Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Les Pigeons de Alexandre Postel

Alexandre Postel
  Un homme effacé
  L'ascendant
  Les Pigeons

Alexandre Postel est un professeur de Lettres et écrivain français, né en 1982.

Les Pigeons - Alexandre Postel

Les choses
Note :

   Avec un exergue de La Fontaine, et ses fameux pigeons :
   "Amants, heureux amants, voulez-vous voyager ?
   Que ce soit aux rives prochaines ;
   Soyez-vous l’un à l’autre un monde toujours beau.
   Toujours divers toujours nouveau ;
   Tenez-vous lieu de tout, comptez pour rien le reste."
   

   Un jeune couple sur une décennie (de 2005 à 2015) et d’environ 25 à 35 ans. Cela ressemble à une reprise de "Les Choses" de Pérec, adapté à une autre époque. D’ailleurs lorsque Théodore et Dorothée (des noms anagrammatiques) pendent leur crémaillère, on leur offre le roman de Pérec.
   
   Qu’ils ne liront pas. Mais ils liront Houellebecq et même Sartre et Camus, et ce sera assez drôle...
   
   Le contexte sociopolitique est différent, les biens de consommation désirés ne sont pas les mêmes, mais on retrouve la thématique des Choses, avec moins d’ambition, et une certaine frilosité ; et le couple retombe toujours sur ses pieds, recherchant une nouvelle façon de se ressourcer. C’est bien tourné, assez humoristique, satirique aussi (les personnages de Gisswein, l’énarque ultra-libéral, et de Manu le social-démocrate, sont chargés comme il faut! ).
   
   Il ne s’agit pas seulement de peindre une époque, et des façons de vivre, mais de montrer comment un couple peut durer dix ans (comme le dit l’exergue, ne comptant que l’un sur l’autre) sans enfant, sans réussite particulière, sans changement de situation ni de logement, sans ascension sociale… on les appellerait des "losers relatifs"- mais ils sont gagnants puisque toujours ensemble, et surmontant vite les turbulences et passages à vide, pour se lancer dans d’autres mini-aventures ; des périodes se succèdent : on se passionne pour le végétalisme, la décoration d’appartement, diverses formes de sexualité (ne sortant jamais de l’ordinaire), l’écriture de livres (jamais achevés) , les séries télé, diverses sortes d’engagements sociaux (vite renoncés) ; le tango, la littérature de fiction, et celle d'idées...
   
   Ce couple banal et sans histoire, nous amuse et nous ennuie aussi un peu. Si au début, on pense au couple des Choses, la suite ressemble davantage à Bouvard et Pécuchet (en moins drôle). Le roman vaut pour sa construction, son esprit satirique, les questions qu'il pose, et les réponses qu'il ne donne pas; par exemple, un couple ne peut-il tenir qu'en parfaite symbiose comme ces pigeons? Et de qui ou de quoi sont-ils exactement la dupe?
    ↓

critique par Jehanne




* * *



240 pages agréables
Note :

   Théodore et Dorothée forment un couple parisien. Lui titulaire d’un diplôme en informatique est webmaster à mi-temps et elle est professeur d'histoire-géographie et poursuit sa thèse. On les suit sur dix années : de leur aménagement aux questionnements qu’ils vont traverser Quel matelas acheter, se marier ou pas, avoir ou non des enfants, quelle alimentation adopter : autant de préoccupations en phase avec celle d’un couple. Entourés de quelques amis qui suivent des chemins différents, ils tergiversent, hésitent, se rangent d’un coté puis finalement reviennent à leur anciennes habitudes. Piqués par l’envie de gagner plus et donc de vivre mieux, ou celle louable de protéger la planète, comme celui de donner du sens à leurs vies, Théodore et Dorothée tentent de répondre face à ce que la société véhicule et impose.
   
   J’ai pensé à un documentaire avec une certaine distance en lisant cette chronique d’un couple assez ordinaire teintée d’humour ironique et de tendresse. Peut-être parce que j’ai eu du mal à m’imaginer réellement Théodore et Dorothée comme s'il leur manquait quelque chose. Mais il s’agit d’une lecture agréable.
   
   "Et puis tout de même, dans l'analyse, l'anticipation, la provocation, Houellebecq , quelle intelligence!
   "C'est justement ce que je lui reproche. Je trouve ça surfait, moi, l'intelligence."
   Elle rêvait d'un livre sensible, viscéral, et qui la prenne aux tripes.
   Théodore continuait : " Tu sais, il a de l'humour, Houellebecq."
   Il avait ri à gorge déployée pendant sa lecture de La Carte et le territoire. Dorothée demanda combien de fois.
   "Je ne sais pas, quatre, cinq fois."
   Pour un livre de quatre cent pages, c'est peu."

critique par Clara et les mots




* * *