Lecture / Ecriture
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Ça peut pas rater de Gilles Legardinier

Gilles Legardinier
  Demain, j'arrête !
  Complètement cramé !
  L'exil des Anges
  Ça peut pas rater
  Le premier miracle

Gilles Legardinier est un auteur et scénariste français né en 1965.

Ça peut pas rater - Gilles Legardinier

Rire garanti
Note :

   Un magnifique roman aussi bien sérieux qu’humoristique. Gilles Legardinier possède une superbe façon d’intégrer des anecdotes dans le quotidien de ses personnages. Préparez-vous à être surpris(e) en éclatant d’un fou rire spontané à n’importe quel moment de votre lecture. (N’évitez pas les endroits publics lors de votre lecture cependant – n’ayez pas peur de vivre une anecdote à raconter à vos proches!).
   
   Le nombre de pages contenues dans le livre a beau se chiffrer au dessus des 400, la découverte et le survol de ces dernières qui nous ont emportés avec elles nous pousse à en vouloir encore. C’est un roman qui se lit vite et facilement, sans prise de tête, sans angoisses… Un véritable cadeau pour un total lâcher-prise lors d’une petite pause quotidienne que l’on devrait tous avoir le temps de s’accorder!
   
   Le fait que l’auteur traite de beaucoup de sujets différents de tous les jours (la vie en communauté dans un bâtiment à appartements, le travail au sein d’une grande entreprise, la relation hommes – animaux, les relations humaines, surtout, l’incontournable, l’amour) se révèle être incroyablement accrocheur. À peine arrivés à la fin d’un chapitre, qu’une phrase accroche notre attention sur le déroulement futur de l’histoire, et nous voilà repartis pour un tour à dévorer les lignes imprimées luttant coûte que coûte contre le sommeil. Tant nous passons un agréable moment que l’on ne voudrait interrompre. Encore une page, encore un chapitre,… Encore !
   
   Gilles Legardier fut une magnifique découverte pour ma part et un véritable coup de cœur. Je me promets, à ce jour, d’acquérir assez de ses manuscrits, pour me faire rire et passer de bons moments encore pendant de longues heures!
   
   
   Extrait :
   "– J’en ai ras le bol des mecs. J’en ai plus qu’assez de vos sales coups! C’est votre tour de souffrir!
   Et là, trempée, titubante, je prends une décision sur laquelle je jure de ne jamais revenir : je ne vais plus rien leur passer. On remet les compteurs à zéro. Je vais me venger de tout. Puisque aucun bonheur ne descendra d’un ciel illusoire, je suis prête à aller chercher le peu qui me revient jusqu’au fond des enfers.
   La gentille Marie est morte. C’est la méchante Marie qui est aux commandes. Désormais, je renvoie les ascenseurs. Les chiens de ma chienne sont nés et il y en aura pour tout le monde. La vengeance est un plat qui se mange froid et je suis surgelée. La rage m’étouffe, la haine me consume."

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critique par Tatiana F.




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World Company
Note :

   C’est mon troisième Legardinier.
   Emporté par une plume légère et des sentiments profonds qui m’avaient tant plu dans mes précédentes lectures, je me régale d’avance.
   
   Déception.
   Ça commence poussivement. Une jeune femme se fait jeter par son compagnon et son entreprise est en pleine restructuration. Ça sent les larmes à chaque coin de page et ce sentiment d’abandon mélancolique si cher à une certaine littérature franchouillarde. Gillou ne nous avait pas habitué à ça. Et ça dure. Passé la centaine de pages, on se dit que c’est fichu, que l’auteur est passé à côté de son sujet, qu’on n’en sortira pas et qu’il faut se résigner à broyer du noir pendant tout le reste des chapitres qui vont, forcément, s’allonger comme les interminables minutes dans la salle d‘attente du dentiste. C’est Bridget Jones dans toute sa splendeur : une midinette trentenaire qui cherche le prince charmant à chaque coin de rue. Triste constat de la naïveté des femmes et, accessoirement, de l’irresponsabilité des hommes.
   
   Déprimant.
   
   Et puis, le naturel revenant au galop comme un troupeau d’Alezans bien entrainés, voilà que les personnages secondaires se mettent à exister. L’univers d’Amélie Poulain n’est pas loin. Non, tout n’est pas si noir ni sans espoir dans ce monde de brutes. Les insipides collègues de bureau se révèlent des femmes passionnantes, attachantes et solidaires; les trois gaillards du service qualité, des gentlemen toujours prêts à rendre service, y compris un déménagement; le concierge acariâtre a l’élégance du hérisson, psychologue et philosophe à la fois; même le bras droit de l’immonde patron n’a pas si mauvais fond.
   
   Sur ce qui, au départ, s’annonçait comme une banale histoire de (non) amour se transforme en un réquisitoire contre cet inhumain monde du travail qui a envahi les entreprises depuis que les patrons sont aux ordres des actionnaires. Au fil des pages on récolte quelques belles vérités sur comment bien vivre, exemple : "Rien ne vaudra jamais ce que l’on cueille soi même". Et puis on apprend même de nouveaux mots. Ainsi Globicher, à rajouter dans l’étonnant "Abracadabrantesque", un dictionnaire de mots inventés par les plus grandes plumes et compilés par Maurice Rheims, de l’Académie s’il vous plait, aux éditions Larousse (obligé!). Je vous laisse le soin de découvrir par vous-même ce que cache ce verbe qu’on devrait utiliser plus souvent.
   
   Bref, le roman est à l’image du message que nous fait passer Legardinier : ne pas s’arrêter aux apparences et donner leur chance aux gens, aux situations. Pour ça, il faut du temps. Ici, environ 150 pages.

critique par Walter Hartright




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