Lecture / Ecriture
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Le chromosome de Calcutta de Amitav Ghosh

Amitav Ghosh
  Un océan de pavots
  Les Feux du Bengale
  Lignes d’ombre
  Le chromosome de Calcutta
  Compte à rebours
  Le Palais des miroirs
  Le Pays des marées
  Un fleuve de fumée
  Un infidèle en Egypte

AUTEUR DES MOIS DE DECEMBRE 2016 & JANVIER 2017

Amitav Ghosh est un écrivain indien né en 1956 à Calcutta, au Bengale.

Il a passé son enfance au Bangladesh, en Iran, en Inde et au Sri Lanka.

Il a obtenu une maîtrise d'histoire à l'université de Delhi, suivie d'un doctorat en anthropologie à Oxford et il a enseigné à l'université de Delhi et aux Etats-Unis.

Il vit maintenant à New York.

En 1990, il a reçu le prix Médicis étranger pour « Les Feux du Bengale » .

Le chromosome de Calcutta - Amitav Ghosh

Passionnant foisonnement
Note :

   Titre original : The Calcutta Chromosome
   
   Un étrange roman, qui nous perd en premier lieu par sa richesse.
   
    Richesse de genres tout d'abord, il y a de tout là-dedans, du scientifique, du fantastique, de l'horreur, du documentaire, de la science-fiction et le plus parfait réalisme de la vie de tous les jours.
   
    Richesse des époques : on démarre dans un futur imprécis où, rivé (pas toujours volontairement à sa machine), un homme seul chez lui, face à son ordinateur doit établir un vaste inventaire explicatif de toutes sortes d'objets sans aucun lien entre eux. On retourne quelques dizaines d'années plus tôt quand cet homme (Antar) a rencontré l'individu auquel appartenait la carte d'identité à moitié carbonisée qui vient d'apparaitre parmi les objets à cataloguer ; puis quelques décennies plus tôt encore quand cet individu (Murugan) lui fit le récit des recherches de Ronald Ross et de pas mal d'autres scientifiques du 19ème siècle, qui tentaient de résoudre le problème de la malaria (crucial du point de vue de l'esprit de colonisation).
   
    Richesse des personnages qui, non contents d'être largement non contemporains et éparpillés dans le monde, sont également fort différents par leurs nationalités, cultures, préoccupations, métiers etc.
   
    Richesse des aventures qui ne craindront pas de mêler les recherches d'un Prix Nobel de Médecine réel (Ronald Ross) à des scènes dignes de Stefen King, à des messes noires ou à de simples filatures de roman policier, comme à des attirances banales entre voisins ou des déplacement de populations urbaines par les promoteurs.
   
   Le langage un rien trivial et hyper imagé de Murugan, spécialiste mondial es Ronald Ross, en fait un magnifique narrateur."Ronnie est dans son labo de Begumpett tout prêt à foncer mais avec nulle part où aller."... "l'entière période de travail de Ronnie sur la Malaria, Lutchman lui colle aux fesses comme un timbre-poste." Il accroche son lecteur avec le bagout d'un bonimenteur (qu'il est quelque peu, d'ailleurs).
   
   Le tout se passe en Inde, dans les embouteillages et la cohue, tout aussi bien que dans les plages de solitude et les zones désertes en plein cœur de la ville...
   
   Un roman passionnant tout autant documentaire que relevant de la folie furieuse et de plus remarquablement bien écrit... vous ne pouvez pas vous permettre de rater ça ! (malgré une chute un peu trop elliptique).
   
   
   PS : Saviez-vous que la malaria pouvait soulager la phase ultime et délirante de la syphilis ?
   Parce qu'il peut être utile de le savoir.
   ↓

critique par Sibylline




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Trop ambitieux
Note :

   Ce roman est généralement classé sous le genre science-fiction, il a d'ailleurs remporté le prix Arthur C. Clarke. Mais en fait, il s'agit d’un amalgame de plusieurs genres et voilà le hic.
   
   Dans un New York moderne, la mystérieuse réapparition d'une carte de sécurité perdue pousse un employé de la société Life-Watch à investiguer, via son ordinateur, le passé du propriétaire de cette carte. L'intrigue se transporte alors en Inde pour déchiffrer l'histoire de cet homme obsédé par les découvertes d'un scientifique britannique, à la fin du 19e siècle, portant sur la malaria. Mais bientôt des vérités plus sombres sont dévoilées.
   
   J'aurais voulu aimer ce roman car tous les ingrédients sont là. Mais l'auteur s'éparpille dans les genres, abordant l'enquête scientifique, l'occulte et le complot, sans jamais trouver son identité. De plus, le contenu scientifique est nébuleux et on nous mène sur plusieurs pistes inutiles. Il y a des moments très forts, notamment une scène de gare fantôme particulièrement réussie. La fin par contre est plutôt déconcertante. Lorsque enfin, la clé du mystère est révélée, l'auteur clos son histoire rapidement en nous laissant sur notre faim, au moment même où nous sommes accrochés.
   
   Un livre avec beaucoup de bonnes idées, mais mal construit.

critique par Benjamin Aaro




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