Lecture / Ecriture
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L comme: Communardes! Nous ne dirons rien de leurs femelles... de Wilfrid Lupano

Wilfrid Lupano
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Wilfrid Lupano est un scénariste de bande dessinée français, né en 1971 à Nantes.

L comme: Communardes! Nous ne dirons rien de leurs femelles... - Wilfrid Lupano

Rebelles, donc, hystériques
Note :

   Dessins : Xavier Fourquemin
   Couleurs : Anouk Bell
   

   J’ai quand même un peu lu. Je commence par les BD ! J’étais donc à BD-World à Wavre avec mon père et c’est lui qui a attiré mon attention sur cette BD "Communardes ! Nous ne dirons rien de leurs femelles..." Il s’agit du troisième tome d’une série qui vise à décrire le rôle des femmes dans la Commune (1871), à travers des destins de femme. Chacun des volumes peut se lire indépendamment.
   
   Ici, l’héroïne est Marie, employée de maison. L’album se divise en deux parties non égales. Une première partie se situe à Paris en 1858. Marie débute comme employée de maison, dans la maison où sa mère est cuisinière. On l’a prise à cette place car la fille de la maison, Eugénie, a le même âge qu’elle. Elles seront donc compagnes, très rapidement amies. Pour tout dire, Marie sera témoin de ses rencontres avec son amoureux, un jeune libraire idéaliste et sortira, en toute innocence, quand ce sera trop long.
   
   On retrouve Marie en 1871, sur les barricades. Marie aidant et ravitaillant les insurgés. Elle a gagné en âge mais aussi en confiance, et en idéaux. Son travail dans cette riche maison lui a fait comprendre beaucoup de choses, que justement elle souhaite changer ! En utilisant la violence, comme un homme, si nécessaire.
   
   J’ai adoré cet album principalement pour deux raisons : le féminisme omniprésent et la description de la Commune. La réalité de la Commune reste pour moi assez inconnue. Je connais les faits mais pas franchement comment ceux-ci se sont produits dans la vie quotidienne. Ici, dans cette BD, c’est très bien décrit (et je suppose documenté) : le soutien ou l’absence de soutien des Parisiens, les règlements de compte, les blessés, l’état de Paris aussi. C’est une Commune plus "terre à terre" que celle présentée dans les livres, en général celle des meneurs de la Commune. C’est un autre point de vue, donc forcément intéressant.
   
   Le féminisme est forcément omniprésent quand on connaît le but de cette série. Je ne sais pas ce qui est vrai ou pas mais Marie semble plus virulente que les hommes, ses comparses aussi. Elles se procurent des armes pour lutter comme des hommes tout de même. Marie est une féministe avant l’heure. Même sans "instruction" (et peut être grâce à ce manque d’instruction ou de formatage), elle se révolte contre ce que la famille d’Eugénie fait subir à la jeune fille. Sa volonté de vengeance pour la jeune fille est très forte et surtout elle la dirige vers les bons "ennemis" : l’ami, le père, les religieuses. On comprend que déjà à cette époque, la société est figée dans ses certitudes et dans sa hiérarchie, comme s’il n’y avait plus de possibilités de la changer.
   
   Pour la petite histoire, le titre de ce volume est une citation du discours du professeur Louis Bergeret, lors du procès de Marie (ou des Communardes en général, je n’ai pas bien compris), où il présentait les Communardes comme des quantités négligeables, voire des quantités hystériques de la Commune. Heureusement, la société a changé depuis !

critique par Céba




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