Lecture / Ecriture
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La Femme sur l’escalier de Bernhard Schlink

Bernhard Schlink
  Le liseur
  La circoncision
  Le week-end
  Le retour
  Amours en fuite
  La Femme sur l’escalier
  Mensonges d’été
  Brouillard sur Mannheim

Bernhard Schlink est un écrivain allemand né en 1944 à Bielefeld (Allemagne).

La Femme sur l’escalier - Bernhard Schlink

Irène et le tableau
Note :

   Peter Gundlach homme d’affaire fortuné, et Karl Schmidt peintre jouissant d’une certaine notoriété, se sont disputé Irene, femme entre deux hommes, jouissant d’une fortune personnelle, dans les années 70. Ils se la disputaient à travers le tableau de Karl représentant Irene, "La femme sur l’escalier" inspiré du Nu sur l’escalier de Gerhard Richter.
   
   Il y avait un outsider, notre narrateur, jeune avocat amoureux d’Irene. Il l’a aidée à s’enfuir, avec son tableau, échappant à ses deux amants. Il croyait qu’Irene et lui s’apprêtaient à vivre le grand amour mais elle s’est évanouie dans la nature… la vie reprend le dessus et l’amoureux se marie, a des enfants, perd son épouse. Sans oublier le moins du monde.
   
   Quarante ans plus tard, séjournant en Australie, il revoit le tableau au musée des Beaux-Arts. Et se met à rechercher Irene. Pour la revoir ? Lui demander des comptes ? Il ne sait trop.
   
   Il va découvrir une Irene très différente de son souvenir, dans un cadre complètement différent, une petite île au large de la côte...
   
   Pour tout dire, cette fin que je ne dévoile pas, est trop romantique à mon goût. La première partie, plus ambiguë , laissait espérer autre chose. Le tableau dont s'est inspiré le romancier n'est pas mal. Dans la dernière partie, il continue à jouer un rôle: était-ce Irene qui avait de l'importance pour ces deux amants, ou le tableau?
   
   Le narrateur, lui, sera appelé à la connaître vraiment, et saura qu'elle n'a rien à voir avec l'art, ni avec la séduction...
    ↓

critique par Jehanne




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Luttes de pouvoir
Note :

   S’inspirant d’un tableau de Gerard Richter, Bernhard Schlink élabore un roman dans lequel le tableau d’une femme descendant un escalier devient un prétexte dans un jeu complexe et pervers entre trois hommes et une femme.
   
   Au centre, celle qui descend l’escalier, dans une attitude et un regard qui permet à chacun d’interpréter la toile à sa façon selon qu’il désire y voir la soumission d’une femme au pouvoir de l’homme ou le jeu d’une séduction assumée d’une femme tenant un homme sous son pouvoir.
   
   Quant au trio masculin, il est directement lié à cette créature énigmatique. S’y trouve le mari de la femme, un riche industriel allemand également commanditaire et propriétaire du tableau ; le peintre qui, outre le fait d’avoir réalisé l’œuvre, n’en a pas moins profité pour subtiliser l’épouse pour en faire sa compagne et sa maîtresse ; enfin, un jeune avocat, chargé d’élaborer un contrat aussi inhabituel qu’étrange pour régler les conflits de pouvoir, les rancunes et les coups bas entre les deux hommes qui se disputent celle qui descend l’escalier.
   
   Après avoir disparu dans des conditions rocambolesques, le tableau réapparaîtra de nombreuses années plus tard dans le musée d’art de Sidney en Australie, terre où celle qui a tenu en ses rets et à sa façon les trois hommes a choisi de s’établir pour y finir sa vie.
   
   Commence alors une ultime partie entre les quatre protagonistes, des décennies après les faits. Une partie pour reconnaître ses échecs, accepter ou pardonner, tenter de comprendre, redessiner à sa façon le passé, le présent ou le futur, gratter ce qui se dissimule sous la surface des apparences dans un huis clos que les conditions climatiques vont finir par transformer en une sorte d’enfer.
   
   En maître de la progression de la tension dramatique, Bernhard Schlink explore les infinis rouages de l’amour, de la perversité, de la manipulation, de la vieillesse et des luttes de pouvoir qu’il soit artistique, politique, financier ou simplement sentimental et psychologique.
   
   Du coup, c’est ce foisonnement qui fait aussi la limite d’un roman tentaculaire, dense, dont bien des circonstances, très improbables, finissent par affaiblir le propos. L’écriture étant en outre assez quelconque, on trouvera là plus un assez bon roman d’été qu’un roman coup de cœur et indispensable.

critique par Cetalir




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