Lecture / Ecriture
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Rien de Emmanuel Venet

Emmanuel Venet
  Marcher droit, tourner en rond
  Rien
  Ferdière, psychiatre d’Antonin Artaud

Emmanuel Venet est un auteur français né en 1959.

Rien - Emmanuel Venet

Rien - oui, c'est le titre
Note :

    Trop fort, Emmanuel Venet. Franchement, question titre peu attirant, on frôle le record du monde. Mais heureusement, après lecture de deux de ses (minces) opus, je savais que sous la couverture jaune de Verdier se cachait sûrement une pépite que je n'allais pas rater, non mais!
   
    Un couple, Agnès et le narrateur, dont le mariage atteint 20 ans d'âge sans trop de brillance, ont loué une chambre au Negresco. Hélas celle où logea Jean-Germain Gaucher et Marthe Lambert n'existe plus. Jean-Germain Gaucher? Mais oui, ce compositeur fin 19ème début 20ème, dont les seules œuvres valables ne furent jamais données, et qui se fit connaître par des opérettes ou chansons données en cabaret parisien. Une vie ratée à tous points de vue, se terminant sous un demi-queue Pleyel en 1924 (oui, sous, et ça pèse lourd). Mais, avec Emmanuel Venet, une vie passionnante, écrite d'une écriture impeccable bourrée de second degré. Une vie en écho avec celle du narrateur, musicologue n'ayant produit que d'obscurs volumes sur ce musicien de troisième zone...
   
    Était-il trop gentil pour réussir?
    "Tous les génies se conduisent envers autrui comme des butors voire des délinquants, profitent et abusent de leurs proches en toute sérénité, se font entretenir sans contrepartie et finissent par mordre, un jour ou l'autre, la main qui les a nourris. Un véritable artiste ne s'inquiète nullement pour le bonheur de ses enfants: au mieux il les condamne aux travaux forcés comme Bach, dont les marmots engendrés par douzaines consacraient leurs vertes années à copier les parties séparées de ses cantates; au pire il ne les reconnaît pas lorsqu'il les croise dans la rue, comme Schumann dont l'unique obsession consistait à écrire des pièces en apparence faciles mais exigeant une extrême virtuosité, histoire d'obliger sa femme à des prouesses pianistiques que le public ne détecterait pas."
   

    Hélas les jouissives pages 112 et 113 sont bien longues à recopier, où l'auteur se lâche férocement sur les touristes du bout du monde, les amateurs d'automobiles, les écrans divers...

critique par Keisha




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