Lecture / Ecriture
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Si tu me disais viens et autres poèmes de Karel Logist

Karel Logist
  Si tu me disais viens et autres poèmes

Si tu me disais viens et autres poèmes - Karel Logist

Quand la poésie tombe en (dés)amour
Note :

   La rupture amoureuse et le cheminement qui mène à un nouvel amour. Sujet casse-cou s'il en est, où le poète risque de se trouver pris au piège d'épanchements larmoyants ou de grandes envolées prétentieuses - deux pièges que la poésie de Karel Logist évite sans coup férir.
   
   Tour à tour tendre et drôle, martelant sa colère et son besoin d'amour, murmurant son bonheur, en confidence dans le creux de notre oreille, la poésie de Karel Logist s'ancre dans le quotidien. Elle se nourrit de faits et gestes minuscules. D'une petite fille qui joue sous la pluie. D'une barbe mal-rasée-qui-pique. Des rencontres de hasard dans une ruelle du centre-ville ou sur les bords de Meuse. Des balayeurs de rue ou des toxicos qui dorment, blottis contre leur chien. Elle épingle délicatement sur le papier, dans l'encre du poème, les mouvements du coeur entre colère, regrets et tendresse, et les oscillations d'un désir qui a perdu son objet.
   
   Que dire de plus? Sinon que les mots de Karel Logist sont simples, justes et vrais...
   
   Extrait:
   
   "On ne me parle pas
   Je suis comme une morte
   Juste en face de moi
   deux ados se caressent
   Moi je n'ai plus de corps
   Je ne suis pas visible
   J'ai mon masque de vieille
   à faire peur ou pitié
   à plaindre ou à laisser
   on ne me plaindra pas
   et je ne m'en plains pas
   
   J'entends ces gens autour
   qui ne se parlent pas
   et qui sont comme moi
   qui sont comme des morts
   ces gens, couleur et feu
   en flammes, déjà en cendres
   qui ne disent qu'une chose
   que chacun peut comprendre
   que moi-même je comprends
   que je comprends encore:
   aimez-moi, aimez-moi,
   comme il vous conviendra
   aimez-moi pour la vie
   le plus longtemps possible
   ou aimez-moi à mort
   mais aimez-moi un peu
   avant que je m'en aille" (pp. 69-70)

critique par Fée Carabine




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