Lecture / Ecriture
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Bob Morane - Opération Chronos de Brice Tarvel

Brice Tarvel
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Bob Morane - Opération Chronos - Brice Tarvel, Henri Vernes

Bob Morane défie le temps !
Note :

   C'est bien ce que pense l'aventurier en se regardant dans un petit miroir : On dirait qu'une fée a mis fin à mon vieillissement à l'âge de trente-trois ans. Ne rêvons pas, toutefois, ce genre de chose n'existe que dans les films ou les romans.
   
   De passage à Londres, Bob Morane est hébergé par la charmante Lady Jamie Twickle dont il a fait la connaissance quelques années auparavant, lors d'une aventure au Congo.
   
   S'approchant d'une fenêtre, il distingue à travers la brume qui s'est déposée dans le parc, une tradition londonienne, quatre silhouettes courant derrière un loqueteux. Il s'élance muni d'une hallebarde qui traînait dans la pièce mais trop tard. Il se retrouve nez à nez avec quatre Arabes déguisés en mamelouks et ceux-ci tentent d'attenter à sa vie. En vain car Bob Morane sait manier son arme improvisée. L'homme a reçu des coups de cimeterre et décède. Heureusement il a le temps, avant de rendre son dernier souffle, de murmurer Capys et de remettre à l'Aventurier une touffe de poils attachée par une cordelette.
   
   Aussitôt les souvenirs surgissent dans l'esprit de Bob Morane. La touffe de poils appartenait à un vieux lion dont le nom était Capys, et était détenue par Chloé, une gamine qu'il a connue quelques vingt ans auparavant. Elle avait douze ans à l'époque et ils jouaient ensemble. Nul doute que Chloé a besoin de ses services, qu'elle se trouve en danger quelque part dans Londres, mais où, telle est la question qui aurait pu rester sans réponse si une lettre glissée dans la boîte adéquate n'y avait été glissée.
   
   Il s'agit d'un carton d'invitation l'incitant à se rendre à la réception organisée par le Cheik Hiarid Ben Mahmud devant son yacht le soir même, invitation pour deux personnes est-il précisé. D'après les empreintes apposées sur l'enveloppe, cet envoi aurait été déposé par le mendiant fuyard.
   
   La foule se presse à cette soirée spectacle surveillée par des mamelouks vêtus comme ceux auxquels Morane a été confronté. De très jeunes danseuses, dont les voiles arachnéens ne cachent guère leurs appas, animent cette fête. L'une d'elle ressemble étrangement à Chloé. Elle parait avoir une quinzaine d'années alors qu'elle devrait en avoir vingt de plus. Et si elle se fait comprendre du regard, elle ne peut parler. Elle s'empare de sa main, et appose un cachet à l'aide d'une bague enduite de rouge à lèvre. La représentation d'une tête de lion. Médusé Morane ne peut que conclure qu'il était en présence de Sa Chloé. Mais les gardes surveillent ses faits et gestes et il doit abandonner Lady Jamie Twicle et s'enfuir avant de se faire décoller la tête par un coup malheureux de cimeterre.
   
   Il parvient à échapper à ses poursuivant grâce à un inconnu en automobile qui le prend à son bord. L'homme se présente comme un généticien, spécialiste en nanobiologie, collaborateur d'un professeur étudiant les gènes de la longévité depuis des années. Mais il a quitté le savant fou qui a découvert la recette du rajeunissement.
   
   S'ensuit une aventure effrénée et périlleuse pour Bob Morane et son amie Lady Jamie puisqu'ils vont s'embarquer pour un petit mais riche émirat, le Mahjour. Bill Ballentine, prévenu téléphoniquement alors qu'il se prélasse en Ecosse, va l'aider dans ses démêlés, ainsi qu'un marionnettiste et le propre frère du cheik dont ils font la connaissance en arrivant au port.
   
   Comme le montre le dessin de couverture (signé Christophe Alvès) Bob Morane, dans un épisode mouvementé, se retrouve enfermé dans une cage semblable aux célèbres "fillettes" de Louis XI, accrochée au dessus d'un plan d'eau dans lequel nage béatement un requin. Mais ce n'est pas le seul danger auquel Bob Morane va être confronté.
   
    Brice Tarvel démontre qu'en cent-cinquante pages, un auteur peut faire connaître et subir à son ou ses héros moult aventures, péripéties, dangers en tous genres. Pas de délayages inutiles, de l'action, encore de l'action, toujours de l'action. Avec toutefois de petits passages romantiques afin d'offrir aux lecteurs des moments de décompression.
   
   Une histoire à la lisière du fantastique avec cet élixir permettant d'inverser le cours du temps, mais les dommages collatéraux n'ont pas été suffisamment évalués par son inventeur. Et si ceci semble farfelu, on sait combien certaines femmes (et hommes, osons l'écrire) sont attachés à leurs crèmes anti-âge et injection de Botox dont parfois les effets secondaires sont plus néfastes qu'en laissant le temps passer doucement.
   
   Roman pour adolescent à partir de douze ans jusqu'à cent-douze ans, car il n'est nullement rédhibitoire et répréhensible de se replonger dans histoires semblables à celles qui ont enchanté notre enfance.
   
   Brice Tarvel réussit le tour de force d'écrire du Henri Vernes sans copier, pasticher, dénaturer, mais en gardant cette fougue d'écriture. Et le lecteur pourra également penser à quelques séries télévisées comme Chapeau melon et Bottes de cuir, Les Mystères de l'Ouest pour cette atmosphère légèrement décalée, humoristique, vivante, en marge de notre époque et pourtant ancrée dedans. Je trouve même, et ceci n'est pas de la flagornerie mais juste un constat, que les romans de Tarvel sont mieux écrits que ceux d'Henri Vernes. Mais peut-être est-ce dû au fait que Brice Tarvel ne travaille pas dans l'urgence éditoriale. Jusqu'à preuve du contraire !

critique par Oncle Paul




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