Lecture / Ecriture
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Edmond de Alexis Michalik

Alexis Michalik
  Edmond
  Intra Muros

Edmond - Alexis Michalik

Inspiré
Note :

   Paris 1895, Edmond Rostand est au plus bas après l'échec cuisant de sa pièce en vers "La Princesse lointaine", pourtant jouée par la grande Sarah Bernhardt et Lucien Guitry. Raillé par ceux qui font les grands succès de cette fin de siècle, Courteline et Feydeau, il déprime. Deux ans plus tard, Sarah Bernhardt lui présente le grand acteur de l'époque Constant Coquelin à qui il promet un grand rôle dans sa prochaine pièce dont il n'a que le titre "Cyrano de Bergerac", une vague idée happée dans une salle de café tenue par Monsieur Honoré. Alors tout s'emballe et Edmond sent l'inspiration lui venir.
   
   Je n'ai pas l'habitude de lire du théâtre et encore moins du contemporain, mais le thème et le nom de l'auteur -que j'ai eu l'occasion d'entendre dans une entrevue et dont j'avais aimé les réponses et sa passion pour le théâtre- m'ont convaincu de franchir le pas. Eh bien, je me suis régalé, de bout en bout. Renseignements pris, l'écriture de la pièce de Rostand n'est pas exactement ce qu'en écrit Alexis Michalik, il fait un condensé en quelques semaines d'un processus bien plus long, mais tant mieux pour nous parce que grâce à ce stratagème, la pièce est vive, dynamique, sans aucun temps mort. Elle est très drôle, parle du théâtre dans le théâtre, des affres de la création littéraire ou théâtrale et des difficultés à monter des spectacles innovants, de bousculer les habitudes. Edmond se sert de sa vie et de tout ce qu'il entend autour de lui pour construire ses personnages et écrire sa pièce. Son ami Léo est amoureux de Jeanne, ils seront dans son esprit Christian et Roxane. Monsieur Honoré fait des tirades, elles serviront celles de Cyrano... Edmond observe, écoute et désire : "Seul compte le désir. Le désir pousse les hommes à conquérir des empires, à écrire des romans ou des symphonies. Mais lorsqu'il est assouvi, les hommes cessent leurs exploits." (p.196)
   

   En plus d'être une pièce enjouée, elle permet de réécouter les vers d'Edmond Rostand, ceux de cette pièce difficile à monter en 1897 et qui devint la plus jouée du répertoire théâtral français, la plus connue au monde. Qui de nos jours ne connaît pas tout ou partie de la célèbre tirade du nez, ou du moins qui en l'entendant ne frémit pas d'un plaisir de la belle phrase, bien placée ? Et ce personnage de Cyrano, si grand, si imposant, l'un des plus grands rôles d'homme au théâtre me suis-je laissé dire...
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critique par Yv




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Vive Cyrano !
Note :

   Edmond est une pièce que j’ai eu la chance de voir à Paris, juste avant la fin de mon séjour. J’ai vu l’affiche et je n’ai pas pu résister, y ayant même traîné des amis (qui ont aussi beaucoup aimé), question de les voir une fois de plus avant mon départ. Du coup, j’ai acheté la pièce là-bas et je l’ai relue avec plaisir en revenant au Québec, la tête remplie des images de la pièce et de l’atmosphère du Palais Royal.
   
   Il faut savoir que Cyrano est l’une de mes pièces préférées. J’en sais des grands bouts par cœur et j’ai été à même de retrouver les clins d’œils et les références. Du coup, j’ai trouvé cette pièce, qui raconte une création imaginée de Cyrano par Edmond Rostand complètement jubilatoire.
   
   La pièce s’ouvre sur Rostand à la première de "La princesse lointaine", que tout le monde s’entend à trouver… long. Très long. Voire même endormant. Il a des dettes jusqu’aux oreilles et doit convaincre le grand acteur Coquelin de jouer sa nouvelle pièce. Un truc grandiose, une comédie (parce que c’est ça qui marche), avec un héros inoubliable. Le problème, c’est que la première est bientôt et qu’il n’en a pas écrit une ligne. Il va donc s’y mettre, ou plutôt… tenter de s’y mettre, avec un succès tout relatif.
   
   Entre la pièce et la vie de Rostand, les événements se répondent et on voit naître ces célèbres vers que nous connaissons si bien, dans des situations un peu folles. Certes, c’est la création de Cyrano de Bergerac mais il y a derrière toutes ces pointes d’humour une vraie réflexion sur la popularité, sur le succès en théâtre, réflexion qui pourrait aussi être étendue à la littérature. Etre sérieux? Populaire? Les deux? C’est possible? En plus, les arrivées sur scène de Feydeau, l’auteur "facile", à succès, sont toujours géniales et je le revoyais pendant ma lecture, avec son arrogance. Bref, j’ai beaucoup aimé… et ma mère aussi!
   
   Maintenant, je veux lire les autres pièces de Michalik!

critique par Karine




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