Lecture / Ecriture
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Celle qui fuit et celle qui reste de Elena Ferrante

Elena Ferrante
  Poupée volée
  Les jours de mon abandon
  L'Amour harcelant
  L’Amie prodigieuse
  Le nouveau nom
  Celle qui fuit et celle qui reste

Elena Ferrante est le nom de plume d'un (ou plusieurs?) écrivain(e) italien(ne) dont on ignore l'identité réelle.

Celle qui fuit et celle qui reste - Elena Ferrante

Saga napolitaine
Note :

   INFO: LE 4ème TOME SORTIRA EN JANVIER
   
   Voici enfin le tome 3 de la saga italienne dont tout le monde parle. Sortie en grand volume ce 03 janvier 2017 en même temps que le tome 2 sortait en poche. Un succès planétaire que d’aucuns comparent à Harry Potter.
   
   Dès les premières pages, on se retrouve plongé avec délice dans la suite du destin d’Elena et Lila, les deux amies d’enfance héroïnes autour desquelles gravitent de multiples personnages. Un résumé fort utile au début du roman nous aide à nous remémorer tous ces êtres qui habitent ce formidable roman. Mais c’est avant tout la merveilleuse écriture de la romancière qui fait qu’on se retrouve vite en apnée, à savourer ce troisième opus.
   
   Après le premier qui contait leur enfance et se terminait par le mariage de Lila à 16 ans, le second qui racontait leurs premières années de vie adulte, avec les désillusions de la vie de couple et amoureuses et leurs destins croisés, l’une rentrant dans la vie active, l’autre poursuivant ses études au lycée, voici un troisième volume tout aussi romanesque.
   
   Elena a réussi de brillantes études puisqu’elle est diplômée de l’école normale de Pise et elle vient d’écrire un roman, qui connait un grand succès. Lila, elle, est restée à Naples où elle travaille dans une usine de salaison. Elle doit y faire face à de difficiles conditions de travail et aux avances de son patron.
   
   Elena, à qui tout semble réussir, s’apprête à épouser un professeur d’université brillant et à devenir mère. Mais rien n’est simple pour autant et Elena Ferrante dissèque à merveille les doutes et les difficultés des deux amies, aux destins si différents. D’autant qu’Elena rencontre par hasard Nino, son amour secret de jeunesse, avec qui Lila a eu un fils… Et ce personnage fantasque et sombre la fascine toujours autant.
   
   Mais derrière l’histoire intime c’est toute l’histoire de l’Italie des années 1970 qui nous est relatée dans cette fiction. Dans ce troisième volet, on observe ce pays se fractionner entre fascistes et partisans d’extrême gauche.
   
   Un troisième volet politique et social, une puissance romanesque formidable et une finesse dans l’analyse psychologique des personnages qui fait qu’on attend avec une grande impatience le quatrième et dernier volume de la série, pas avant 2018 visiblement.
    ↓

critique par Éléonore W.




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Quelques langu longueurs
Note :

   Après un prologue qui nous propulse de nos jours, et nous montre Lila et Lenu sexagénaires, et toujours en train de se quereller, retour à la fin des années 60.
   
   Lila et Lenu ont 24 ans, et l’on aborde la période troublée de 1968 ; Lila a quitté son mari Stefano et vit avec Enzo, sans relations sexuelles. ils élèvent le fils qu’elle croit avoir eu avec Nino : A mesure qu’il grandit, elle le trouve ressemblant à Stefano!
   
   Ayant quitté la relative aisance matérielle de sa première union, elle se fait embaucher dans une usine de salaison dirigée par un ancien copain de leur quartier. C’est un petit patron mais despote et exploitant au maximum les ouvriers ; en acceptant de venir témoigner contre les conditions insupportables de la vie en usine, Lila se met en danger, et déclenche une série de mouvements violents de révolte, auxquels participent Pasquale Peluso et Nadia la fille de l'enseignante, tout deux engagés dans les luttes sociales. Lila leur reproche de ne pas se mouiller (et ils se souviendront de la leçon…) .
   
   Prise entre les fascistes, dont font partie la famille Solara et le fils du pharmacien, les ouvriers (les uns prêts à la révolte, les autres soumis ne voulant pas d’histoires), et les communistes qui veulent aider et finissent par faire davantage que rédiger des tracts, Lila finit par se terrer chez elle en proie à des troubles psychosomatiques, et elle appelle Lenu à son secours.
   
   Mais Lenuccia sera mal récompensée de ses bons services : là-bas au quartier tout le monde l’admire d’avoir réussi et la rejette aussi bien. Et Lila fait de même.
   
   La suite, c’est le mariage et la vie conjugale de Lenuccia : son mari est vraiment quelqu’un de bien (elle a échappé aux crétins frustes et souvent violents de son quartier) mais bien de choses, pourtant, les séparent...
   
   Un tome 3 qui est un peu long. Comme dans le précédent, ce sont les histoires d’amour qui traînent en longueur, irritent par des répétitions de phrases et de situations trop convenues. Les rencontres de Lenu avec des féministes, sont bien de ce temps ; leurs idées ont vieilli mais portent en germe les revendications actuelles.
   
   L’aspect roman de mœurs est bien vu. Ce que j’ai préféré dans cet opus c’est le parcours de Lila qui m’a semblé plus original que celui de son amie.
   
   On admire la façon dont les deux filles se tirent d’affaire, celle qui ne réussit pas à quitter le quartier et celle qui est partie. L’une comme l’autre ont un caractère bien trempé et savent lutter contre l'adversité. le quartier de leur enfance est à la fois une communauté qui les a façonnées, et un piège qui se referme sur elles. Lorsqu’elle y retourne, Lenu est à la fois maltraitée, et bien reçue.
   
   Dans ce récit, il est souvent fait allusion au dialecte du quartier de Naples dont elles sont originaire; de la façon, dont elles en jouent, tantôt le reparlant (exprès ou inopportunément) tantôt l'abandonnant pour l'italien correct. Mais en français, ce dialecte n'est pas rendu : il se limite à quelques onomatopées, tournures simplifiées, et l'ambiance de cet autre langage nous manque.

critique par Jehanne




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