Lecture / Ecriture
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Condor de Caryl Férey

Caryl Férey
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Caryl Ferey est un écrivain français né à Caen en 1967.

Condor - Caryl Férey

Au nom de la justice et liberté
Note :

    Caryl Férey nous revient avec un roman vibrant et haletant pour nous raconter une histoire violente où les personnages évoluent sur un fil, dans un pays qui me touche particulièrement, le Chili.
   
    Un peu tout à la fois, polar, politique, historique, ce livre nous emporte de plus en plus fort dans une course ultime au nom de la justice et liberté.
   
    Revenant à travers ses héros, sur le 11 septembre 1973, jour qui a vu la chute et le suicide du président élu démocratiquement, Allende et l'avènement de la dictature de Pinochet et de ses militaires sanguinaires. Le Chili entre alors dans la période la plus noire de son Histoire. Une chape de plomb s'est abattue sur la nation andine et les pleurs et la peur se sont installées pour longtemps.
   
    20 ans après et des milliers de massacres, de tortures, de disparitions, commis par les militaires, le Chili n'a pas pansé ses blessures malgré le retour des exilés et de nouvelles élections.
   
    Les coupables n'ont pas tous été punis et certains ont continué leur vie, sous une autre identité avec une autre histoire en toute impunité.
   
    Le Chili croit en un renouveau et celui d'aujourd'hui a du mal à oublier celui d'hier. Bourreaux et victimes vivent sur le même sol.
   
    De Santiago au désert d'Atacama, Stefano, le vieux militant fidèle à Allende avec Gabriella la belle indienne mapuche et Estèban, l'avocat des causes perdues mais fils de famille deviennent des enquêteurs au service de la justice dans un trafic de drogue.
   
    L'air est chaud, il brûle même et les paysages nous envoûtent. L'esprit chamanique n'est pas loin et les charognards non plus.
   
    Le rythme s'intensifie et devient haletant, l'histoire est très fouillée et presque documentaire parfois.
   
    Même si je trouve juste que les personnages font trop dans la caricature sociale, il n'en reste pas moins l'ombre de Neruda sur les mots et le chant de Victor Jara.
    ↓

critique par Marie de La page déchirée




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Superficiel
Note :

   Je dois être particulièrement difficile en ce moment. Après une grande adoration pour la trilogie maori puis l’Afrique du Sud, les romans courts anglais, voire les livres pour enfants, j’ai plus de mal à suivre Caryl Ferey dans son périple sud américain. "Mapuche "comportait des éléments déplaisant, frôlant la complaisance (le cannibalisme forcé). Ici, on révise son histoire chilienne, ainsi que la façon dont on a glissé les restes sous le tapis au nom de la réconciliation. Mais tout reste superficiel. Entre les moments hallucinés des passages du roman inachevé d’Esteban, le héros sans peur vengeant symboliquement Ché Guévara et toutes les révolutions d’Amérique Latine, les luttes des peuples premiers, rien finalement n’est traité en profondeur. Qui trop embrasse mal étreint dit la sagesse populaire. La partie la plus symbolique de la lutte écologique débarque dans la dernière partie en ayant été amenée par des intermèdes dont on ne comprend pas la présence au départ entre deux chapitres.
   
   Roman réécrit à plusieurs reprises d’après les dires de l’auteur, il aurait gagné à être mieux conseillé. Quitte à nous le faire sur deux tomes avec des héros dont on se sépare et d’autres qui apparaissent en route.
   
   Bien sûr cela se lit, mais mon attente de ce nouveau Férey était sans doute trop forte et comme qui aime bien châtie bien…

critique par Le Mérydien




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