Lecture / Ecriture
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Soyez imprudents les enfants de Véronique Ovaldé

Véronique Ovaldé
  Déloger l'animal
  Et mon cœur transparent
  Ce que je sais de Vera Candida
  Le sommeil des poissons
  Toutes choses scintillant
  Les hommes en général me plaisent beaucoup
  Des vies d’oiseaux
  La grâce des brigands
  La salle de bains du Titanic
  Soyez imprudents les enfants
  Personne n'a peur des gens qui sourient

Véronique Ovaldé est une écrivaine et éditrice française née en 1972.

Soyez imprudents les enfants - Véronique Ovaldé

345 pages et une lecture manquée
Note :

   Rentrée littéraire 2016
   
   A treize ans, Atanasia Bartolome découvre lors d’une sortie scolaire un tableau qui l’émeut profondément. Celle pour qui "juste avant cette exposition tout était immobile et pétrifié" veut en savoir plus sur le peintre Roberto Diaz Uribe qui semble d’être volatilisé depuis plusieurs années. Après avoir contemplé ce tableau, la vie d'Atanasia se focalise sur ce peintre. Si le nom du peintre semble tabou pour ses parents, à dix-huit ans elle part à Paris pour étudier où un professeur d’origine russe s’intéresse de très près à Roberto Diaz Uribe.
   
   Indéniablement, on retrouve dans ce roman l’écriture singulière de Véronique Olvadé. Enchanteresse, fantasque où elle déploie une narration qui passe aisément de "je" à "elle".
   La quête d’Atanasia nous entraine sur les traces de la mission Voulet-Chanoine au Tchad ou encore au Brésil. Car sa recherche a dépassé son but initial et elle remonte les branches familiales.
   Un récit émaillé de digressions qui bout à bout se rejoignent, une ambiance qui oscille entre réalité et fable, un univers où l'art et l'imprudence comptent avec des personnages féminins souvent hauts en couleurs.
   
   Mais trop souvent, je me suis retrouvée perdue en me demandant où l'auteure voulait me conduire.
   Et même si la fin m’a permis de me raccrocher à l'histoire, c’est une lecture manquée pour moi.
   
   "L'exposition qui fut à Bilbao, l'un des événements de ce mois juin 1983 fut considérée par beaucoup comme une provocation. Elle s'intitulait "Mon corps mis à nu". Elle disait en effet qu'on pouvait de nouveau monter en Espagne les corps, la chair, leur beauté et leur effondrement et qu'on allait mettre de côté les tableaux tauromachiques. Elle présentait des toiles de Schiele, Bacon, Freud, Picasso et une toile monumentale de Roberto Diaz Uribe.
   J'avais treize ans.
   Je ne connaissais rien à rien. Seulement le temps long de la dictature, sa queue de comète, et la mémoire tronquée."

    ↓

critique par Clara et les mots




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Lecture réussie
Note :

   Atanasia Bartolomé, 13 ans, connait l'éveil sensuel en découvrant un tableau de Roberto Diaz Uribé. La chose est bien sûr sublimée en passion pour l’œuvre de ce peintre mystérieux qui a organisé sa disparition depuis de nombreuses années et elle ne va plus cesser d'enquêter sur lui, se découvrant plus tard d'étonnants (et peu vraisemblables, mais qu'importe) liens avec lui.
   
   Adulte, elle se rend à Paris pour étudier et rencontrer le seul spécialiste de ce peintre : un émigré russe tout à fait comme on les imagine. Tout comme Diaz Uribé a disparu, il leur semble que tous ceux qui s'intéressent à lui disparaissent à leur tour (mais cette piste fera-t-elle long feu?). Il semble même à Atanasia qu'elle disparaît au sens premier du terme : devient peu à peu invisible... Est-ce, là encore une piste fantastique qui nous mènera quelque part ?
   
   Les pistes policières et donc, surnaturelles sont finalement abandonnées pour une version plus réaliste, Atanaisa retourne en Espagne et finira par avoir la clé du mystère que je me garderai bien sûr de vous permettre de deviner ici.
   
   Un roman plaisant et dont on suit la recherche avec plaisir et intérêt. Des personnages pas toujours très surprenants mais au moins plutôt bien vus et dotés d'une bonne cohérence psychologique, tout comme l'histoire en elle-même quand on en fait le bilan. L'écriture est plaisante elle aussi. Un bon roman, somme toute, à mon avis, même s'il ne crève pas le plafond du Parnasse littéraire.
   
   
   Extrait:
   
   "… Quelque aigreur à cause du mauvais sort qui l'avait fait naître pauvre et sagace."
   
   "Les pauvres devraient prendre modèle sur les riches. Il faut être aussi mobilisé et collectiviste que les riches. Ils restent entre eux. Ils placent les enfants de leurs amis aux postes appropriés. Ils ont un sens de la dynastie enviable. Créons donc une dynastie de pauvres."

critique par Sibylline




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