Lecture / Ecriture
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Fils unique de Stéphane Audeguy

Stéphane Audeguy
  Fils unique
  La théorie des nuages
  In Memoriam
  Nous autres
  Rom@
  Histoire du Lion Personne

Né à Tours en 1964, Stéphane Audeguy vit à Paris. Il enseigne l’histoire du cinéma et des arts dans un établissement public des Hauts-de-Seine. Il a publié en 2005 son premier roman, "La théorie des nuages", chez Gallimard. En 2007, il reçoit le prix des Deux Magots pour "Fils unique".


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"


Fils unique - Stéphane Audeguy

Mal cadré ?
Note :

   Il faut dire tout d’abord que depuis que j’en avais entendu parler, des mois auparavant, j’avais envie de lire ce livre. Je l’avais même offert autour de moi à ceux dont les anniversaires se présentaient, tant ce que je savais du sujet me paraissait intéressant et prometteur. Je l’offrais, mais je ne l’avais toujours pas lu moi-même… simple concours de circonstances car j’en avais toujours le projet.
   
   Je savais que ce roman rapportait les mémoires racontées par le frère disparu de Jean-Jacques Rousseau qui faisait là le récit de sa propre vie, fort différente de celle de son célèbre frère, et cela me semblait si prometteur de récits passionnants…
   
   Je ne suis pas loin de penser que d’avoir un préjugé très favorable avant d’ouvrir un livre est presque aussi nuisible à l’œuvre que d’en avoir un très défavorable. Sans doute, même inconsciemment, notre esprit nous a préparé son petit cadre et renâcle à le déformer pour y faire entrer un «objet» inattendu. Bref, pour inattendu ça l’était, quand je me suis aperçue que «Fils unique» tournait presque tout de suite en roman érotico-littéraire.
   
   Chacun ses goûts. J’en ai lu quelques uns, généralement avec un amusement assez sincère ou disons, une sorte de bienveillance amusée, et je n’y suis pas particulièrement opposée, mais ce n’est pas non plus quelque chose qui m’attire beaucoup. Toutefois, il ne m’a pas semblé qu’au titre de littérature libertine, ce «Fils unique» méritait de grands éloges. Cela ressemble un peu par certains côtés à un catalogue. Le héros rencontre et teste successivement à peu près toutes les catégories connues de tendances sexuelles… oui… bon... Et alors ?
   
   Par contre, il m’a semblé que cela permettait de pas mal expliquer l’engouement que ce livre a connu. Engouement que ne me semble pas justifier sa qualité littéraire qui, sans être mauvaise, ne m’en a pourtant pas semblée hautement remarquable à part le charme de l’imitation du style du 18ème et malgré quelques belles formules. Engouement que j’attribuerais donc plutôt, au moins pour une bonne part, au goût que bon nombre de gens ont toujours eu pour ces livres (articles ou émissions télé d’ailleurs) qui, sous couvert d’une autre chose, de préférence culturelle, (documentaires, sciences, études de société etc.) parlent de cul.
   
   Le thème, oui, est original. La vie du frère de Jean Jacques… il fallait y penser et Audeguy a le grand mérite de l’avoir fait. Mais franchement, il me semble que ce frère découvert de neuf aurait pu connaître une existence plus… passionnante.
   
   Elle le devient un peu d’ailleurs, mais malheureusement vers la fin. Alors que j’ai vraiment failli plusieurs fois abandonner ce livre en son milieu –et je pense que certains lecteurs l’ont fait- j’ai été récompensée de m’être forcée (non, le mot n’est pas trop fort) à aller jusqu’au bout. Le dernier quart, qui voit François Rousseau mêlé à la Révolution de 1789 (pour avoir été un des derniers résidents de La Bastille) et plus encore la brève partie qui suit sa rencontre avec Sophie, commençait à bien m’intéresser… quand le livre se termina.

critique par Sibylline




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