Lecture / Ecriture
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Le crime du comte Neville de Amélie Nothomb

Amélie Nothomb
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Amélie Nothomb est le nom de plume de Fabienne-Claire Nothomb, écrivaine belge francophone née en 1966 à Bruxelles. Fille d'ambassadeur, elle a passé son enfance en Asie et aux Etats Unis.
Auteur prolifique, elle a écrit de nombreux romans (traditionnellement un par an).

* Interview dans la rubrique "Rencontres"

Le crime du comte Neville - Amélie Nothomb

Les réceptions du Comte Neville
Note :

   Lorsqu’on ouvre un nouveau roman d’Amélie c’est un peu comme quand, invité à un cocktail, une soirée ou une garden-party, on pioche au hasard dans un plat de petits fours. La livraison annuelle Nothombienne ressemble à ces mignardises, ces pépites, ces en-cas. Pour citer Forrest Gump, dans une boite de chocolats, on ne sait jamais sur lequel on va tomber. Il y a de bonnes et de mauvaises surprises. Comme la vie.
   
   Justement, il est question de réception huppée où l’aptitude à recevoir est élevée en art absolu. L’auteure s’attaque cette fois-ci au monde de l’aristocratie belge qui, grandeur et décadence, ne peut que se raccrocher aux apparences et à une dignité d’un autre siècle. Ainsi, la famille Neville affamait ses enfants afin de continuer d’épater la haute société par des réceptions de gala dignes de l’Ambassadeur.
   
   Les amateurs des excentricités Nothombales ne seront pas déçus. La dame au chapeau n’a pas son pareil pour dénicher des noms ahurissants, des prénoms oubliés et des patronymes pour le moins baroques. Une fois encore, elle revisite la tragédie grecque dans tout ce qu’elle possède de loufoque et de grandiloquent. Dans un roman Nothombier, les personnages sont ou très laids, à la limite du vomissement et de l’impudeur ou d’une exceptionnelle beauté, à la limite de l’indécence et du mépris. Ici, nous avons droit aux époustouflantes splendeurs d’un frère et d’une sœur mais dont les caractères restent inemployés. On aurait aimé en savoir davantage. Peut-être n’ont-ils point leur place dans ce face à face père-fille. Il aurait donc fallu se limiter à un duo, un duel, débarrassé de tout environnement extérieur. Une introspection filiale poussée à ses ultimes limites. Mademoiselle Nothomb sait le faire.
   
   Bien sûr il y a la prose subtile et délicieuse comme une coupe de champagne (Amélie réalise l’exploit de n’en point mentionner l’existence dans un roman sur les réceptions distinguées, exploit d’autant plus remarquable lorsqu’on connait la véritable passion qu’elle voue à ce noble breuvage). Mais ça ne suffit pas. On reste sur notre faim. Et je ne vous parlerai pas du rideau final qui s’abat comme une pirouette insensée.

critique par Walter Hartright




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Venise s’enfonce !
Note :

   "Ce qui est monstrueux n’est pas nécessairement indigne."
   

   Fabienne Claire NOTHOMB naît à Etterbeek, une commune de Bruxelles, le 9 juillet 1966, au sein d’une famille noble belge, dont les centres d’intérêts sont la politique et la littérature.
   
   Son père est le baron Patrick Nothomb, diplomate belge. Peu après la naissance de Fabienne, il sert entre 1968 et 1972 comme consul général à Ōsaka au Japon avant d’être en poste à Pékin, New York, au Bangladesh et en Birmanie. En 1980, il rejoint la Belgique comme directeur d’Asie au ministère des Affaires étrangères avant de reprendre entre 1985 et 2001 une activité d’ambassadeur, notamment au Japon de 1988 à 1997. Le Japon est un pays qui attirera Fabienne dans son métier d’écrivain.
   Selon l’écrivain Liliane Schraûwen, Fabienne étudie en Belgique, à l’Institut des Fidèles Compagnes de Jésus, à Uccle, commune du sud de Bruxelles.
   
   Après une première année universitaire en droit, elle obtient une licence en philologie romane à l’Université libre de Bruxelles, et envisage un moment la carrière d’enseignant, passant l’agrégation.
   
   En 1992, elle commence sa carrière d’écrivain et choisit comme nom de plume Amélie Nothomb. Elle publie dès lors de façon régulière un livre chaque année aux éditions Albin Michel. Un journaliste dit ainsi en 2003 : "Tous les ans, à la rentrée, il y a deux événements majeurs : les vendanges et la sortie du NOTHOMB. Cette année, le raisin est en avance, mais l’Amélie est à l’heure". Ses écrits sont traduits dans trente-sept langues à travers le monde. Elle se présente comme "enceinte de ses romans", déclarant écrire depuis l’âge de 17 ans.
   
   Amélie NOTHOMB suscite la polémique auprès de certains écrivains moins cotés du fait de son succès en librairie. Certains décrivent son travail acharné et son excentricité comme des arguments de vente avant toute chose : "C’est que mademoiselle Nothomb n’a pas que des admirateurs, mais aussi quelques détracteurs qui lui reprochent ceci et cela, et notamment sa célébrité. (…) Elle est devenue, par les hasards des interviews, un mythe". Mais l’auteur se défend : "Je suis ce que je peux être. Je ne maîtrise pas ce que je suis et encore moins les regards que les autres posent sur moi".
   
   Des accusations selon lesquelles son éditeur souhaiterait contrôler des éléments de sa biographie font également surface, une controverse naissant selon laquelle l’auteur ne serait pas née comme elle l’a toujours indiqué au Japon mais à Etterbeek, une commune de Bruxelles.
   En 2004, Amélie NOTHOMB déclare écrire près de quatre romans par an pour n’en publier qu’un seul et souhaite user de son droit moral de divulgation pour que ne soient pas publiés les autres manuscrits.
   
   En 2011, un géant du Nord est conçu à son effigie, rejoignant ainsi les rares Géants à représenter une personnalité vivante.
   
   En 2012, elle retourne pour la première fois au Japon depuis le séisme, le tsunami et l’accident nucléaire de Fukushima, en disant : "le Japon m’a plusieurs fois sauvée et j’ai à nouveau besoin d’être sauvée par le Japon, qui a ce pouvoir guérisseur". À cette occasion, un reportage sur elle sera tourné par France 5. Le tournage de ce documentaire est d’ailleurs le sujet de son roman La Nostalgie heureuse. Le 22 août est publié son vingt et unième roman, Barbe bleue.
   Amélie Nothomb interprète le personnage de Diane de Brassempouy, une aristo-sapiens snob et raciste, dans les trois saisons de la série d’animation Silex and the City, adaptée de la bande dessinée homonyme.
   
   Elle préside la 34e édition du Livre sur la place, premier salon littéraire de la rentrée, qui s’est tenu les 14, 15 et 16 septembre 2012 à Nancy.
   
   Elle est devenue présidente d’honneur du CRAC Europe, Comité radicalement anticorrida, le 3 octobre 2013.
   
   "Ce n’est pas en lisant qu’on change. Il faut vivre."

   
   Des frissons me parcoururent le corps dès la fermeture du livre, pour de diverses raisons : l’étonnement à propos de la chute à la fin du roman, l’enchantement d’avoir pris, comme à chaque fois, autant de plaisir à dévorer un Amélie NOTHOMB, mais surtout la dure prise de conscience qu’il fallait à présent attendre un an pour pouvoir lire un nouvel ouvrage rédigé par cette dernière.
   
   Si on m’avait demandé de définir ce livre avec un seul adjectif, nul doute que j’aurais dit "profond". Profond, car malgré le fait qu’il se lit d’une traite, Amélie, avec son style d’écriture exceptionnel, arrive à nous faire "entrer dans la tête des personnages", à percevoir leurs personnalités. À un tel point, que je me demandais parfois s’il n’y avait pas dans ce livre, énormément de lien avec la vie d’Amélie NOTHOMB elle-même. Ce livre nous fait également découvrir un autre monde ; celui de la noblesse. Il nous plonge au cœur d’une famille noble, vivant dans un château, dans leur vie privée, où l’on découvre le vrai fonctionnement de cet "autre monde".
   
   Je pense aussi que beaucoup d’adolescents de notre époque peuvent s’identifier à Sérieuse, la fille du comte Neville. "Taciturne, fermée, mal dans sa peau". Ce que vivent beaucoup d’adolescents dans notre société actuelle. Et ce qui est magique, c’est qu’avec la chute de ce livre, tous ces adolescents auront la chance de découvrir que tout cela peut changer à tout instant. Je ne rentrerai pas dans les détails afin de laisser le suspens et le plaisir de la découverte aux lecteurs.
   
   J’ai adoré les quelques passages où Amélie revenait sur le passé des membres de la famille, ce qui nous plongeait dans leur histoire personnelle, et l’on arrivait à saisir le pourquoi du comportement de chacun d’eux.
   
   Je tenais à féliciter Amélie NOTHOMB pour son unique sens de l’humour dans l’écriture de ce roman, et pour son personnage "Alexandra", la femme du comte Neville, à qui elle a donné une personnalité extraordinaire. Une joie de vivre hors normes. En effet, si quelqu’un parle de quelque problème dans le monde que ce soit, Alexandra répond aussitôt, et avec le sourire: "Venise s’enfonce!", ce qui est un fait, mais nous ne pouvons rien y changer pour autant. Alexandra aime la vie, et ne veut pas la passer à se morfondre sur les problèmes.
   
   J’ai également adoré l’humour d’Amélie lorsqu’elle utilise le mot "ressentis". Lors de la rencontre avec la voyante, cette dernière avait fait la remarque au comte Neville de ne pas assez s’intéresser aux "ressentis" de sa fille Sérieuse. Et lorsque le comte Neville apprit que la voyante avait osé téléphoner à sa femme pour la prévenir concernant la fugue de sa fille, celui-ci écrivit une lettre à la voyante, dont la dernière phrase est: "Croyez en mes ressentis agacés."
   
   Ayant vécu depuis mes 8 ans dans la province du Luxembourg, à Arlon plus précisément, cela m’a touchée de pouvoir m’identifier aux lieux où se déroulait l’histoire et aux lieux cités tels qu’ "Arlon" et "Meix-le-Tige", où j’ai fait mes primaires.
   
   Enfin, Amélie a su, comme toujours, me faire voyager le temps d’une heure de lecture, comme aucun autre auteur à ce jour n’a réussi à le faire, de part son style d’écriture qui va toujours à l’essentiel, ne se préoccupant pas durant une ou deux pages à parler du paysage et du beau temps. Un véritable régal, de la première à la dernière ligne!
   
   "Le crime du comte Neville", un livre à découvrir absolument, à tout âge, et au plus vite!

critique par Tatiana F.




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