Lecture / Ecriture
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Continuer de Laurent Mauvignier

Laurent Mauvignier
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  Autour du monde
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Diplômé en arts plastiques, Laurent Mauvignier est un romancier français né en 1967.

Continuer - Laurent Mauvignier

239 pages magistrales
Note :

    Rentrée littéraire 2016
   
   239 pages magistrales et un immense coup de cœur !
   
   Un divorce houleux, une installation à Bordeaux où "elle croyait connaître des gens avant de s’apercevoir que c’était plutôt son mari qu’ils connaissaient, pas elle", Sybille que l’on dit avoir tout raté (les grandes ambitions de sa jeunesse, son mariage) est l’ombre d’elle-même. "Victime collatéral" du déchirement de ses parents, son fils Samuel âgé de seize ans l’ignore ou presque et part à la dérive. Un électrochoc pour Sybille qui ne peut pas laisser sombrer son fils ou continuer à l’entraîner dans sa propre chute. Elle décide de quitter son emploi d’infirmière pour plusieurs mois, de vendre la maison de ses parents et de partir avec Samuel au Kirghizistan. Un périple à cheval, leur passion commune avant que Samuel ne décroche, afin qu’il puisse "reconstruire sa vie, redonner du sens à la vie, tout remodeler".
   
   Des scènes grandioses à couper le souffle avec les chevaux (qui semblent comme suspendues hors du temps), des sentiments violents et larvés de Samuel envers sa mère, son mépris envers les personnes qui les accueillent et dont il ne comprend pas la langue, de Sybille dont on apprend par bribes le passé, Laurent Mauvignier excelle à décrire les sentiments et les différentes relations. Que ce soit la figure du père pour Samuel mise sur un piédestal, l’amour de Sybille pour son fils, la relation conflictuelle entre l’adolescent et sa mère qui se débat avec ses anciens démons en espérant voir Samuel s’ouvrir sur l’extérieur.
   
   Du regard du fils sur sa mère (et c’est très juste et réaliste ce portait de Samuel qui saisit à la perfection le mal-être, la colère et la peur) et inversement, des chevauchées à travers ce pays dont Sybille a préparé l’itinéraire de voyage, des imprévus au danger, tout est admirable.
   Avec des allers-retours entre passé et présent avec en fond une chanson de Bowie, l’écriture est tout simplement sublime. Nerveuse, brutale ou plus douce pour ce roman intimiste, bouleversant, optimiste entre une mère et son fils et qui rend parfaitement le contexte social actuel.
   Un livre magistral !
   
   "Il ne comprend pas, quelque chose est en train de soulever sa mère et de l'emmener vers une zone d'elle-même dont il ignore tout. Et ça, Samuel en est troublé, il la regarde avec l'envie de lui sourire –et peut-être même que depuis tout à l'heure il sourit vraiment, comme un fils peut sourire à sa mère, avec pudeur et amour, avec une forme de tendresse et de complicité qui se passe de mots parce qu'elle les contient tous, dans le secret d'un sentiment qui les dépasse."

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critique par Clara et les mots




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Quand reste l'important
Note :

   Sibylle, une femme séparée de son mari, veut éviter à son fils adolescent de tomber dans la dépression. Pour ce faire, elle décide de l’emmener effectuer une longue randonnée à cheval dans les montagnes du Kirghizistan. Le fils, Samuel, en échec scolaire, ne sachant que faire pour sortir de son apathie, se laisse entraîner par sa mère. Ils se lancent tous les deux dans cette aventure, sans bien en mesurer la nature.
   
   Ils vont alors traverser des paysages somptueux mais peu hospitaliers, frayant sur des sentiers de haute montagne à pic, risquant à tout moment la chute au fond du ravin. Cette épreuve permet à la mère et au fils de resserrer leur relation de façon inattendue et de se sentir mutuellement responsables l’un de l’autre. Ils subissent la fatigue du voyage et même un accident qui frappe la mère, poussant le fils à prendre ses responsabilités et à secourir sa mère avec laquelle sa relation jusque-là était si froide.
   
   Samuel en vient même à rentrer en relation avec son père, disparu depuis longtemps, qui interviendra lui aussi pour sortir son ex-épouse et son fils des difficultés dans lesquelles ils se sont placés.
   
   Ainsi ce beau roman est-il placé sous le signe de l’aventure, en même temps que de l’amour filial et de la réconciliation.

critique par Jean Prévost




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