Lecture / Ecriture
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La vague de Hubert Mingarelli

Hubert Mingarelli
  Hommes sans mère
  L'arbre
  La Dernière Neige
  Le Bruit du vent
  Le jour de la cavalerie
  Le voyage d'Eladio
  Une rivière verte et silencieuse
  Vie de sable
  Océan Pacifique
  Quatre soldats
  La beauté des loutres
  Marcher sur la rivière
  La promesse
  L'année du soulèvement
  La lettre de Buenos Aires
  Un repas en hiver
  L’homme qui avait soif
  La route de Beit Zera
  L'incendie
  Ados: La lumière volée
  La vague
  La source

Hubert Mingarelli est un écrivain français né en 1956 en Lorraine.


* Interview dans la rubrique "Rencontres"

La vague - Hubert Mingarelli, Barthélémy Toguo

Grosse nouvelle, avec illustrations
Note :

   Difficile de définir ce genre d’ouvrage, sous forme d’un petit fascicule, de réalisation très soignée, signé par Hubert Mingarelli et illustré (« vu » est-il écrit) par Barthélémy Toguo. Allez ! Grosse nouvelle !
   Grosse nouvelle peut-être, mais dans la pure veine « mingarellienne ». La chose se déroule le temps d’une nuit d’escale d’un bateau à Haïti et ceci concerne essentiellement deux hommes, deux marins amis, Tjaden et le narrateur. Le style enfin, toujours très épuré, à base le plus souvent de phrases courtes (on n’ose dire écourtées !).
   « La mer était grise et blanche. Le ciel tombait sur la mer. Le vent soufflait. Alors nous vîmes la vague qui devait nous emporter, Tjaden et moi, plus tard, le lendemain, au moment où peut-être elle touchait Cuba ou la Floride. Comment savoir où elle allait. Elle était haute. Grossman, notre lieutenant, se cala contre la table à carte. Le barreur leva les yeux du compas à peine une seconde, et écarta les jambes. C’était Tjaden. Comprenant que nous avions un mauvais angle, je saisis le pupitre de la radio à deux mains, courbai la tête et attendis. »
   

   Il va y avoir incompréhension, malentendu –oh ! pas bien gros, mais du genre qui vous bousille une relation entre deux hommes – et Tjaden va se retrouver consigné à bord à l’escale qui suit cette vague, à Haïti. Le narrateur va lui tenir compagnie et donner aussi son coup de pinceau au minium. Consignés alors que le projet de descendre à terre allégeait la pénibilité des longs jours passés à bord :
   « Mon cœur était léger et dans ma tête tout se mélangeait. Je pensais aux bordels en plein air en même temps qu’aux poulets. Je voyais des lumières sur une hauteur, et en-dessous de ces lumières, j’imaginais l’un de ces bordels dont on nous avait parlé. Je voyais les filles joyeuses assises sur des chaises sous un arbre... »
   

   La suite, c’est la lente dégradation de la relation étroite qui existait entre Tjaden et le narrateur, découpée au scalpel, comme de coutume chez Hubert Mingarelli. Rien n’est laissé au hasard. Tout n’est qu’une succession de faits et ressentis logiques sous le ciel étoilé des Gonaves...
   
   Il faut se souvenir qu’Hubert Mingarelli a commencé sa vie active par un engagement dans la marine. Trois ans après il débarquait. Gageons qu’il a ramené de cette expérience matière à écrire (déjà abordé dans « Océan Pacifique »). Matière à écrire et connaissance du sujet.

critique par Tistou




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