Lecture / Ecriture
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En douce de Marin Ledun

Marin Ledun
  Les visages écrasés
  Luz
  Ados: Un cri dans la forêt
  En douce
  Salut à toi ô mon frère...

Marin Ledun est un écrivain français de romans noirs né en 1975.

En douce - Marin Ledun

Huis-clos percutant
Note :

   Marin Ledun est l’auteur qui monte depuis deux ans. Il était temps de le découvrir. Et force est de constater que ses livres se lisent d’une traite. Les personnages sont pris dans une spirale infernale, le lecteur retient sa respiration, on ne voit aucune issue et pourtant, il y en aura une, qui nous ramène à notre humanité ainsi qu’à de l’apaisement pour le lecteur.
   
   Pas de fioritures littéraires, une langue familière, un style dynamique, moderne, ancré dans notre présent et les maux de notre société.
   
   J’avais apprécié la subtilité de "Luz", un roman pour jeunes adultes, court mais qui appuie là où ça fait mal.
   
   Pour cette intrigue, le contexte est une petite ville de province entre mer et forêt, des milieux sociaux moyens voire modestes. Une jeune femme blessée, submergée par son désir de vengeance, séquestre un homme qu’elle estime responsable de son état. Telle une chasseuse primale, elle le traque et le prend au piège.
   
   Dans un lieu isolé, les événements vont prendre une tournure telle qu’elle ne l’avait pas prévue. Mais avait-elle seulement un plan ? Seule face à cet homme mais surtout se fuyant elle-même, passée l’assouvissement de la capture, elle plonge dans la tourmente. Peut-elle imputer à cet homme tous les ratages de son existence ainsi que les actes manqués ? Que s’est-il passé pour qu’Emilie souffre autant ?
   
   Dans une scène magistrale finale, Emilie accepte de regarder enfin le déroulé de la soirée de l’accident. Je l’ai relu plusieurs fois tant j’ai été prise à contre-pied. Le déchaînement de violence, la dérive s’arrêtent, la machine s’enraye et toute la détresse d’Emilie émerge et émeut profondément.
   
   On peut être débordé dans notre lecture pas un sentiment de "too much" quant à l’engrenage dans lequel sont pris les protagonistes mais les scènes de retours à la raison, au calme sont très fortes et laissent planer en nous un malaise : celui de la solitude moderne dans laquelle sont plongés certains êtres.

critique par Nathalire




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