Lecture / Ecriture
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J comme: Juliette Les fantômes reviennent au printemps de Camille Jourdy

Camille Jourdy
  J comme: Rosalie Blum
  J comme: Juliette Les fantômes reviennent au printemps

J comme: Juliette Les fantômes reviennent au printemps - Camille Jourdy

Juste la vie
Note :

   "On a un peu l'impression d'être tombé dans une autre dimension.
   -Hum...
   -Moi j'appelle ça la dimension tragique.
   -Oui, c'est tout à fait ça."
   

    Juliette, entre angoisses et hypocondrie non assumées, flirte gentiment avec la dépression. Elle revient dans la ville de province où elle a grandi à la recherche de souvenirs enfouis. Tout a changé, ses parents se sont séparés, la grand-mère perd la tête- mais lâche néanmoins une information concernant un vrai fantôme. Quant à sa sœur aînée, sans doute lasse d'être étiquetée la plus forte, et de porter à bout de bras un mari -dont la nouvelle lubie est de fabriquer des flans- deux enfants et le reste de la famille, tout en faisant des ménages et en ménageant les susceptibilités de chacun, elle a pris un amant qui se déguise, entre autres, en fantôme. Mais elle n'attend rien de cette relation, qu'elle entend bien rester dépourvue de tout sentiment.
   
   On ne s'est jamais beaucoup parlé dans cette famille où les rôles étaient figés, mais en ce printemps tout va bouger, au moins un peu.
   
   Camille Jourdy prend son temps pour installer ses personnages en apparence "ben ordinaires" mais tous gentiment décalés. Leurs vies banales gagnent en couleurs grâce aux vignettes qui sont autant de petits tableaux pleins de fraîcheur et de vie. Les scènes de nudité adultères dans la serre évoquent des tableaux de Botero et prennent des allures de paradis avant la faute, ce qui est un sacré décalage !
   
   L'autrice et dessinatrice est pleine d'empathie pour ses personnages, y compris les figurants qu'elle croque avec autant de tendresse que ses personnages principaux. Ainsi les habitués du café, dont deux charmantes vieilles dames à chiens, nous donnent-ils envie d'aller avec eux faire une partie de fléchettes.
   
   Il ne se passe pas grand chose en apparence, juste la vie, dépeinte avec justesse. On aimerait juste que la vie ait les couleurs de l'univers de Camille Jourdy.

critique par Cathulu




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