Lecture / Ecriture
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Seule contre la Loi de W. Wilkie Collins

W. Wilkie Collins
  Une belle canaille
  La dame en blanc
  La Pierre de lune
  Basil
  L'hôtel hanté
  Secret absolu
  Le secret
  Profondeurs glacées
  Sans Nom
  Voie sans issue
  Cache-Cache
  Iolani, ou les maléfices de Tahiti
  En quête du rien
  La robe noire
  Monkton le Fou
  Je dis non!
  Pauvre Miss Finch
  Seule contre la Loi

Wilkie Collins (1824-1889) était le beau-frère de Charles Dickens. Il est considéré comme le premier auteur de detective novel (roman policier).
On trouve une des nouvelles de W. Collins dans le recueil "Les Fantômes des Victoriens" .

Seule contre la Loi - W. Wilkie Collins

Beau personnage
Note :

   (1875)
   
    L’héroïne de Seule contre la loi, Valeria va partir en guerre contre la justice qui, faute de preuves suffisantes a relaxé son mari accusé de meurtre, entachant définitivement son honneur… Elle enquête, nonobstant tous les tabous de l’époque sur le rôle de la femme dans la société victorienne, allant contre les interdits, risquant sa réputation et mettant en danger sa vie pour prouver l’innocence de l’homme qu’elle aime.
   
    Et c’est ce qu’il y a de meilleur dans le roman. Ce personnage de femme amoureuse, volontaire (certains des siens, car elle a des amis sûrs, diront têtue), courageuse, qui ira jusqu’au bout de sa recherche et que rien ne vient rebuter. A côte d’elle, un autre personnage féminin intéressant, la mère du jeune homme. Quant à Eustache Woodville, le mari, il est bien éteint, bien falot, et presque absent du roman! C’est bien de Wilkie Collins de s’intéresser à un personnage de femme peu conventionnelle et de faire d’elle le "détective" de son enquête policière ! Encore un roman agréable à lire.
   
   Présentation de l'éditeur:
   "Au lendemain de ses noces avec Eustace Woodville, Valeria découvre qu'elle a épousé un homme riche en mystère. Tout d'abord, son vrai nom est Macallan. Cette révélation pique la curiosité de la jeune mariée... qui n'est pas au bout de ses surprises. Il s'avère que le nom de Macallan est entaché de scandales, l'homme ayant été soupçonné d'avoir assassiné sa première épouse. (...)

    ↓

critique par Claudialucia




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Miserrimus formidabilis
Note :

   Les plus perspicaces d’entre vous auront aisément compris que je voue un véritable culte à cet auteur anglais du Dix huitième, à la fois ami et rival de Charles Dickens. On le présente souvent comme le maitre à penser d’Alfred Hitchcock. Il y a du vrai puisqu’il semble être l’inventeur du roman policier et que, souvent, sinon toujours, ses héroïnes sont des femmes.
   
   Valeria ne déroge pas à la règle. Découvrant que son mari l’a épousée sous un faux nom, le sien étant entaché lors d’un procès qui n’a pas permis de faire toute la clarté sur son innocence, elle va s’ingénier contre vents et marées à mener l’enquête. La volonté (l’entêtement?) de cette femme est bien symbolique des romans de Collins qui permettent de croiser des personnages féminins n’ayant pas droit au chapitre dans cette société Victorienne régie par et pour les hommes, et encore pas tous - il réclamait d’être bien né pour être bien considéré. Mais la ténacité d’une femme et son amour infini pour un homme qui apparait comme souvent bien lâche, auront-ils raison de préjugés, de faux-semblants?
   
   Cela pourrait être un banal roman policier, divinement écrit certes, mais à l’intrigue ronflante pour qui a un peu lu telle production. Mais Collins sait faire naitre de succulents personnages. Il y a d’abord la belle mère de Valeria par qui survient le drame. Sous des abords revêches (elle s’est opposée franchement et sans détours à ce mariage, n’y assistant tout simplement pas), elle va se révéler une alliée de choix. Un major, grand ami des femmes devant l‘éternel, qui est une parodie à lui tout seul des jolis cœurs de la perfide Albion. On rencontre l’avoué de feu le père de Valeria qui campe un personnage récurrent chez le romancier : celui d’un homme, plus de la première jeunesse, incarnant le bon sens et la sagesse. Mais Valeria n’a que faire d’être sage. Elle ira se jeter dans les bras d’un personnage haut en couleurs. Dans ses bras forcément, puisque de jambes, il en est dépourvu. J’ai l’honneur de vous présenter le plus singulier et fabuleux caractère de roman jamais rencontré au détours de chapitres serrés : Miserrimus Dexter. Imaginez une moitié d’homme à l’esprit convulsif, agité, excité et pervers et vous aurez le début de l’idée du personnage. Les chapitres le mettant en scène sont jubilatoires. On rêverait de voir tel personnage incarné au cinéma. Et puis, non. Car nous serions forcément déçus. Car il y a autant de Miserrimus que de lecteurs, c’est bien ce qui a fait, fait encore et fera toujours la force de l’écrit sur l’image. C’est ma x-ième lecture et je suis toujours sous le charme et motivé pour me repaitre à nouveau dans un prochain Collins.

critique par Walter Hartright




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