Lecture / Ecriture
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L'invitation chez les Stirl de Paul Gadenne

Paul Gadenne
  Baleine
  L'invitation chez les Stirl

Paul Gadenne est un écrivain français né en 1907 et mort en 1956 (tuberculose).

L'invitation chez les Stirl - Paul Gadenne

Auberge espagnole
Note :

    Paul Gadenne (1907-1956) ? Jamais entendu parler, et encore moins de ses romans, avant qu'on ne signale (rapidement) ce roman sur Facebook. Lors du salon de Chateauroux on a aussi échangé sur ce roman fascinant...
   
   Quelques années auparavant, le peintre parisien Olivier Lérins avait noué une amitié avec le couple Stirl (prononcer steurl) et il finit par répondre à leurs invitations pressantes de les rejoindre dans leur grande villa des Pyrénées. D'emblée, le séjour s'annonce mal, personne pour l’accueillir à la gare ni à la grille. Ethel Stirl est une petit femme ne tenant jamais en place (Olivier peine à la suivre), bavardant sans cesse (et ne répondant pas aux questions ou remarques), trouvant bien pratique de détourner la conversation pour parler à ses chiens. Le mari, architecte, est plutôt malade, tranquille dans son coin. En dépit de demandes (même biaisées) rien à faire pour qu'Olivier aille dans la voiture des Stirl visiter un de ses amis à une quinzaine de kilomètres de là. Il était venu peindre, impossible de s'y mettre.
   
    "Depuis qu'il était dans cette maison, ses nerfs vibraient", "il ne comprenait pas très bien à quel rythme obéissait la vie des Stirl"
, bref, il est englué dans l'inaction. Ses échanges avec Mme Stirl tournent toujours à l'affrontement, sans qu'il comprenne la raison, il passe des heures nocturnes à explorer l'immense maison encombrée de meubles. "Cette maison en forme de labyrinthe, craquant de tous ses bois sous le vent, sous la chaleur... Un labyrinthe, avec, au centre, les yeux cruels, fascinants de Mme Stirl, la surhumaine et indifférente beauté de ce visage, pareil à ceux de ces fleurs éclatantes, métalliques et vénéneuses où le bourdon s'engloutit stupidement et périt lentement dans les parfums."
    La chaleur trop pesante, les orages violents, le jardin luxuriant... Malaise, malaise... De plus il ressent une douleur dans le côte, tousse beaucoup la nuit...
   
    En note d'introduction, Paul Gadenne annonce "l'ambition que j'ai eue, et que je dévoile sans me faire prier, de composer un ouvrage où ce qui compte est tout ce qui n'est pas dit."
   

    Le roman est court, écrit avec une élégance sans faille, l'ambiance s'alourdit, mais chaque fois qu'Olivier, le narrateur se lance dans une tentative d'explication peu rationnelle, justement sa raison reprend le dessus, il se gourmande et espère. Ses tentatives pour sortir, vouées à l'échec, sont finalement narrées avec ironie, ses regards sur Mme Stirl -et ses chiens- ne manquent pas d'humour; mais comment cela finira-t-il? Comment expliquer les événements? Eh bien, à chacun de découvrir ce qui se cache dans ce roman ambigu. Chacun y verra ce qu'il veut. J'ai trouvé des avis sur internet, fort différents. Fantastique? Ambiance à la Henry James*? Attirance entre Olivier et Ethel?
   
    "Quelle peut être la valeur d'un livre, en dehors de celui qui le lit, et qui ensuite le porte en lui, un temps plus ou moins long, un peu comme l'auteur l'a porté?..."
   

   * J'ai trouvé qu'en effet on peut penser au Tour d'écrou comme ambiance assez malsaine et les questions sans réponses...

critique par Keisha




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