Lecture / Ecriture
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Varamo de César Aira

César Aira
  Varamo
  Un Episode dans la vie du peintre voyageur
  La Preuve
  Les Fantômes
  Les Nuits de Flores
  Le testament du magicien ténor

César Aira est un écrivain argentin né en 1949.

Varamo - César Aira

Le roman de Varamo
Note :

   César Aira n'est pas très connu en France malgré une dizaine de titres publiés. "Varamo" était en quarantaine dans le purgatoire de ma bibliothèque depuis un an quand je me suis décidé à faire sa connaissance. L'ouvrage est du genre "Une journée dans la vie de…" Varamo est fonctionnaire dans un Ministère à Colon (Panama). « En bon employé de l'État, Varamo fuyait tout travail difficile avec horreur.» Et le récit commence quand il encaisse les 200 pesos de sa paie : en fausse monnaie!
   
    Il serait erroné d'y voir un livre politique dénonçant des pratiques monétaires douteuses au sud du Rio Grande. L'action se passe en 1923 : il serait erroné également d'y voir des souvenirs d'enfance de Cesar Aira puisqu'il est né en 1949. De même, on n'y cherchera pas la couleur locale du pays de l'auteur puisqu'il est argentin. On n'apprendra pas davantage le travail du taxidermiste malgré les tentatives loufoques de Varamo.
   
    Quand même, si on vous verse votre salaire mensuel en fausse monnaie, n'y a-t-il pas de quoi vous inquiéter ? N'irez-vous pas à la police ? Eh bien, Varamo s'inquiète mais il n'ira pas à la police. Pourtant il rencontrera le Chef de la Police après avoir assisté à un nouvel accident de circulation (automobile! pas monétaire). Il découvrira aussi ce qui fait vivre les soeurs Gongora. Et pourquoi il entend des Voix en passant dans leur quartier. Sans même avoir cherché à éclairer ce mystère.
   
    Quand la journée s'achève, la nuit venue, sa maman couchée, Varamo s'est assis à sa table de travail pour écrire un long poème. Est-ce que cela lui rapportera gloire ? argent ? De ce «poème fameux qui continue à être étudié comme un moment clé des avant-gardes hispano-américaines » , peut-être inspirée par Ruben Dario, quels extraits lirons-nous? —Aucun !
   
    Tout est capilotracté — quoiqu'on ne baigne pas vraiment dans le "non sense story" — dans ce roman étonnant. Si l'on ajoute providentiellement un "S" à Varamo, on peut écrire "samovar" et glisser vers les "Nouvelles Pétersbourgeoises" de Gogol.
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critique par Mapero




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Une manière de conte philosophique
Note :

   Né en 1949, César Aira est un romancier argentin trop peu connu.
   
   L’action de "Varamo" se déroule au Panama dans la ville de Colòn en 1923. Varamo, quinquagénaire employé aux écritures au Ministère de l’économie, vient toucher son mois de deux cents pesos. Il a une certitude: on est en train de lui refiler des faux billets; il ne les refuse pas, parce qu’il se sent coupable de toucher cet argent et d’avoir un emploi «à vie» dans un pays petit mais complexe, le Panama, où la plupart des gens vivotent de combines de rapine et de contrebandes. Ce mois-ci, il se retrouve comme eux, à chercher un expédient pour lui et sa vieille mère.
   
   Au cours d’une soirée exceptionnelle, Varamo, poussé par la nécessité de trouver une solution pour réparer son acte manqué, va se trouver pris dans une série d’intenses réflexions et, sorti de nuit, à des heures différentes, fait des découvertes curieuses, rencontre des voisines qu’il ne connaissait pas, parle avec des éditeurs au café. Pris dans un enchaînements singulier de causes et d’effets, il vérifie ce mot de Sartre «Le génie n’est pas un don mais la façon dont on invente dans des conditions désespérées» en produisant l’espace d’une nuit un grand poème rémunéré sans avoir jamais songé à écrire. Et grâce à la fausse monnaie, découvre aussi une série de vérités qu’il ne soupçonnait pas.
   
   Ce petit fonctionnaire anxieux, cousin de Joseph K, de Bartleby nous avons l’impression de le connaître. Sauf que pour son aventure c’est un «Happy end» qui l’attend, ce qui n’est pas la moindre des surprises de ce récit surréaliste, philosophique, proche de grands auteurs argentins, Borges et Cortázar entre autres.

critique par Jehanne




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