Lecture / Ecriture
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Le père et l'enfant se portent bien de Pauline Dreyfus

Pauline Dreyfus
  Immortel, enfin
  Ce sont des choses qui arrivent
  Le père et l'enfant se portent bien
  Le déjeuner des barricades

Pauline Dreyfus est une journaliste et écrivaine française née en 1969.

Le père et l'enfant se portent bien - Pauline Dreyfus

Quand l'enfant paraît
Note :

   "Comment lui expliquer que oui, ils avaient en effet raison, j'étais d'ailleurs bien d'accord avec eux, mais que les recommandations alimentaires du pédiatre, c'est comme quand le Pape parle de sexualité. Le rôle du Saint-Père, c'est de prôner la voie la plus ardue, le chemin le plus escarpé. C'est même ce qu'on attend de lui, sinon il faut qu'il change de métier. Donc, il s'oppose à la contraception, à l'avortement, il défend la fidélité et le mariage à vie. Très bien. Mais ça ne veut pas dire que le croyant suive toujours ses avis à la lettre. Le Pape montre un idéal ; le pédiatre aussi. Personne n'est obligé de l'atteindre. Ce qui compte, c'est d'essayer d'y parvenir. Parce que sinon, la vie deviendrait impossible".
   

   Le premier texte publié de Pauline Dreyfus est un recueil de huit nouvelles tournant autour des changements profonds liés à la naissance d'un enfant. Si le titre laisse présager une place importante laissée au père, il est aussi fortement question de la mère. A noter que ce recueil est paru d'abord sous le titre "Bienvenue au club".
   
   La première nouvelle s'ouvre sur l'arrivée d'un premier enfant dans un couple où le père découvre soudain l'hostilité de la ville en ramenant son bébé à la maison. Suivront plusieurs cas de figure, la femme qui recule le plus possible le moment de faire des enfants, celle qui ne se sent bien qu'en en ayant un tous les ans, celle qui sacrifie son couple à sa maternité, celle qui fait des enfants, mais les ignore lorsqu'ils sont là, etc. ... C'est souvent drôle, bien observé, grave aussi. La chute est en général assez cruelle, sans trop appuyer. Le rôle des "nouveaux pères" est décortiqué avec un solide bon sens, ainsi que les injonctions contradictoires de la société à l'égard des mères.
   
   Très différent de ses derniers romans, j'ai néanmoins retrouvé la belle plume de l'auteure et j'ai passé un bon moment de lecture.
   
   "Enfin le père se sentait utile ! Il avait laissé avec soulagement la mère en tête à tête avec le bébé pendant la phase couches-biberons, mais maintenant qu'on abordait les grands sujets, maintenant qu'il s'agissait d'élever cet enfant et plus seulement de le nourrir et de le torcher, il était prêt à prendre toutes ses responsabilités de père. Il jubilait : son heure était enfin venue !".

critique par Aifelle




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