Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Comment Baptiste est mort de Alain Blottière

Alain Blottière
  Comment Baptiste est mort

Comment Baptiste est mort - Alain Blottière

Sauvé ?
Note :

   S'inspirant d'un fait réel, l'enlèvement d'une famille française par les djihadistes de Boko Haram, Alain Blottière nous livre un roman extrêmement prenant, absolument magnifique et d'une grande sobriété.
   
   L'auteur restitue d'une part les dialogues entre Baptiste, fils aîné de la famille kidnappée, adolescent détruit et un homme censé l'aider, le sauver, le reconstruire après sa libération, probablement un psy. Il raconte d'autre part les souvenirs de Baptiste qui offrent une pause, une respiration dans cette lecture dérangeante. Le roman se présente donc comme une alternance de dialogues secs et de récit empreint de poésie racontant son séjour dans le désert et dans une grotte où il observe les formes, les traits inscrits sur les parois.
   
   Seul Baptiste a été sauvé, mais l'est-il réellement ? Le titre intriguant répond à cette question car plus que la violence de l'enlèvement, c'est celle des djihadistes qui nous est décrite. Violence physique sur un enfant de près de 14 ans, mais surtout violence psychique sur un adolescent qui sera radicalement transformé au point d'être prêt à commettre l'irréparable.
   
   Alors qu'il semble avoir perdu la mémoire des évènements importants et qu'il tient à en garder d'autres secrets, l'histoire terrifiante de cet adolescent se révèle au cours de séances de débriefing et en effectuant un vrai travail de mémoire.
   
   Récit angoissant et poétique à la fois – de très belles pages descriptives du désert – offrant une vraie réflexion sur la fascination qu'exerce le mal.
   
   Il y aurait beaucoup à écrire sur ce roman captivant de bout en bout, je choisis de n'en trop rien dire de peur d'affadir le plaisir extrême que j'ai eu en le lisant. Pour finir, je souhaite que le "prix décembre 2016" fasse connaître et parler de cet auteur découvert "par hasard" !
   ↓

critique par Pablo




* * *



Souffle coupé
Note :

    Pour son dernier livre "Comment Baptiste est mort" Alain Blottière a reçu le Prix Décembre 2016.
   
    C'est un roman à la construction très originale où l'émotion est contenue dans les blancs, ceux de la page et ceux laissés par le jeune Baptiste.
   
    Baptiste a été kidnappé par un groupe de djihadistes, avec ses parents et ses deux frères dans le désert d'Afrique. Seul rescapé, l'histoire débute par un interrogatoire où un homme, sans doute un psy, lui pose des questions sur sa captivité et auxquelles Baptiste ne peut ou ne veut répondre.
   
    Les chapitres vont alterner, dialogues brefs, succincts où les silences racontent l'horreur et où le lecteur sent un souffle une présence avec le récit de l'enlèvement de la famille raconté à la troisième personne.
   
    Rebaptisé Yumaï par ses ravisseurs, Baptiste n'existe plus et éprouve des sentiments confus vis à vis de ses bourreaux.
   
    Amir, le chef, le repère et lui apprend à se comporter comme un soldat, il ne doit pas avoir peur, ne doit pas craindre la solitude et surtout il doit être fort.
   
    Il a souffert et a subi beaucoup de violence : simulacres d'exécution, peur, faim et drogue. Cette maltraitance entraîne des gouffres noirs dans sa mémoire.
   
    Mais petit à petit les échanges avec la personne vont l'aider à refouler l'effroi et évacuer le lavage de cerveau.
   
    C'est alors que lui reviennent des bribes de la barbarie subie mais aussi des actes effectués sous la contrainte alors qu'il était en proie à la peur et sous l'emprise de drogues.
   
    Les descriptions du désert sont sublimes et glaçantes. Les séjours forcés que fait Yumaï tout seul dans une grotte ornée se transforment en quête initiatique.
   
    C'est un roman très sobre et dérangeant. L'auteur mène un récit très épuré, même poétique. Il nous dévoile avec retenue la manipulation et la fascination de Yumaï pour son chef mais tout bascule dans l'horreur la plus totale.
   
    Un roman lu d'une traite, on souffle après.

critique par Marie de La page déchirée




* * *