Lecture / Ecriture
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Maria Republica de Agustin Gomez-Arcos

Agustin Gomez-Arcos
  Maria Republica

Maria Republica - Agustin Gomez-Arcos

La putain rouge entre au couvent
Note :

   La déchirure entre Républicains et Franquistes restera longtemps susceptible de fournir d'inépuisables sujets à la littérature y compris de l'exil. Andalou de naissance, Agustin Gomez-Arcos (1933-1998) a choisi justement l'exil dès 1966 ainsi que la langue française pour dénoncer la société franquiste, notamment avec ce roman Maria Republica, paru en 1983.
   
   Fille de communistes fusillés, Maria Republica est une "putain rouge" qui a servi à Barcelone sous les ordres de Madame Corza. Après l'interdiction des bordels par le régime franquiste, Doña Eloîsa, sa tante désormais riche commerçante, finance son entrée au couvent où sa nièce est censée se régénérer. Déjà, son jeune frère Modesto est devenu prêtre, en quelque sorte "vendu" à l'Eglise par la tante... Cet épisode a beaucoup heurté Maria Republica.
   
   Le couvent lui réserve son lot de découvertes, avec des personnalités hors du commun : la Supérieure est une vieille aristocrate vivant dans un antre quasi démoniaque, entourée de religieuses inquiétantes, Sœur Capitaine, Sœur Psychologue, etc. "Minuscule, couchée dans son lit démesuré d'ancienne impératrice, la bouteille de champagne à portée de la main, le chat persan et la canne d'ébène à la poignée-bijou, symboles de son pouvoir, eux aussi à sa portée, Madame la Duchesse Sa Révérence se laisse bercer par ses rêves de grandeur."
   

   L'atmosphère réaliste du début laisse progressivement la place à quelque chose d'onirique, amorcé avec une séance de spiritisme, prélude aux scènes grandioses de la fin. En application de la Règle des Purifiées, Maria Republica renonce à sa vie passée ; elle paraît oublier le camp des rouges et se soumettre aux pires exercices de corvées, tandis que la Supérieure imagine trouver en elle un successeur de confiance. Mais, tandis que la cérémonie des vœux approche, Maria Republica est-elle réellement convertie ? Ou bien prépare-t-elle une vengeance grandiose ?
   
   Ce roman flamboyant a inspiré le compositeur François Paris qui en a tiré un opéra créé à Nantes en 2016.

critique par Mapero




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