Lecture / Ecriture
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Plutôt crever de Caryl Férey

Caryl Férey
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  Mapuche
  Famille Nucléaire
  Condor
  Les nuits de San Francisco
  Plutôt crever
  Comment devenir écrivain quand on vient de la grande plouquerie internationale
  Utu
  Pourvu que ça brûle
  Norilsk

Caryl Ferey est un écrivain français né à Caen en 1967.

Plutôt crever - Caryl Férey

Tro Breiz sanglant
Note :

   Un des premiers romans de Caryl Férey, datant de 2002.
   
    Il y a des retours de noces qui posent problème ! Des cadeaux aussi peuvent être empoisonnés et empoisonnants pour un bon moment !
    Le cadeau : un Smith & Wesson, problème : une balle dans le canon, puis dans le cœur d’un homme, en plus un voisin et cerise sur le gâteau, un député, marié et père de deux enfants ! Merci Alice pour le présent offert et le présent plutôt dénué d’avenir.
    L’homme qui a tiré se nomme Frédéric Le Cairan, lui et Alice Arbizu, jeune Basque sont donc en fuite, et un peu désemparés. Fred n’est pas un tueur, loin de là, ni un dangereux activiste, mais un type ordinaire, un peu loser, mais sans plus.
    La police bien évidemment se perd en conjoncture ! Crime politique ? Mouvement autonomiste breton ? Affaire de mœurs ?
   
    McCash est chargé de l’enquête. De plus le beau-père de Fred porte plainte contre lui au sujet de la garde de Mathilde, la fille de celui-ci, dont les grands-parents ont obtenu la garde. McCash commence par l’interrogatoire du voisinage ; étrangement le député Rougemont a été abattu ici-même. Une des habitantes de l’immeuble, Gwénaëlle Magadec, lui annonce que Fred a été à un mariage et qu’à première vue, il n’est pas rentré. Elle se souvient de bruits dans la nuit, un coup de feu et comme une porte de voiture qui claque.
   
    Bizarre ce qui semble être une disparition soudaine de la part de Fred ; aurait-il quelque chose à se reprocher ? McCash remonte la piste, mais il n’est pas le seul à vouloir retrouver Fred et Alice. Luis, un militant basque, est lui à la recherche d’Alice, Fred en soi ne l’intéresse pas, mais Alice oui. Il est servilement suivi par Martial, frère d’Alice.
   
    Tout ce beau monde va parcourir la Bretagne, pourchassant Fred et Alice… qui jouent leur vie entre ciel et mer…
   
   Le lieutenant McCash, policier d’origine irlandaise, borgne, aimant l’alcool et les femmes, la drogue aussi, le flic moderne de la littérature par excellence. Un flic atypique pour sa hiérarchie aux méthodes toutes personnelles !
    Alice et Fred sont en fuite, Fred a tué un homme, de plus un député. Leur situation n’est pas des plus brillantes.
    Luis et Martial, deux Basques, Luis, fou furieux sanguinaire, Martial suit par lâcheté ! Luis a une vengeance personnelle à assouvir vis-à-vis d’Alice.
   
    Roman noir classique, road-movie breton parsemé de cadavres. De Rennes aux îles morbihannaises, Groix, Houat et Hoëdic en passant par le Finistère, en route pour une balade pas trop tranquille ! Une lecture agréable.
   
    Quelques références littéraires, Crumley et Nietzsche, et les "Mémoires" de Lacenaire entre autres.
    Il est aussi fait mention de mouvements clandestins de l’époque, ARB pour la Bretagne, ETA pour le Pays Basque et l’IRA pour l’Irlande.
   
    Extraits :
   
   - Ça l’a fait sourire jusqu’à la boulangerie. Il n’y avait pourtant pas de quoi : je venais de tuer un homme. Or j’étais comme tout le monde, quelqu’un que l’idée de tuer terrifie. Ou plutôt terrifiait. Car ce matin, c’était pire…
   
   - Mc Cash était malheureux.
   
   - Sa jeunesse : l’Irlande occupée lui détruisait un œil avant de lui claquer la porte au nez, et lui se retrouvait à vingt-cinq ans en terre d’accueil, dans un pays qui venait de rater sa révolution.
   
   - Alice marchait, pensive, la tête inclinée vers les coquelicots qui pointaient dans les fossés. C’étaient nos fleurs préférées — elles meurent sitôt qu’on les arrache.
   
   - Marcher en buvant avait un petit côté "Kerouac agricole" et ça valait toujours mieux que de siffler en travaillant.
   
   - Il avait tâté du gauchisme dans sa jeunesse — à l’IRA, il y avait de tout. En dehors des obscurantismes religieux, certains établissaient des contacts avec divers groupuscules d’extrême gauche.
   
   - Cap de la Chèvre, les proportions des maisons laissaient supposer que le Breton descendait du hobbit.
   
   - Chez Ti Beudeff, la bière était bretonne et la blanche hermine à toutes les sauces. La cuite carabinée virait à la débâcle.
   
   - La diète l’avait rendu lucide. Aujourd’hui, le borgne se rendait compte qu’il avait tout fait de travers dans sa vie, ou à moitié : il était temps de changer.

critique par Eireann Yvon




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