Lecture / Ecriture
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Ce que je ne sais pas de Collectif

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Ce que je ne sais pas - Collectif

Rien de tel que l'ignorance
Note :

   Textes réunis par Jean-Jacques Lefrère et Michel Pierssens.
   
   "Chacun a buté un jour ou l'autre sur une ultime frontière, sur l'opacité d'un mystère obstinément résistant. Pourquoi ne pas le confesser et, ce faisant, appeler à la rescousse le brain-trust que représentent collectivement les chercheurs rassemblés chaque année pour la visite des à-côtés ?" En proposant ce thème aux habitués des Invalides, les organisateurs ont pris un risque : pour qui les a brièvement côtoyés, ces gens-là donnent l'impression de tout savoir dans le domaine de l'histoire littéraire. Cependant, ces actes rassemblent bien des aveux de faiblesse : "Je ne sais toujours pas qui est le vicomte Phoebus, Retoqué de Saint-Réac" par Stéphane Le Couëdic, "Quoi qu'y faut comprendre aux écrits de M. Philippe Beck ?" par Eric Dussert, qui était "Eugène Mutiaux, le parrain de Proust ?" par Michel Bernard et autres interrogations essentielles et taraudantes. Au-delà de ces préoccupations ponctuelles, on trouve des interrogations plus générales et souvent plus intéressantes. Ainsi, Jacques Neefs regrette de ne pas savoir comment ont pu être reçues les oeuvres novatrices des siècles précédents : "Quel fut l'étonnement de Louis XIV lorsque Lenôtre lui présenta, dans une mise en scène grandiose, dans le soir, les fastes des jardins de Versailles en pleine action ? Qu'étaient la compréhension et l'admiration que pouvaient avoir les premiers à voir les fresques de la Chapelle Sixtine, ou, dans les cellules de Saint Marc, les moines devant les fresques de Fra Angelico ? Comment était-ce, de découvrir en 1902, Pelléas et Mélisande de Debussy ? Que fut la puissance de nouveauté pour l'oeil, l'oreille et l'esprit, de telles oeuvres ?" La discussion qui clôt le volume nous entraîne sur un terrain plus philosophique, sur les questions de la connaissance, de la science, de l'ignorance et de l'apprentissage. Un constat d'impuissance s'impose, exprimé par Andrew Oliver : "Le rythme d'accroissement des savoirs, dans tous les domaines, n'a aucun rapport avec celui de la vie humaine. Il me paraît qu'il s'accélère sans cesse, de manière exponentielle, de sorte que lorsque j'entreprends une lecture quelconque, loin de devenir plus instruit, je le deviens moins car les connaissances accumulées pendant le temps de ma lecture sont sans commune mesure avec celles puisées dans mon livre."
   
   Curiosité. Eric Dussert cite en note complémentaire à son intervention un petit texte d'André Frédérique que j'avais oublié ou ignoré jusque là et que j'ai eu plaisir à (re)découvrir : "Il y a de la profondeur cachée dans mon langage. Je parle ne sachant à l'avance ce qu'il sortira et les mots s'assemblent en oracle. Du moins on me le dit. Si je parle longtemps, je bâtis un monde où je me perds moi-même. Il me faut de patients amis pour me l'expliquer. [...] Je voudrais dire quelque chose d'indifférent, une broutille, je n'y parviens pas. Toujours une lumière au fond de mon puits, une fleur dans mon désert. Pour tout ce que je dis, mes amis trouvent des excuses. Il me vient alors des envies de gâter le miracle : je parle de mes bretelles. Eh bien ! ce n'est pas encore futile. Pas du tout."

critique par P.Didion




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