Lecture / Ecriture
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Sois Zen et tue-le de Cicéron Angledroit

Cicéron Angledroit
  Sois Zen et tue-le

"Banlieusard pur jus, l'auteur de son vrai nom Claude Picq est né en décembre 1953 à Ivry-sur-Seine."
(Source éditeur) (Comment ne pas s'incliner devant un tel pseudo?)

Sois Zen et tue-le - Cicéron Angledroit

Tu ne tueras point, sauf si tu gardes ton calme !
Note :

   Les romans humoristiques ou à tendance humoristique sont trop rares parmi la production actuelle pour les oublier lorsqu’un auteur, même débutant, s’y colle.
   
   C’est ainsi que Cicéron Angledroit, auteur et héros de "De la part des enfants", devenu "Soit zen et tue-le", s’inscrit en marge de l’actualité polardeuse. Son roman avait paru déjà depuis un peu plus d’un an (lorsque j’écrivais cette chronique en 2002, lors de la première édition de ce roman) mais il n’est jamais trop tard pour réparer un oubli.
   
   Cicéron Angledroit est donc détective en banlieue parisienne. Divorcé il a une fille à charge, confiée à sa mère (la mère du détective, je précise) et côté finances, ce n’est pas la joie. Entre deux constats d’adultère, il passe son temps avec Brigitte, une pharmacienne mariée mais délaissée.
   
   Une vieille dame lui demande d’enquêter sur la mort de son époux, décès survenu dix ans auparavant d’une crise cardiaque, mais qu’elle juge peu naturelle. Il a pour habitude de prendre son café matinal dans un bistrot d’une galerie marchande et ce matin là, une explosion jette la perturbation parmi les promeneurs. Un SDF qui s’était probablement emparé d’une valise oubliée et tentait de l’ouvrir rejoint le pays des sans logis.
   
   Parmi les témoins René employé pour ranger les caddies et Momo, qui vend le Belvédère, journal des sans abris. Entre l’enquête à lui confiée par la vieille dame et la prolifération d’attentats envers les petits voleurs, jeunes ou vieux, Angledroit ne va pas perdre son temps et va même trouver quelques heures de libres pour consoler la belle-fille de sa cliente.
   
   Ecrit à la première personne, ce roman oscille vers l’humour mais ne vous y trompez pas, l’épilogue est noir.
   
   Parfois on pense un peu à San-Antonio à ces débuts, lorsque l’histoire n’était pas délayée dans une logorrhée verbeuse. D’ailleurs l’un des personnages se prénomme Félicité, presque pareil que la mère du célèbre commissaire. Et l’auteur narrateur s'entretient avec son lecteur de la même façon.
   
   Un roman plaisant à lire et qui délasse après une longue journée de labeur. Le sourire est omniprésent, pourtant, vous vous en rendrez compte à sa lecture, le sujet est grave.
   
   Et cette réédition est la bienvenue car le talent de Cicéron Angledroit (c'est un alias, vous vous en serez douté !) est indéniable et mérite d'être reconnu, même si ses romans n'entrent pas dans les critères souvent pessimistes des lecteurs. Alors, justement, pour chasser les miasmes de la morosité ambiante, n'hésitez pas. L'humour est présent mais n'oblitère pas le côté humain du sujet.
   
   Certains auteurs écrivent en blanc cassé, d'autres en rouge hémoglobine, Cicéron Angledroit rédige en noir tendresse.

critique par Oncle Paul




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