs"
   

   Elle décide de continuer le voyage seule vers la Normandie car être à deux ne donne pas toujours l'unisson dans les émotions.
   
   Direction Rouen en train et ensuite voiture de location Fécamp, Etretat, Le Havre chaque endroit amène son lot de sensations avec cette culpabilité d'être seule face à ces familles en vacances.
   
   Ensuite la Basse Normandie Trouville, Houlgate, Cabourg. Grandcamp-Maisy
   "Au matin, j'entends le bruit des vagues sous la fenêtre avec l'impression étrange que quelqu'un, pas loin m’accompagne. Je suis seule pourtant, avec une certaine joie dès le matin. J'ouvre le store, il pleut, l'air est gris et brumeux. La mer à mes pieds est haute, bien vivante. De rares promeneurs de chiens encapuchonnés longent la rue léchée par les vagues. La ligne d'horizon est estompée par la vapeur"

   
   Arromanches, Le Mont Saint Michel pour rejoindre la Bretagne. Le long de ce voyage, à certains endroits, elle repense au moment où elle y était, adolescente, maman, avec des amis.
   Granville
   "De ma fenêtre, j'observe les gens sur le quai au réveil. Ce qui domine à mes yeux est la normalisation de la vie, une sorte de morale sociale partout. Les réjouissances des vacances ou du week end à la mer sont très conformes. En profiter, c'est se promener, se baigner, s'occuper de faire jouer les enfants, les gâter avec des jeux, des attractions, des sucreries et des objets, le tout avec un discours banal standardisé"
   

   La Bretagne, Paimpol, Brest, les Côtes d'Armor, Douarnenez, Carnac, Quiberon et ensuite passer à Saint Nazaire. l'île de Bréhat, l'Ile de Ré où elle loge dans l'ancienne maison de Lacan
   "Comme c'est agréable cette sensation d'être dans une grande maison où rien n'est neuf, avec juste des livres qui ont été choisis et lus."
Elle y retrouve Charlotte une amie atteinte du cancer.
   
   Royan, Arcachon. Sa route la mène jusqu'à la frontière espagnole. Apprécier la jovialité des espagnols et repasser la frontière Saint Jean de Luz, Biarritz, et la Méditerranée, là d'où elle vient. Elle remonte jusqu'à la Camargue pour ensuite joindre Marseille . La presqu’île de Giens c'est chez elle. Mais le voyage continue vers Saint Raphael Sainte Maxime pour rejoindre Menton.
   "Je resterais bien à Menton parmi les vieux, les lents, les enfants en poussette, les gentils. J'écrirais, je regarderais la mer longtemps, je déambulerais, j'achèterais un savon au citron et de l'eau de Menton. Jusqu'à ne plus sentir le temps passer et m'y fondre.
   Enfin, non, qu'est qui me prend ? Ca évoque une mort lente. Certainement pas !"
   

   L'Italie et ses réfugiés. Impuissance de pouvoir les aider. Retour à la presqu'île de Giens où les vacances se terminent avec sa petite fille. Tout le long du voyage, une inquiétude ne l'a pas quittée. C'était la mort de Charlotte qu'elle appréhendait.
   
   Ce livre fait partie des trésors que je lirai et relirai. Découvrir à travers l'écriture d'une autre personne des lieux que l'on a connus et d'autres qu'on aimerait voir. Et cette émotion palpable...
   
   A l'arrière plan, la mer, encore et toujours la mer. On perçoit le bruit des vagues, le rire des enfants, les silhouettes le long des plages, l'ennui, la joie, des moments de vacances tout simplement.
   
   Je n'ai évoqué bien entendu qu'une partie des lieux du voyage...

critique par Winnie




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