Lecture / Ecriture
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Roland est mort de Nicolas Robin

Nicolas Robin
  Roland est mort

Roland est mort - Nicolas Robin

Follement comique
Note :

   "J'inspire. J'ai les bras en croix, un caniche qui m'attend pour aller pisser, un trou dans ma chaussette gauche, et toujours aucune perspective d'avenir professionnel. Le gros faisan m'applaudit."
   

   Roland est mort, c'est d'abord le contraste du titre et de la couverture rose bonbon, contraste parfaitement justifié, on le verra plus loin. C'est aussi le leitmotiv qui ouvre chaque chapitre, sorte de memento mori pour le narrateur car "Je bois pour oublier que demain, Roland c'est moi."
   

   En effet, si leur seul point commun était leur mur mitoyen, le narrateur est peut être sur le même chemin que Roland, mort seul chez lui, dans l'indifférence quasi générale. Pour tout bien, Roland laisse une caniche prénommée Mireille, en hommage à Mireille Mathieu dont Roland écoutait les chansons en boucle.
   
    Voilà donc le voisin qui hérite de Mireille, puis de l'urne funéraire, calamités successives dont il lui faudra bien s'accommoder.
   
   Ce pourrait être tragique, c'est follement comique car le voisin, non content d'accumuler les héritages encombrants et incongrus, est un looser fini (largué par sa copine, viré de son boulot, nanti d'une famille de frappadingues). Le principe d'accumulation fonctionne à plein régime et le style bourré d'humour de Nicolas Robin fait le reste. Pas de bons sentiments mais un zeste de tendresse pour ce quadragénaire à qui sa grand-mère demande sans cesse "-Alors, pourquoi t'es pas marié?", "ça la chiffonne. C'est le pépin. Ne pas être marié à quarante ans, c'est la tuile dans la famille. ça cache un problème à son époque, les hommes non mariés étaient forcément curés ou homosexuels. On demandait aux uns de parler de l’Évangile, aux autres de se taire. Mamie exige la vérité. Elle veut savoir envers qui je suis dévoué: Dieu ou Burt Reynolds."*
   

   Nous nous permettrons juste de donner un indice: être fan de Mireille Mathieu peut présenter des avantages... Un petit plaisir déniché à la médiathèque, 183 pages dévorées le sourire aux lèvres.
    ↓

critique par Cathulu




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... mais ce n'est pas triste
Note :

   Eh oui, Roland est mort... et qui peut imaginer que ce soit si absurdement drôle. En effet, Roland est le voisin de notre narrateur, qui se voit attribué, après son décès, son caniche Mireille et l'urne funéraire de cet homme, isolé et sans famille. Le jeune homme était pourtant bien tranquille avant, à subir sans broncher les vocalises de Mireille Mathieu, en provenance de l'appartement voisin, à regarder toute la journée des films pornographiques affalé sur son canapé, à comater dans cette vie de chômeur désabusé, qui est son quotidien depuis que celle qu'il aimait est partie. Bref, Roland est mort, et ce n'est pas si facile de se débarrasser des restes de sa vie, de son chien, de ses cendres...
   
   Mais le voisin de Roland a-t-il vraiment envie de s'en débarrasser ? Surtout quand la délicieuse Chantal vient toquer à la porte du disparu pour une de ses séances de massage mensuelle, surtout quand il apparaît peu à peu qu'il a été choisi par le défunt, en toute connaissance de cause, pour recevoir ce qu'il reste de lui...
   
   Difficile de décrire le charme de l'écriture de Nicolas Robin dans ce livre, qui allie avec talent humour caustique, tendresse et finesse. Car en effet, malgré la somme de situations rocambolesques contées, malgré les portraits désopilants imaginés par l'auteur, il est surtout question de solitude dans ce roman.
   
   Tu l'as lu, ou plutôt dévoré, en une journée. Et tu as aimé la dose d'espoir qu'il distille aussi, sur la possibilité des imprévus, sur les rencontres fortuites, et sur tout ce qui permet de changer sa vie à tout moment... Une très chouette lecture de poche !!

critique par Antigone




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