Lecture / Ecriture
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Dès 11 ans: L’enfant maudit de Jack Thorne

Jack Thorne
  Dès 11 ans: L’enfant maudit

Dès 11 ans: L’enfant maudit - Jack Thorne

D’après une idée de jk Rowling
Note :

   Il nous est tous arrivé à un moment ou à un autre de notre vie, parfois à plusieurs reprises, d’assister à ces repas de famille sanctionnant un anniversaire quelconque ou lors d’un mariage. Même si on n’a rien à leur dire et que les conversations ne s’élèvent guère plus haut que ces vols de corbeaux annonçant la pluie, on a plaisir à retrouver de vieilles connaissances.
   
   "L’Enfant Maudit" contient tous ces sentiments de nostalgie et d’appartenance à une vague et lointaine tribu. On éprouve une tendresse toute particulière à retrouver nos amis, devenus étonnamment des parents dont la progéniture va leur causer bien du souci. En fait, la paternité est peut-être l’épreuve la plus ardue pour le sorcier à la cicatrice. Dans la galerie de personnages qui ont bercé notre jeunesse, on retrouve Mimi Geignarde, hantant les toilettes de filles de Poudlard, le professeur MacGonagal propulsée directrice de la prestigieuse école de sorciers, la famille Dursley au complet lors de rêves récurrents qui hantent les nuits de Harry, Rogue bien rangé du côté du bien sans plus aucune ambiguïté cette fois et même, par le biais des tableaux dans lesquels il figure, Dumbledore. Dans le monde des sorciers, on n’est jamais vraiment tout à fait mort. Bien sûr, il y a des absents de marque. Je regrette au plus haut point de n’avoir pas pu lire une ligne concernant Sirius Black, le parrain de Harry. Pourtant jk Rowling avait laissé une porte ouverte : mort, probablement, ou simplement disparu lors de cette fabuleuse bataille au ministère de la magie. Il aurait été intéressant de le faire réapparaitre. Mais, tout compte fait, Sirius représentait la seule et unique famille de Harry à une époque où le héros était bien seul. Désormais, il a une famille. Une Ginny aimante et trois rejetons, dont Albius, qui va lui donner du fil à retordre. Car c’est bien le fils de Harry Potter qui est le personnage central du livre, accompagné de son meilleur ami… le propre fils de Drago Malefoy!
   
   L’auteur brouille ainsi les cartes en réconciliant, par génération interposée, les ennemis d’hier.
   En résumé, c’est une cure de jouvence et une pièce qui se lit d’un trait (un seul weekend m’a suffi, moi qui lit comme un escargot traversant une autoroute). Certes, l’histoire est convenue : il faudra aux deux amis lutter à nouveau contre Voldemort et les terribles forces du mal, l‘empire des ténèbres. Car les héros vont jouer avec le temps. Et c’est prendre beaucoup de risques pour un résultat souvent aléatoire. Albert Einstein l’avait prédit et Robert Zemeckis, dans sa trilogie Retour Vers le Futur, nous avait déjà mis en garde. Il faut croire que dans le monde des sorciers, on ne va pas beaucoup au cinéma (aucune "toile" visionnée durant les 8 épisodes). Il est vrai que le septième art est le seul domaine où, nous autres vulgaires Moldus, sommes capable de magie.
   Là, il s’agit de théâtre.
   
   Jack Thorne (oui, Rowling n'est que l'auteur... du personnage, et surement un peu le "contremaitre" de cette séance de travail en compagnie de John Tiffany, crédité lui aussi en couverture, mais qui s'est contenté de mettre en scène), a résolu l'écueil qui l'attendait au tournant : tout le monde allait dire que c'était mal écrit. En transcrivant purement et simplement la pièce de théâtre, il ne risque pas de faire l'objet de critiques sur son talent littéraire. Ce n'est pas de la littérature, point final.
   Proposer un ultime épisode (ultime, vraiment?) sur les planches était, en soi, d’une audace de bon augure. La représentation a eu lieu le jour de l’anniversaire de jk Rowling. Je passe sur les incohérences de dates. Exemple : Harry Potter, bon père de famille, a désormais 37 ans. Nous l’avions laissé en dernière année à Poudlard, donc passablement 18 ans… il y a à peine dix ans. En moins d’une décennie, le héros à lunettes a pris… 20 bonnes années! Mais n’oublions pas que cette histoire inédite repose entièrement sur un Retourneur de Temps qu’apparemment les auteurs savent manier mieux que quiconque.
   
   En conclusion, les fans de Harry y trouveront leur compte dans toute une palette d’émotions qui vont aller de la jubilation effrénée à l’amère déception (car l’attente était trop forte, trop immense). J’avoue me situer aux deux tiers positifs sur cette échelle.
   
   En revanche, pour tous ceux qui ne connaissent pas l’univers de Rowling, mieux vaut commencer par le commencement. Oui, il vous faudra avaler les 3962 pages précédentes (j’ai compté!). Pas d’inquiétude, vous avez tout l’hiver.

critique par Walter Hartright




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