Lecture / Ecriture
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Le contrebandier du Val d’Arly de Charles Socquet

Charles Socquet
  Le contrebandier du Val d’Arly

Le contrebandier du Val d’Arly - Charles Socquet

A la frontière des deux Savoie
Note :

   Je l’avoue, je ne suis pas particulièrement un fan des romans régionaux. C’est souvent mal écrit, du moins, trop classique, trop scolaire. Les intrigues sont tissés de fil blanc, les personnages trop stéréotypés et dénouement généralement téléphonés.
   
   Cependant, j’ai un faible pour cette région de Savoie située entre le Massif du Blanc et le Beaufortain. Le Val d’Arly, plus connu par la renommée de la commune qui le clôt au nord-est : Megève.
   
   La petite maison d’édition située au pays du vin blanc de Savoie (la Fontaine de Siloé), à quelques encablures de Chambéry, a le don de savoir dénicher des récits mettant la montagne en avant et faisant une belle part à ses acteurs, des gaillards rudes et généreux. Mais, ici, pas de récit de courses sur les sommets, de grandeur d’âme des guides et de la lutte sans merci que livre l’homme face aux éléments et au rocher.
   
   La vie toute simple d’un humble personnage, Luc, épris de liberté, qui vit avec sa femme, ses deux enfants et une vache dans une cabane au milieu de la forêt. L’action se situe en 1886, juste après l’âge d’or de l’alpinisme. La frontière, toute proche, incite les gens de peu d’avoir à recourir à la contrebande. C’est le cas de Luc. On suivra donc sa vie simple qui, bien entendu, devra faire face à un grand malheur. Charles Socquet prend prétexte pour raconter la vie d’avant, pas si éloignée que ça (à peine 130 ans en arrière). Et l’on constate le grand écart réalisé durant le vingtième siècle. Car la vie de ces paysans de la fin du XIXème n’avait pas vraiment changé depuis des siècles. On ne gaspillait rien. Les animaux vivaient dans la même pièce ou juste à côté pour bénéficier de leur chaleur animale les rudes nuits d’hiver. La religion rythmait le quotidien, même si les hommes semblaient vouloir s’en détacher, ils lui accordaient le bénéfice du doute.
   
   Le docteur Socquet est né à Paris, une semaine après la déclaration de la Grande Guerre, mais ses parents sont des immigrés savoyards. Ce thème clôt d’ailleurs le roman. Médecin à Megève et historien, il fondera en 1987 le musée du Val d’Arly dans une ancienne ferme, donnant sur la rue qui porte son propre nom. Je vous encourage à aller y faire un tour entre deux journées de ski ou par un après midi pluvieux au cœur de l’été (si, ça arrive!), histoire de vous replonger dans ce passé révolu si bien dépeint dans le roman. Reste que, comme bien souvent, l’écriture reste trop lisse, une copie de lycéen. On imagine ce qu’aurait pu en tirer un romancier plus rugueux, comme Pierre Pelot. Mais cela est une autre histoire (à venir…)

critique par Walter Hartright




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