Lecture / Ecriture
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Julia Margaret Cameron de Joanne Lukitsh

Joanne Lukitsh
  Julia Margaret Cameron

Julia Margaret Cameron - Joanne Lukitsh

Photographe victorienne
Note :

   Cela fait une éternité que je veux consacrer ici un article à Julia Margaret Cameron (1815-1879), sous une forme ou une autre.
   
   Julia Margaret Cameron est née en Inde en 1815, puis a grandi en Europe et notamment en France, auprès d'une grand-mère française. Elle repart ensuite en Inde puis rencontre son époux lors d'un voyage en Afrique du Sud en 1836. Charles Hay Cameron a vingt ans de plus qu'elle et, lorsqu'il prend sa retraite, la famille (déjà nombreuse) rentre en Angleterre. Julia Margaret Cameron retournera en Asie à la fin de sa vie.
   
   Lorsque le couple s'installe en Europe, Julia Margaret Cameron fréquente un cerce d'artistes, notamment le poète Tennyson ou encore le peintre George Frederic Watts. Elle est de fait connue pour ses portraits de Victoriens célèbres (dont Darwin, Edward Burne-Jones, Ellen Terry... outre ceux déjà cités et d'autres encore). Dans ses mises en scène, elle s'inspire de poèmes ou de thèmes religieux (Madone, Christ enfant...). Elle réalise également de nombreux portraits féminins.
   
   Julia Margaret Cameron se lance dans la photographie très tardivement, lorsqu'elle est âgée d'environ cinquante ans. Elle a une vision moderne de son art, cherche la beauté davantage que la perfection technique. D'où ses portraits très vivants, qui ne manquent pas d'aspérités. Elle reçoit un accueil chaleureux d'artistes de l'époque, notamment pré-raphaélites, mais nettement plus réservé des photographes professionnels qui lui reprochent son manque de technique. Cameron ne tient compte que de l'avis des premiers et ne semble pas manquer d'assurance... mais comment en serait-il autrement lorsqu'on considère l’œuvre qu'elle laisse derrière elle ?
   
   Pour les photos qui me plaisent particulièrement, 'ai volontairement omis les portraits masculins, mais je suis plus sensible à la grâce de ces Victoriennes qu'à l'effroyable pilosité de leurs contemporains.
   
   Il y a un portrait de Julia Jackson, 1867 (nièce de Julia Margaret Cameron et mère de Virginia Woolf - la ressemblance entre la mère et la fille m'avait semblé frappante en découvrant l'exposition "Ballade d'amour et de mort"; si Julia Jackson incarnait un idéal féminin tel que le concevait les Victoriens, je trouve à Virginia Woolf une beauté étrange et tout aussi fascinante que celle de sa mère)
   
   Le livre Julia Margaret Cameron (55) publié aux éditions Phaidon m'a permis de me replonger dans l’œuvre de cette photographe en quelques heures. Cet ouvrage synthétique présente l'artiste, son parcours ainsi que l'accueil reçu par ses œuvres en introduction et s'achève par une biographie succincte. Entre les deux, place aux œuvres : chacune est présentée sur une page (reproductions de belle qualité), avec, en regard un petit commentaire. Ce livre de petit format constitue une bonne introduction à l'univers de Cameron, même si j'ai regretté le fait de ne pas retrouver certains portraits de femmes : en couvrant un panorama large, difficile de tout présenter mais dans la mesure où c'est là le cour de l’œuvre de Cameron et ce qui m'intéresse le plus, j'ai eu un petit regret. Je me note donc le titre Julia Margaret Cameron's Women, malheureusement épuisé. Autre petit bémol : je n'ai sans doute pas eu de chance mais la couverture m'est restée entre les mains après avoir lu un petit tiers du livre. Pourtant, je suis très soigneuse en la matière. Heureusement, il sera a priori facile de la recoller!

critique par Lou




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