Lecture / Ecriture
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Beau parleur de Jesse Kellerman

Jesse Kellerman
  Les visages
  Beau parleur

Beau parleur - Jesse Kellerman

Un polar façon Auster
Note :

    Titre original: The Executor
   
    Jamais je n'aurais eu l'idée d'acheter ce livre : les lettres dorées en relief de la couverture, l'accroche racoleuse extraite du Daily Mail ("Une menace latente à chaque page, comme dans les meilleurs Hitchcock"), tout cela sentait le polar insipide fabriqué en série dont le seul atout, pour une fois, semblait être le titre français moins mauvais que l'original. Il s'agit donc d'un livre prêté, ce qui n'ôtait rien à mes réticences : on me prête et on m'envoie beaucoup de livres, je ne peux les lire tous et celui-ci ne figurait pas dans mes priorités. Seulement, au moment de partir en vacances, j'ai eu la faiblesse de parcourir les premières pages et je n'ai pu m'en détacher. Il faut de suite oublier la grossière référence à Hitchcock : il n'y a pas de suspense dans ce récit, qui, d'ailleurs, ne devient policier qu'au bout de deux cent cinquante pages. En fait, si référence il doit y avoir, c'est plutôt du côté de Paul Auster qu'il faut aller chercher pour la fluidité du récit et la psychologie fouillée du personnage narrateur. Nous ne sommes pas à New York, mais à Boston, dans un milieu universitaire. Un thésard en détresse est embauché par une vieille dame pour lui tenir des conversations philosophiques. L'homme finit par s'installer chez sa bienfaitrice et commence à jouir d'une vie aisée qui, bien entendu, va devoir s'interrompre.
   
   Roman philosophique, roman de campus, roman policier, Jesse Kellermann mêle les genres avec une grande maîtrise et son "Beau parleur" donne envie d'aller voir si ses deux romans précédents étaient de même valeur.

critique par P.Didion




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