Lecture / Ecriture
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Les bons sauvages de Jacqueline Harpman

Jacqueline Harpman
  Moi qui n'ai pas connu les hommes
  Orlanda
  Le passage des éphémères
  L'apparition des esprits
  Les bons sauvages

Jacqueline Harpman est une écrivaine de langue française et une psychanalyste belge, née en 1929 et morte en 2012.

Les bons sauvages - Jacqueline Harpman

Années 60
Note :

    Les bonnes pioches se suivent. Je découvre des auteurs, avec une grande envie d'y revenir plus tard, dans l'année, c'est dire!
   
    Jacqueline Harpman (1929-2012) est dite 'écrivain de langue française et psychanalyste belge' (sic) par Wikipedia et possède une œuvre abondante.
   
   Années 60, province française. Saucerre est une petite ville de vingt mille habitants, classique, avec ses couches sociales se mêlant peu. Clotilde Santivas s'ennuie. Elle veut que chaque matin elle puisse se lever avec envie de vivre la nouvelle journée, et à Saucerre elle sent que ce ne sera guère possible. Elle file à Paris, se débrouille, refuse les liens du mariage, refuse l'ennui.
   
    Volontairement j'en dis peu car ce roman clairement d'apprentissage ne vaut pas que pour les aventures de son héroïne. Assez vite le terme 'picaresque' m'est venu à l'esprit, Clotilde passant sans encombres d'un chapitre de sa vie à un autre, à chaque fois l'occasion pour elle de faire le point, de réfléchir. Réflexion dont l'auteur ne cache rien, intervenant parfois dans le cours de la narration. "Je considère... etc. Ceci dit, je descends de chaire pour reprendre le cours de ce roman de mœurs." "Llamar s'explique longuement dans le langage cérémonieux qui était le sien mais qui n'est pas le mien (...) Le langage du secrétaire me gagne."
   
    Comme j'ai déjà lu Gil Blas de Santillane et deux fois « La vie de Marianne », ce genre là me plait bien, surtout que l'écriture de Jacqueline Harpman est à la hauteur et ne néglige pas les subjonctifs. Une élégance qui se marie bien avec ces années 60 assez guindées. Mais Clotilde se livre à de jolies réflexions féministes bien dans l'air du temps.
   
    Si je dis que j'ai aussi pensé à Stendhal, on comprendra le plaisir pris à cette lecture. C'est vif, spirituel, de bout en bout. Mais il faut savoir, ô lectrice, que tu ne vibreras pas toujours avec l'héroïne. Ton intérêt ne faiblira pas, mais le risque du genre est de laisser un peu au bord. Cependant tu auras eu de bien belles pistes de réflexion.
   
    Ah oui aussi, c'est souvent drôle...
    "Elle ne s’intéressait pas assez aux gens qu’elle n'aimait pas pour se donner la peine d'en dire du mal."
    "En feignant de soigner ma femme, vous m'évitez une dépression nerveuse, c'est une acte médical par relais."

critique par Keisha




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