Lecture / Ecriture
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Sa Majesté Maman de Anne B. Ragde

Anne B. Ragde
  La terre des mensonges
  La Ferme des Neshov
  L'héritage impossible
  Zona frigida
  Je ferai de toi un homme heureux
  Sa Majesté Maman

Anne Birkefeldt Ragde est une écrivaine norvégienne née en 1957.

Sa Majesté Maman - Anne B. Ragde

Et l'amour, surtout l'amour
Note :

   "Elle était très cultivée et avait un appétit vorace pour tout ce qui se passait ; elle lisait tout les jours trois journaux, surfait sur le Net, était active sur Facebook, cherchait tout sur Google dès qu'elle avait le moindre doute. Je l'utilisais souvent comme assistante pour mes recherches, car elle n'abandonnait jamais avant d'avoir trouvé ce qu'il me fallait. Elle était poussée par la curiosité, avec une soif de connaissance inextinguible"
   

   Dans ce magnifique récit, oui magnifique, Anne B. Radge nous raconte sa maman, celle de sa jeunesse, celle avec qui elle se confrontait à l'âge adulte et la maman qui suite à la maladie termina sa vie dans le système sans humanité des soins en Norvège.
   
   Elle n'était pas Norvégienne mais immigrée de Suède comme elle le répétait. Non aimée par sa mère qu'elle appelait la Sorcière, elle fut ce qu'on appelle une enfant battue. Est-ce suite à ce manque d'amour qu'elle ne prodigua pas de câlins à la petite Anne ? ou trouvait-telle cela inutile. ?
   
   Le père d'Anne ainsi que de sa sœur, est parti vivre avec une autre femme quand elle était petite. Sans explications en signifiant que sa femme le chassait de chez lui. Dès lors, la mère d'Anne a dû élever ses filles toute seule. Les jours ne sont pas toujours faciles jusqu'à ce qu'elle déniche une place de machiniste dans une usine de sacs plastiques.
   
   Anne B Radge ne garde aucune rancœur de cette pauvreté. Elle même fut pauvre lors de son premier mariage.
   
   Même dans cette difficulté de la vie, la maman d'Anne considérait que l'essentiel était de préparer de merveilleux plats, Elle gardait même un bol de pâte à gaufres dans son frigo, au cas où. Que les gens se nourrissent quand ils venaient chez elle, c'était essentiel.
   
   Elle lisait, elle aimait l'art et surtout Chagall mais n'eut jamais l'occasion d'aller voir une de ses expositions.
   
   Elle apprit l'Arabe en échange de nourriture à un étudiant. Tout l'intéressait, tout.
   
   Une femme étonnante qui devait vous glacer parfois par ses paroles.
   
   Malheureusement, la maladie est arrivée lors d'un voyage à Vienne, voyage que sa fille pouvait enfin lui offrir. Et au retour en Norvège dans le système sociétal médical, Anne B Radge et sa sœur, ont été confrontées à cette inhumanité qui s'installe dans notre société.
   
   Peu avant de mourir, elle ne lisait plus. Elle avait assez emmagasiné, il était temps de parler.
   
   C'est Anne B Radge qui lui a permis de parler à travers ce récit.
   
   Récit qui oscille entre colère parfois et amour, surtout amour.

critique par Winnie




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