Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Anatomie d'un soldat de Harry Parker

Harry Parker
  Anatomie d'un soldat

Anatomie d'un soldat - Harry Parker

Quarante-cinq objets
Note :

    Voilà semble-t-il l'exemple parfait de roman noyé sous les parutions de la rentrée, dont - à ma connaissance- les blogs ont peu parlé, et qui se révèle formidable! (
   
   Peut-être le sujet n'est-il pas très attirant a priori. La guerre, les soldats, un pays lointain. Chaud et poussiéreux, où les soldats britanniques envoyés là-bas risquent la mort à chaque sortie. Mais aussi des habitants tâchant de continuer à vivre en espérant un avenir moins mouvementé (mention spéciale à Kushan Hhan) et d'autres considérant les étrangers 'infidèles' comme des cibles à éliminer. Un pays jamais nommé, mais ces cerfs-volants évoquent-ils l'Afghanistan?
   
   Sur le terrain, la tension est palpable, le danger rode à chaque pas, d'ailleurs le héros, le capitaine Tom Barnes, va sauter sur une mine artisanale et sera rapatrié en Angleterre.
   
    Mais, et j'aurais dû en parler d'entrée, ce qui donne son originalité au roman, ce sont les quarante-cinq objets racontant l'histoire, pas toujours chronologiquement : le garrot sauvant la vie de Tom, une balle anonyme, un béret, une arme, une mine même, une simple bicyclette, un tapis, un lit, un sac à main, un miroir, une prothèse, une photo, une scie (et une goutte d'eau!)... Ces objets sans sentiments, forcément, ne sont ni aveugles ni sourds, et donnent à connaître des humains attachants par leurs gestes et surtout leurs dialogues.
   
    C'est absolument passionnant; l'auteur a vécu la plus grande partie de ce qu'il raconte, mais je garantis qu'il ne tombe pas dans le pathos. L'émotion existe, mais pas de violons sirupeux là-dedans.
   
    "Si nous ne pouvons pas faire confiance, alors nous n'avons rien, s'est-il dit".
   

    Je me tâte, coup de cœur ou pas? Hum, disons oh que oui!
   
    Et encore une pépite !
   ↓

critique par Keisha




* * *



407 pages puissantes et touchantes !
Note :

   Lors d’une mission dans un pays jamais nommé, le capitaine Tom Barnes pose le pied sur une mine artisanale. Gravement blessé et ayant perdu une jambe, il est rapatrié en Angleterre où les médecins sont obligés d’amputer son autre jambe.
   
   Au lieu de passer par un récit classique, l’auteur fait parler des objets. Quarante-cinq en tout "conçus pour assister, observer ou nuire" pour raconter l’histoire de ce soldat : le drame, la convalescence et la reconstruction. Sans suivre une linéarité et sans pour autant perdre le lecteur, à travers quarante-cinq chapitres, chaque objet (garrot, mine, sac à main de sa mère, une paire de baskets d’un jeune insurgé, gilet pare-balle, prothèse, engrais ayant servi à la construction d’une mine) rend compte des comportements et des sentiments. Et on se prend des émotions en pleine figure ! La peur, la douleur, l'acceptation, les moments de doute l’espoir mais aussi de l’humour.
   
   Raconté du point de vue des soldats mais aussi des insurgés et de la population, il n’y pas de vainqueur ou de héros. Juste des hommes.
   
   Sans pathos, intense, j’ai eu la gorge serrée d’émotion, ce livre est lumineux car c’est un homme qui au-delà des difficultés rencontrées (physique, psychologiques) se reconstruit.
   
   Un premier livre absolument maitrisé, réussi et puissant! "Anatomie d'un soldat" et pour moi la bonne surprise de cette rentrée littéraire. Un roman qui sort des sentiers battus par son approche et par la qualité du style. J'ai été plus que touchée !
   
   L'auteur Harry Parker a perdu ses deux jambes en sautant sur une mine en 2009 en Afghanistan.
   
   "Il en mourrait d'envie : l'envie folle d'être de retour là où il était hors de danger, où il n'avait aucune responsabilité et n'était pas exercer à faire quoi que ce soit de tout cela. Là où il n'avait plus à mener quiconque de l'autre côté de la porte. Il regrettait d'avoir à le faire. C'était son moment intime de lâcheté, avant que la journée ne devienne réelle. Il a laissé cette lâcheté se répandre et en fut gêné, même si personne n'en saurait jamais rien.
   - Vous, les gars, vous êtes tellement courageux.
   Pas courageux, a dit Tom. J'ai seulement marché sur le mauvais bout de terrain"

critique par Clara et les mots




* * *