Lecture / Ecriture
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Marguerite et le colporteur aux yeux clairs de Leïla Sebbar

Leïla Sebbar
  Sept filles
  Fatima ou les Algériennes au square
  Marguerite et le colporteur aux yeux clairs

Leïla Sebbar est une écrivaine française née en Algérie (alors française) en 1941.

Marguerite et le colporteur aux yeux clairs - Leïla Sebbar

Union de l'ici et du là-bas
Note :

   Marguerite, jolie Française qui rêve en lisant des romans d'amour d'horizons orientaux et de sable chaud se coltine chaque été un mois à la ferme de son beau-père. Heureusement, les travailleurs saisonniers originaires d'Afrique du Nord vont lui apporter ce supplément d'âme que son mari de retour de la guerre d'Algérie ne cessera de lui refuser.
   
   "Marguerite et le colporteur aux yeux clairs" est un très joli texte sur l'adaptation d'un nouveau territoire, sur l'acceptation de l'Autre après avoir été un ennemi. Il y a mille façons d'aborder l'après-guerre et Leïla Sebbar a choisi le roman sans occulter les préjugés, les clichés véhiculés entre les deux clans qui se sont affrontés. D'un côté, le respect, l'envie de se côtoyer de près (voire de très très près), de l'autre la douleur des villageois-soldats meurtris dans leur chair, pleins d'espoir d'un conflit "sain" sans traumatisme - espoir vain puisque cette sale guerre (comme ses copines) anéantira les corps et les âmes-. Marguerite au milieu, comme vecteur de paix, comme lien externe sans ambiguïté sans contrepartie, sans jugement, sans idée préconçue.
   
   "Marguerite et le colporteur aux yeux clairs" raconte une femme aimée, puis négligée qui aura cette chance inouïe d'attirer la sympathie, toute empathique et généreuse fut-elle. Un juste retour des choses, au final.
   
   Leïla Sebbar narre nos campagnes loin de tout, en interprétant l'actualité au gré des piliers de comptoir. Comme toujours, des jets parfois grotesques, énervants et puis quelques saillies justes, profondément humaines sur l'accueil dû aux exilés et apatrides, fuyant les joutes militaires et récupérant d'autres verbales violentes à leur façon.
   
   Une écriture simple, très agréable qui me transporte ici et là-bas. Une belle découverte.

critique par Philisine Cave




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