Lecture / Ecriture
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A l'orée du verger de Tracy Chevalier

Tracy Chevalier
  Récital des anges
  Prodigieuses Créatures
  La jeune fille à la perle
  La dame à la licorne
  La dernière fugitive
  A l'orée du verger
  L'innocence

Tracy Chevalier est une écrivaine américaine née en 1962 et vivant à Londres.

A l'orée du verger - Tracy Chevalier

Un peu longuet
Note :

   Titre original : At the edge of the orchard
   
    Voilà, voilà, mon premier Tracy Chevallier (si l'on oublie un abandon de "La dernière fugitive") mais finalement la rencontre s'est passée.
   
    Venant du Connecticut où la terre à cultiver est rare quand la famille est trop nombreuse, les Goodenough se sont installés dans un coin de l'Ohio, le Black Swamp, bien humide et marécageux comme son nom l'indique. Animaux, agriculture de subsistance, et surtout un verger de pommiers. Fièvre des marais récurrente. Éloignement de tout. C'est la petite maison dans la prairie, version sans trop de soleil et de happy end. Sadie, la mère, prend goût à l'eau de vie, James, le père, ne pense qu'à ses pommiers, et entre eux les enfants (enfin, ceux qui ont survécu aux fièvres) ne connaissent pas l'école et aident les parents.
    A la suite d'événements que l'on connaîtra plus tard, Robert, un des fils, part plein ouest, devenant entre autres chercheur d'or, et atterrit en Californie, faitla connaissance d'un botaniste anglais tâchant d'envoyer en Angleterre redwoods et séquoias, et devient son aide.
   
    Les personnages purement imaginaires (les Goodenough) sont mêlés à d'autres ayant existé et l'on en apprend beaucoup sur les arbres, simples pommiers ou géants de la côté ouest. C'est parfois un peu longuet quand même, même si conduit par le canal d'hommes passionnés. Les échanges de lettres entre Robert et sa sœur Martha ont réveillé un intérêt vacillant un peu (mais pourquoi Martha possède-telle tout de suite une orthographe impeccable, contrairement à son frère?) (voir traduction?) car il faut dire qu'avant cela, la tension réelle entre les époux Goodenough me gênait beaucoup, assez contreproductive dans un environnement hostile où l'on ne peut s'amuser à mettre en péril les instruments de la survie. D'autant que par ailleurs les conditions d'installation des pionniers dans ces dures régions étaient fort bien évoquées, de même que la vie dans cette Californie du milieu du 19ème siècle, plus loin dans le roman.
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critique par Keisha




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Vies botaniques
Note :

   1838, Etats-unis. La famille Goodenough s’installe dans l’Ohio après voir quitté le Connecticut. Back Swamp leur offre des terres marécageuses difficilement cultivables. Le père James a emporté avec lui des graines de pommes originaires d’Angleterre. Il décide de les planter pour obtenir ces fruits à la saveur sucrée et ensuite de les greffer sur d'autres pommiers. Sadie son épouse ne jure que par les pomme acides celles qui permettent d’obtenir de l’eau-de-vie. Depuis que la fièvre a emporté cinq de leurs enfants, elle boit de plus en plus. Une femme dure, sans cœur même avec ses enfants toujours en vie. Robert le cadet aide son père et comme lui a l’amour des arbres.
   
   Une tragédie oblige Robert à partir. Il décide de tenter sa chance vers l’Ouest et après avoir occupé différents métiers, il rencontre un botaniste anglais en Californie. Ce dernier prélève des graines de séquoias géants et des jeunes plants destinés aux jardins anglais d’hommes fortunés. Robert travaille désormais pour le botaniste. Nous sommes alors 1956 et n’ayant jamais reçu de réponse à ses lettres, il pense que toute sa famille est décédée. Mais Martha toujours vivante a traversé l’Amérique et le retrouve.
   
   Tant j’avais vibré d’émotions à la lecture d'"Une jeune fille à la perle" et de "Prodigieuses créatures", tant je suis restée assez indifférente à ce roman. Après un début assez lent, mon intérêt s’est réveillé avec Robert. Mais malheureusement je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages. Les émotions ont été absentes et peu à peu, je me suis détachée de l’histoire. Un autre point : la présentation de l’éditeur laisse penser que nous allons découvrir le trajet de Martha pour rejoindre Robert. Ce qui n’est pas le cas car elle le relate à son frère de façon assez brève.
   
   En conclusion, je suis complètement passée à côté de ce roman incluant des faits historiques réels (et pourtant j'aurais voulu aimer ce livre).
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critique par Clara et les mots




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Le courage des pionniers
Note :

    "Je vais vous raconter ce que j'ai fait, poursuivait Sadie, s'adressant au groupe de femmes. Il nous restait simplement quelques pommes de table, et je les ai toutes mises dans une tarte !"
   

   Au début du XIX ème siècle, aux Etats-Unis, les Goodenough se sont arrêtés sur cette terre boueuse de l'Ohio parce qu'il leur semblait impossible d'aller plus loin. Ils y ont construit leur maison, leur potager, ont été obligés de se battre contre les arbres, la fièvre des marais, ont perdu des enfants, planté des pommiers. Pour que leur installation soit entérinée dans les faits, leur verger doit compter au moins cinquante pieds. James met beaucoup d'énergie, et de doigté, dans la culture de ses pommiers. Sadie, elle, a sombré dans l'alcoolisme, ne se résignant pas à leur vie, à la perte de ses enfants, à ce qu'elle est devenue. Les aînés, Robert et Martha, portent un regard froid et résigné sur leurs parents. La famille a de temps en temps, la visite de John Chapman, qui leur vend des plants et circule en canoë. Le drame qui survient un jour était prévisible. Il séparera les frères et sœurs. Robert prendra la route de l'Ouest, et exercera beaucoup de métiers avant de lui aussi être pris par la passion des arbres...
   
   Ce roman a été dès ses premières pages une pause dépaysante parmi mes lectures précédentes. Cela vient de son ton, un peu désuet sans doute, de son écriture relativement classique, et puis aussi de son atmosphère particulière, à la fois rude et apaisante, qui raconte la vie difficile et le courage des pionniers. Au début du récit de Tracy Chevalier, il est beaucoup question de pommes et de pommiers, et de tout ce qu'il faut faire pour les greffer, les entretenir et les faire fructifier. La guerre entre les époux Goodenough est à la fois violente et fascinante. Puis, dans la seconde partie du texte, qui semble au départ constituer de manière assez désarçonnante un nouveau récit, il est surtout question de botanique, et de tout ce qui a existé réellement comme commerce de graines et de plants partant des Etats-Unis vers l'Angleterre. Nous suivons alors plus particulièrement un Robert taiseux et circonspect. Tout cela m'a rappelé des lectures adolescentes et romanesques très appréciées, et m'a passionnée, malgré le déséquilibre évident du texte et un parti pris narratif un peu déroutant (lettres insérées et ellipse de dix-huit ans en plein milieu du roman). Une lecture, de mon point de vue, captivante.

critique par Antigone




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