Lecture / Ecriture
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Au commencement du septième jour de Luc Lang

Luc Lang
  Mille six cents ventres
  Au commencement du septième jour

Au commencement du septième jour - Luc Lang

Corriger le passé
Note :

    Luc Lang écrit ici dans son dernier roman, un texte magnifique sur l'histoire d'un homme, Thomas.
    Sa vie bascule en pleine nuit, quand le téléphone sonne et qu'il apprend que sa femme, Camille, est victime d'un très grave accident de voiture sur une route de Normandie. Que faisait-elle là ?
   
    C'est à ce moment précis que nous pénétrons dans son existence, celle d'un père de deux enfants, d'un mari, d'un homme d'affaires accompli.
    Et là, on ne le lâche plus.
   
    Thomas va essayer de comprendre, mais surtout d'apprendre. Il mènera à sa façon une enquête pour connaître les raisons pour lesquelles Camille se trouvait là, à cette heure.
   
    Il remontera le passé, plongeant ainsi dans une quête qui lui mettra sous les yeux les failles de sa vie.
   
    De Normandie où Camille est plongée dans un coma, à Paris où Thomas se retrouve débordé par la gestion de son travail et ses deux enfants,nous le voyons changer, nous le voyons se délester de tout ce qui encombre une vie : les disputes, les non-dits, les vanités.
   
    De sa réflexion sur quel sens donner à sa vie, Thomas fait une quête lumineuse pour renouer avec un passé oublié et meurtri.
   
    Dans les Pyrénées d'abord avec son frère, berger ayant repris l'exploitation familiale, il s'approchera d'un être qu'il a mal connu. Il sera confronté à la transmission, au travail mais aussi à la famille et ses secrets.
   
    En retrouvant sa sœur, médecin au Cameroun, Thomas retrouve les liens de la filiation, de l'identité et sur ce qui fonde ou sépare une famille.
   
    Tantôt haletant, tantôt abattu, Thomas n'aura de cesse de se tourner vers le futur.
   
    D'une histoire simple, l'auteur fait un texte riche sur les questionnements de vie, pas de réponse pourtant puisque l'essentiel est ailleurs.
   
    L'histoire d'un homme qui tente de reprendre sa vie en main, de rattraper un passé enfoui et de continuer encore.
   
    Du rythme, un style et un ton pour un très bon roman.
    ↓

critique par Marie de La page déchirée




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Road-movie à la française
Note :

   Thomas, informaticien spécialisé dans la conception de logiciels de contrôle et surveillance ; ce soir il attend sa femme, Camille, également informaticienne. Il a préparé un repas pour les dix ans de vie commune (elle n’aime pas dire "mariage") , mais ne sait si elle va pourvoir venir car elle est de plus en plus prise par son travail. En fait, elle ne viendra pas car elle a eu un grave accident de voiture, sur une route départementale en Normandie, où elle n’avait aucune raison de se trouver. A partir de cette tragédie, Thomas va devoir affronter les abysses du désespoir ; pour lutter contre l’affliction il enquête de façon pragmatique: connaître la cause de l’accident, et où sa femme allait ce soir là. Étude sérieuse, l’ordinateur de bord du véhicule, les objets du sac de Camille, le contenu du coffre, les demandes aux amis qu’elle avait (et qu’il ne connaissait pas). Sa quête va également le mener vers son frère aîné éleveur de moutons dans les Pyrénées ; plus tard sa sœur qui gère une ONG au Cameroun… son job aussi il va devoir le réévaluer, ses rapports avec ses deux enfants…
   
   Suite : le Moleskine. L’auteur utilise presque exclusivement le présent de narration, et les dialogues sans guillemets, très vivants, pour instiller un sentiment d’urgence, exprimer les déplacements permanents de Thomas, dans ses pensées (retour dans le passé, cauchemars, sensations de perte et d’effroi) et dans la réalité (il est toujours en mouvement, à pied en voiture, en taxi, en tacots brinquebalants, escalade des montagnes, des escaliers…) . Tout cela s’intègre à merveille dans le flux narratif, bourré de virgules, ce qui le rend à la fois souple et violent. J’ai apprécié aussi les descriptions précises et toujours significatives de lieux auxquels on ne prête que peu d’attention d’ordinaire : des défilements de bâtiments dans des zones industrielles, des terrains vagues, des bords de route, des entrées d’immeubles etc. traités aussi noblement que les paysages de montagne, et l’église abbatiale de Rouen. De toute façon la variété de lieux décrits a de quoi éblouir ! Je n’ai rien dit du Cameroun, pour la troisième partie, et c’est tout aussi impressionnant. En dépit des épreuves traversées, une fin plutôt optimiste.
   
   Un très bon roman dit "de la rentrée".

critique par Jehanne




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