Lecture / Ecriture
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Les jours clairs de Zsuzsa Bank

Zsuzsa Bank
  L'été le plus chaud
  Les jours clairs

Zsuzsa Bánk est une écrivaine allemande née à Francfort-sur-le-Main en 1965, de parents hongrois.

Les jours clairs - Zsuzsa Bank

Roman d'atmosphère
Note :

   "Nous n'avions plus qu'à décrocher nos mères qui collaient comme des pots de glu aux tissus de nos vêtements, à fermer les yeux et à sauter dans la vie comme en apesanteur. Nous n'avions pas peur, et c'était grâce à Évi et à ma mère, elles nous avaient appris, au fil des ans à ne pas en avoir peur, même si nous ne l'aurions jamais admis, surtout pas à l'époque."
   

   Singulier triangle amical que forment à première vue Seri, Aja et Karl, trois enfants qui grandissent dans une petite ville du Sud de l’Allemagne dans les années 60. La vie est douce, en apparence et ils profitent des jours clairs de l'enfance, leitmotiv qui revient jusqu'aux trois quarts du roman. Évi, la mère d'Aja, excelle à créer une atmosphère poétique et champêtre dans sa maison minuscule, malcommode, mais ô combien accueillante.
   
   La narratrice, Seri, remarque cependant : "Karl, Aja et moi n'avions pas de père, du moins pas comme d'autres enfants avaient des pères. Nous avions nos mères, avec leurs secrets silencieux qu'elles protégeaient comme des trésors."
   

   Ces secrets, à l'orée de l'âge adulte, les trois amis les découvriront à l'occasion d'un séjour en Italie. C'est là aussi qu'apparaitront des fêlures, peut être irréversibles dans ce qui les unit.
   
   Roman d'atmosphère, "Les Jours clairs" est un texte qu'il faut prendre le temps de savourer, de laisser infuser. Il distille un charme qui opère d'emblée. On découvre au détour d'une phrase, lâchée mine de rien, une information d'importance, évitant ainsi tout pathos. On devine la trahison, mais rien n'est jamais clairement mentionné. Les épreuves rapprocheront petit à petit les mères, mais sans rien de théâtral. Des attentions, des gestes minuscules mais qui ont une importance extrême pour ceux qui sont dans la peine, tout est délicat, poétique. Un roman marqué par la perte mais qui n'en reste pas moins d'une formidable luminosité.
   
   "Les jours clairs" fait partie de ces livres qu'on quitte à regret et pour mieux prolonger ma lecture, je me suis même mise à lire à mi-voix le dernier chapitre de ces 539 pages...
   
   Magnifiquement traduit de l'allemand par Olivier Mannoni
   
   Et zou, sur l'étagère des indispensables !
   
    PS: Le nageur, de la même autrice attend dans ma Pal.

critique par Cathulu




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