Lecture / Ecriture
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Ladivine de Marie NDiaye

Marie NDiaye
  Rosie Carpe
  Trois femmes puissantes
  Mon cœur à l’étroit
  Hilda
  Ladivine

Marie NDiaye, née le 4 juin 1967 à Pithiviers dans le Loiret, est une femme de lettres française, ayant notamment remporté le prix Femina en 2001 pour "Rosie Carpe", et le prix Goncourt en 2009 pour "Trois Femmes puissantes".
(Wikipédia)

Ladivine - Marie NDiaye

Abandon, page 300 sur 403
Note :

   Malinka a honte de sa mère, femme de ménage, et noire. Elle s’exaspère aussi que sa mère fasse semblant d’attendre que le père de Malinka revienne.
   
   Tôt Malinka quitte sa mère "la servante" pour devenir serveuse dans un restaurant en province (Bordeaux). Elle l’évite, puis accepte de la voir tous les mois à date fixe, mais ne lui dit rien de sa vie. Elle a changé de nom, s’appelle désormais Clarisse et va épouser Richard Rivière qui vend des voitures. Curieusement, bien qu’on nous dise qu’elle est mariée, Richard ne sait pas qu’elle s’appelle Malinka ! Elle n’a tout de même pas pu changer de nom à l’état civil… ???
   
   Ils ont une fille, Ladivine, et là encore la mère de Malinka ne sait rien, et Clarisse –Malinka a prétendu que ses parents étaient morts.
   
   Mais bientôt, la malédiction s’abat sur Malinka et une partie de se descendance ; Richard la quitte, elle recueille un sans-logis, qui se révèle assassin, son beau-père se fait dévorer par un chien, et Ladivine qui s’est mariée et établie à Berlin connaît elle aussi un sort funeste : perdue avec mari et enfants dans un pays étranger (celui dont vient Malinka, non nommé) elle disparaît ; lors du difficile retour à Berlin, sa fille Annika considère qu’elle s’est métamorphosée en chien ; ce grand chien qui apparaît souvent dans le récit. Or Ladivine s’est mariée avec un homme qui s’appelle Berger et qui est allemand (l’allusion est plutôt grossière ???). la façon dont les noms sont distribués avec des sous-entendus trop évidents (aussi Ladivine pour Ludivine ?? ) me laisse bien songeuse.
   
   Une lecture éprouvante ; les êtres y sont toujours malheureux, effrayés, angoissés, ils font semblant d’avoir une vie de famille normale, et le malheur leur retombe dessus, une atmosphère fantastique et des événements surnaturels font irruption ; le malaise, l’effroi, la peur, de brefs moments d’allégresse aussitôt démentis sont présents tout le temps dans le récit dans les petits détails réalistes, notamment (ces belles sandales dorées avec des talons de pied jaunâtres et crevassés dedans, que regrette Ladivine, la fille).
   
   Le titre désigne la grand-mère aussi bien que la petite fille : elles ne sauront jamais rien l’une de l’autre d’ailleurs. Le fait que Malinka ait rejeté et tu sa mère et son ascendance rejaillit sur la lignée comme une vengeance… divine ?
   
   Par ailleurs, la façon qu’a l’auteur de montrer comment et à quel point les êtres se mentent à eux-mêmes est très réussie.

critique par Jehanne




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